ORIGINES DE ROSNY
Le nom de Rosny (Rodonium) figure avec ceux de Mézières, Épône, Soindres, Port-Villez, etc., parmi les villages gaulois de cette contrée occupés jadis par les légions romaines.
Le 20 mars de Tannée 1812, dans la partie du parc de Rosny située entre le château et la chapelle du bord de Teau, on a trouvé quatre-vingt-huit médailles en bronze, presque toutes à Teffigie de Constantin et des membres de sa famille :
21 de FL. coxsTANTixvs AVG. (Constantin le Grand).
2 de FL. JVL. HELENA AVGVSTA (mère de Constantin).
10 de FL. JVL. CRISPVS NOB. GAES. (fils de Constantin et de Minervina).
2 de FL. MAX. FAvsTiNA AVG. (dcuxidme femme de Constantin).
Û2 de CONSTANTIN vs JVN. NOB. c. (fils aille de Constantin et de Fausta).
î) de FL. JVL. coxsTAXTiNvs (dcuxièuie fils de Constantin et de Fausta).
8 de uciNvs AVG. (beau-frère de Constantin).
7 portant l'inscription vrbs homa, ville de Rome ; et au revers, la louve allaitant Romulus et Reinus.
7 avec le mot coxstantinopolis ; au revers, une Victoire sur la proue d'un vaisseau avec une lance et un bouclier. — {Antiquités gallo-romaines de l'arrondissement de Mantes, par Cassan.)
Constantin, qui succéda a son père Constance Chlore dans le gouvernement des Gaides, fut proclamé César, en 306, par les légions de la Grande-Bretagne; empereur en 312; il mourut en 337. Ces médailles ou monnaies remontent donc à la première moitié du quatrième siècle.
Quel(|ues années plus tard, en 1824, dans le même parc de Rosny, près du bassin de Tancienne pièce d'eau, on découvrait un véritable trésor se composant de six cents médailles renfermées dans un vase de terre assez grossier; ces monnaies, plus anciennes que les premières, étaient a Teffigie des empereurs romains antoninvs (Ântonin le Pieux, mort en Tan 161), — philippinvs (Philippe, mort en 249), — valerianvs (Valérieny mort en 260), — gallienvs (Gallien, mort en 268), — avre- LiANvs (Aurélien, mort en 275), — probvs, mort en S82.
Neuf autres médailles des mêmes empereui^ forent
règnes d'Antonin et de Marc-Aurèle, et qu'elles représentent, la première : la tête d'Antonin, avec ces mots : ANTOMNvs AVGVST. F. TR. P. XVI; et au revers, l'Abondance debout, entre deux corbeilles d'épis de blé, avec cette légende : Annona, — La seconde, en argent : la tête de Marc-Aurèle, avec ces mots : avrelivs césar avg. pn. Fa.; au revers, une femme debout, devant un autel, tenant de la main droite une patère, de la gauche une enseigne, avec cette légende : tr. pot. vi. cos. n. — La troisième, en argent : la tcte de l'impératrice Faustine, femme de Marc-Aurèle, avec ces mots : diva favstina; au revers : avgvsta, femme assise, tenant une patère de la main droite et un sceptre de la main gauche. — La quatrième : la tête de Lucilla, fille aînée de Marc-Aurèle, LVCILLA ANTOMNi; au revcrs : une femme debout; légende effiioée.
A l'aide de ces médailles, il est facile de déterminer la date exacte de cette sépulture. En effet, on choisissait toujours des pièces neuves, à l'eflBgie de la famille régnante, pour les déposer dans les tombeaux.
Or, l'empereur Marc-Aurèle, fils adoptif d'Antonin, succéda à ce dernier en l'année 161, et il mourut en 180.
C'est donc vraisemblablement sous le règne de ce prince, entre les années 161 et 180 de notre ère, que, tout au fond des Gaules, des habitants du village de Rodonium confiaient ainsi à la terre les cendres de quelques-uns des leurs que l'on devait retrouver dix-sept cents ans après.
ft ROSNY-SCR-SEIXE.
miner à notre aise dans le cabinet de M. Lhomer, à Paris.
Nous avons visité, depuis, la riche collection d'urnes semblables rassemblée dans la section gallo-romaine du Musée de Saint-Germain; nous avouons n'y avoir rencontré aucun spécimen qui égalât Fume funéraire de Rosny pour la finesse de la matière et la pureté du modelage.
La présence de ce sarcophage païen, au milieu du pavs, est une nouvelle preuve bien concluante que des habitants ont vécu là pendant la période de la civilisation romaine qui a précédé Tapparition du christianisme dans cette contrée, et que par conséquent, a cette époque lointaine qui nous reporte probablement à plus de dix-huit cents ans en arrière, llosny existait déjà, et comptait parmi ses habitants des personnages notables ; car cette dernière sépulture indique évidemment des goûts raffinés et une situation de fortune sortant de l'ordinaire.
Nous ajouterons avec Tauteur de la Chronique de Mantes (|ue toute cette région, située à proximité d'un fleuve aussi impoilant que la Seine, à mi-chemin, en ligne droite, de deux villes considérables et d'une haute anti- (piité, Heauvuis et Chartres, traversée par la grande route (le Lutèce à Évreux, dans un pays ^ns cesse battu par les tribus gauloises et par les légions de César et des empereurs romains, que toute cette région a dîi forcément devenir de bonne heure le centre d'une population très dense : les monuments mégalithiques, les instru-