‹ Rosine; comédie en quatre actesChapitre 79 sur 149 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

J'ai tant do choses à vous dire ! J'ai pour vous une affection si profonde et si ancienne déjà... une affection faite de tant de petits souvenirs, qui m'apparaissent au jourd'hui tous à la fois!... Je vous ai quittée pendant des années... eh bien ! j'ai toujours éprouvé le besoin d'entendre parler de vous. Et je me rappelle la fin de certaines lettres que mon père m'écrivait à Paris: « Rose va bien. Elle t'envoie de ses nouvelles. »

ROSE-

C'était vrai.

GEORGES-

Et voilà qu'aujourd'hui, le hasard nous

remet bien prés l'un de L'autre. Ne vous

éloignez pas, llusine. C'est un ami qui

vous prend la main, un grand ami, le seul

que vous ayez maintenant. Il faut avoir confiance en moi et me conter toutes vos tristesses. A qui les direz-vous, si ce n'est à moi? Et qui les comprendra mieux que moi ? Malgré ma famille, mes relations, malgré le métier que j'exerce, ne suis-je pas aussi isolé que vous dans cette ville? aussi pauvre et aussi inquiet de l'avenir que vous? Aucune des misérables ambitions que tout le monde a ici, ne m'intéresse. Je sens que nous sommes, tous les deux, au milieu d'ennemis. Et tout à l'heure, quand je vous ai vue sortir par cette petite porte, les yeux un peu voilés et la ligure un peu pâle, j'ai compris que nous avions la même destinée.

Vous ries toute seule, Rosine, toute seule comme moi... C'est aujourd'hui, ce trislc jour du dimanche dont j'ai horreur et quo

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