ACTE PREMIER
PAGELET.
Est-ce que quelqu'un vous a empoché de vous faire boursier? Non, n'est-ce pas? Alors de quoi vous plaignez-vous?
GEORGES
Je ne me plains pas, je regrette. Et puis, il est trop tard.
PAGELET.
Il y a encore ce point de vue. — Vous
permettez:... (il appuie sur un timbre. — Paraît
le domestique.) Roste-t-il quelqu'un à l'étude?
LE DOMESTIQUE
Un client.
PAGELET.
Faites-le entrer dans mon cabinet, je
descends.
LE DOMESTIQUE
Mademoiselle Louison, la cousine de madame Perrin est dans l'antichambre.
PAGELET.
Ah ! oui, c'est bien... Introduisez-la tout de suite.
Le domestique va ouvrir la porte. Entre Louison. Costume d'ouvrière ou de bonne, sans chapeau.
LOUISON-
Mes respects, monsieur Pagelet... Bonjour, monsieur Georges.
GEORGES
Bonjour, Louison.
PAGELET.
Madame Perrin a reçu mon mot?
LOUISON
Kilo esl en bas dans la rue. Elle m'a
priée de vous demander si elle ne vous dérangerait pas en ce moment?
PAGELET.
Mais, pas du tout. Je lui ai écrit de venir justement le plus tôt possible.
louison.
Alors, elle peut monter?
PAGELET.
Tout de suite.
LOUISON, s'en allant.
Au revoir, messieurs.
GEORGES
Est-ce que madame Perrin a quelque nouvel ennui avec les parents de son mari?
PAGELET.
Au contraire. J'espère qu'il va y avoir une réconciliation générale.
GEORGES
Ah ! tant mieux !
PAGELET.
Mais, au fait, vous connaissez toute la famille, vous?
Je l'ai connue autrefois. Mon père avait une propriété dans leur pays, à Ma u richard. J'y allais en vacances tous les étés; mais je n'y suis pas retourné depuis longtemps. J'ai vu Kosc haute comme ça...
PAGELET.
Vous étiez amoureux d'elle?
GEORGES
A onze ans.
PAGELET.
El maintenant, vous ne l'êtes plus?