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Moscou en 1813, a publié en français une Histoire Universelle (Moscou, 1843 — 1844 , de rimprim. de Semeii, deux volumes, in — S”). C’est un ouvrage très-remarquable, écrit pour l’iustruction de ses eufans.
Madame la comtesse Eudoxie Rostoptchine, (née Mlle Souchkôf), femme do comte André, est un auteur et on poète russe, — et un grand poète. Elle a composé aussi de charmantes poésies en français.
La pièce de vers de la comtesse Eudoxie Rostoptchine intitulée: La Cantatrice (en russe: PévÜza') a été traduite en vers français par le vicomte Paul de Julvécourt, (843 en a changé le titre , on ne sait pourquoi , en celui de > Elle chante.
Le traducteur français a omis de dire que ces vers de la comtesse Rostoptchine s’adressent à Mlle Pauline Barténéf, qui possède une voix des plus admirables et des plus ravissantes.
La comtesse Rostoptchine a pris pour épigraphe ces deux vers de Lamartine:
„Oul, Je le sens, quand je t’écoute.
L’harmonie est l’ftme des eieuaf^.
Le vicomte de Julvécourt a fait son profit de ce dernier vers dans sa cinquième strophe:
84) Dans soq ouvrage: La Balalaïka, Chants populaires Russes et, autres morceaux de poésie, Paris décembre «1836 (avec la date de 1837), de l’imprlm. de Duverger, in— 8®, p. 155 — 156.
Klle chante, — et c’est Pharmonie Oui parle au coeur des malheureux;
C’est un trésor de poésie,
C’est un avant-parfum des cieux“é
La version du vicomte de Julvécourt est plutôt nue imitation qu’uue traduc^tioii, car la strophe de l’original russe de la comtesse Rostoptcliine exprime une tout autre pensée.
Le prince Elim Méstchérsky a traduit eu vers /rawpaw (85) deux morceairx de la' comtesse Rostoptcliine, Tun sous le titre de: Préexistence et Vie humaine, l’autre sous celui de: Vengeance, „La comtesse Rostoptchiue, dit le prince Méstchérsky (86), qui représente si glorieusement les femmes poètes de sa patrie, peut montrer à sa suite cinq ou six inspirées, jeunes comme elle“* On trouve des traductions en vers français de ses Poésies dans l’ouvrage posthume du prince Méstchérsky: Lies Poètes Russes, Paris, 1846, 2 vol. in — 8®.
La Russie , dit le Foreign Quarterlg Review (87), possède dans la comtesse Eudoxie Rostoptcliine un poète ingénieux qui a fait prèuve d’un talent supérieur dans le petit Recueil de
^85) Dans les Boréales, Paris, 1839, in 8®, p.2ll — 221, et p. 283 — 288.
86) Les Boréales, 1839, page IX. ,
87) Recueil trimestriel anglais, Londres,' X. 60, janvier 1843, tome 30, p. 543—545.
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Poésies, publié à Pétersbourg Quoique
ces pièces de vers ne soient pas très longues, et ne montrent, par conséquent, aucun effort soutenu, elles décèlent cependant beaucoup d’imagination, de sentiment et d’originalité dans les pensées. On aurait pu ajouter à ce lieeueil , sans eu compromettre le mérite, quelques autres pièces écrites par l’auteur dans sa première jeuiiesse“.
M. Léouzou Leduc, dans le chapitre sur la lAttérature russe, de sou ouvrage: La Russie contemporaine s’exprime ainsi: „Je citerai
(parmi les auteurs russes) madame- Pavlof (90)
88) 1841, de l’irapriinerie de Fischer, tome I, lu 8°. — Oq n'a pas encore publié jusqu’à présent (1851) le second volume.
89) Paris, octobre '1853, lu — T2, p. 186; 2™e édition, avril 1854, la — 12.
90) Mme Caroline Paelof, née Jàenisch, est connue en France par un volume de poésies, publié sous le titre de Préludes, Paris 1839, Didot, in— 8®, de XII et 98 pages. MM. Ronchaud et Alexandre Tourguénéf ont été les éditeurs de ce volume. On y trouve, outre les poésies originales, cinq pièces de vers, traduites en français, des cinq poètes russes suivans : Bénédiktof , lazykof , Joukofsky , Khomiakof et Alexandre Pouchkine. 11 y a un article sur les Préludes de Mme Pavlof dans les Supplémens littéraires à PIneatide russe, Pétersbourg, IV. 20, du 18 novembre 1839, p. 393.
