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Rossini

L'Auteur et l'ëJitcur se réservent le droit -h trd tluct.on et rie reproduction à l-ctran?er.

Nous avons fait dans la biographie de Meyerbeer notre profession de foi musicale ; on ne s'attend pas, en conséquence, à nous voir ici réveiller les querelles d'école.

Autour de l'œuvre harmonieuse d'un maître la critique pourrait se dis-

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penser, selon nous, de faire entendre ses cris raiiques et sa voix discordante.

Le nombre des sottises qu'on a débitées, depuis un demi -siècle, tantôt sur la musique italienue, tantôt sur la musique allemande ou sur la musique française, est vraiment incalculable. Messieurs les feuilletonistes , qui raisonnent là-dessus à tort et à travers, oublient que la logique ne marche sûrement et ne trouve lappui des principes que dans le domaine intellectuel, jamais ailleurs.

Chaque fois qu'une impression nous arrive en ligne directe par les sens, elle est soumise aux variations infinies, aux mille nuances de la faculté de sentir chez les

(litTf relit- liominos. et deux avis con-

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traires peuvent être également respectables.

— Aimez-vous les truffes?

— Non certes.

— Pourtant rien n'est délicieux comme ce tubercule.

— Rien n'esl plus abominable, voulezvous dire.

A qui donnerez-vous tort dans ce dialogue? à celui qui n'aime pas les truffes? Mais il mange des asperges avec volupté, tandis que son interlocuteur a pour ce légume une aversion profonde.

Entre nous cependant les truffes ont leur charme, et les asperges ne sont point à dédaigner.

Sortez des appréciations culinaires

s ROSS INI.

pour entrer dans celles qui concernent la vue, lodorat ou louïe, vous rencontrerez partout la même divergence.

Donc il ne faut disputer ni des goûts, ni des couleurs , ni des parfums , ni des sons.

Vous dînez avec du Rossini et des asperges, laissez-nous souper avec du Meyerbeer et des truffes.

Vos interminables harangues sur le talent mélodique de l'un ou sur la science harmonique de Tautre, sur les résultats de l'inspiration ou sur les résultats du travail, ne prouvent absolument rien. Si le génie vous arrive en ligne directe du ciel, tant mieux pour vous: si l'étude et la patience vous aident à le conquérir, vous nen avez que plus de gloire, et ceux

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qui réservent leurs louanges aux dons naturels pour en déshériter les qualités acquises ressemblent à ces courtisans, qui se prosternent à plat ventre devant la naissance et qui ne daignent pas saluer le mérite.

Croyez-nous, applaudissez le Barbier de Sécille et Robert le Diable, Guillaume Tell et les Huguenots; imitez le public, et n'en parlons plus.

Au cœur des États de l'Église, à Pesaro, gracieuse et coquette ville bâtie par Bélisaire, et qui se baigne les pieds dans l'Adriatique, vint au monde, à la fin du dernier siècle, le grand maestro, dont nos contemporains ont vu les triomphes.

Gioacchino Rossini est né. le 29 fé-

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vrier 1792, dune famille d'artistes nomades.

En Italie, à l'époque des foires, on élève de petits théâtres de circonstance, où les troupes ambulantes viennent donner cinq ou six représentations, pour replier ensuite bagage et se rendre dans une autre ville qui les appelle.

Joseph Rossini, père de Gioacchino, jouait du cor à Torchestre de ces théâtres improvisés.

Sa femme, Anna Guidarini, remplissait les rôles de seconde chanteuse. Elle était dune beauté rare.

Joachim hérita de cette beauté, mais pour son malheur, car les grandes dames italiennes devaient l'aider à gaspiller

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un jour loul le temps qui manque à la correction de ses œuvres.

Assis auprès de son père, sur un banc de l'orcliestre, il faisait, à l'âge de sept ans, la seconde partie de cor. Sa mère lui souriait, du haut de la rampe, en exécutant des roulades, et l'encourageait du regard.

Les frimas venus, cette troupe de cigales, qui avait sagement imité la prévoyance de la fourmi, revenait à Pesaro vivre de ses gains modestes, jusqu'au premier soleil.

On s'aperçut que le jeune Rossini était doué de grandes dispositions musicales et d'une voix merveilleuse. Il chantait, comme chante l'oiseau, d iiis-

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