ACTE PREMIER
LUCIE, regardant Rose et après un silence.
Ah! vous êtes bien vêtue, Rose!... Vous êtes habillée comme une dame de la ville.
ROSE, souriant.
Vous trouvez ?
LUCIE
On voit que vous ne manquez de rien.
Vous avez des fleurs à votre corsage.
ROSE
C'est un bouquet de fleurs des champs.
En désirez-vous?
LUCIE
Oh ! nous autres, à la campagne, nous n'aimons pas beaucoup les fleurs.
ROSE
Alors, vous disiez, Lucie ?
LUCIEj s'asseyant avec lenteur.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler,
Rose, que voire pure gagnait quatre cents francs par an à tenir les écritures de la mairie, à Maurichard...
Rosi;.
En effet.
LUCIE
Il s'était ruiné à Paris. Ce n'était peutêtre pas de sa faute, mais ce n'était point de la notre non plus.
ROSE
Certainement !
LUCIE
A sa mort, il ne vous a point laissé un sou. Vous étiez seule. Mais, comme vous aviez rendu Jean amoureux de vous, avec votre figure et vos façons, vous vous êtes mise avec lui, ce qui a fait un grand cha-