Son mari, M. Nicolas Pavlof est un romanier russe très-distingué. Deux de ses nouvelles ont été traduites en français: l’une. Le Yataglum, par le vicomte de
et la comtesse Rostoptchine , mnses gracieosee aussi bien que femmes charmantes^S
Le feuilleton du Journal des Débats du 18 décembre 1853 (91) contient la notice suivante: „Les tentatives dramatiques de George Sand semblent avoir aussi détourné vers le théâtre une femme d’un gjrand talent et dont les écrits
Julvécourt dans le volume: Romanciers Russes,
Corbeil, 1843; Paris, chez Baudry, libraire-éditeur, lu — 8®, p. 108, et l’autre: U Anniversaire , par M. Xavier Marmier, dans Les Perce-Neige , Paris, mars 1854, In — 12, p. 43 — 74. — M. Hippolyte
Lucas a fait mention de la traduction du vicomte
de Julvécourt dans le feuilleton du Siècle, du 27 Janvier 1843.
Une notice biographique sur M. Nicolas Pavlof (né à Moscou le 7 septembre 1805) a été publiée par le Dr. Wolfsohn dans les Jahrbûcher filr Slawlsche Literatur, de M. Jordan, Leipzig, cahier de janvier 1847, In — 8®, p, 34 — 40, avec le portrait de Pavlof, représenté en profil, assis dans un fauteuil. Cette notice se trouve aussi (mais sans le portrait) dans le 2 nd volume des RussUmds Noeellendichter , du Dr. Wolfsohn, Leipzig, I84S, In— 12, p. 3—18. Ce volume contient la traduction allemande de quatre nouvelles de Pavlof : Der Maskenball, Der Namenstag , Eine Million et Der Yatagan.
91) Page 1, col. 3, dans le 4 me article de M. Philippe Doubatre sur le Théâtre en Russie. Les trois premiers ont paru dans les feuilletons du Journal des Débats du 20 octobre, du 22 novembre et du 6 décembre 1853. La Qazette de France en a fait une citation
ont plus d’un rapport avec ceux de l’auteur de Valentine"^i de Lélia. Mme la comtesse Rostoptcbiue, la dernière des poètes de la pléiade de Pouchkinë et de Lerntbntof, désertant la poésie méditative et le roman épique, cherche depuis peu dans le drame un moyen plus direct de frapper les esprits, une voie plus sûre pour aller au public qui, en Russie comme ailleurs, ne va plus de lui-même au devant des jouissances littéraires. Les débuts de Mme la comtesse Rostoptchine laissent voir une grande inexpérience de la scène, mais accusent une -nouvelle mine de talent riche et vierge encore à côté de rancienne qui semblait s’appauvrir.“
Une pièce de vers de la comtesse Eudoxic Rostoptchine, de sept strophes, de six vers chacune, BOUS le titre: Une Soirée d’hiver, a été traduite eu vers français et publiée dans l’ouvrage de M. Tardif de Mello : Histoire intellectuellQ de l’Empire de Russie
dans le numéro dn 21 octobre 1853, p. 1, col. 2 — 3. M. Boul^rine, dans le feuilleton de \ Abeille du Nord, K. 236, du 24 octobre (5 novembre) 1853, a?Mmsé plusieurs assertions erronées, contenues dansle premier articie de H. Douhaire. Le critique russe croit, par erreur, que ce nom est un pseudonyme. Dans ses quatre articles sur le Théâtre en Russie, M. Douhaire n'a pas fait mention de la comédie do comte Rostoptchine, de 1808.
92) Poissy, avril 18.54; typographie Arbieu; à Paris, chez. Amyot, libraire-éditeur, rue de la Paix, i\. 6. — Grand in— 8®, de 4, III, et 374 pages; — p. 123— 121.
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Eli voici la dernière atrophe:
„0uancl le pâle soleil se couche à* l’horizon,
L’hiver, lorsque la nuit se lève de bonne heure, L’univers n’est peur mol qu’une viÀte prison:
Si jeune que je sois, je gémis et je pleure;
Si je parle â mon' âme, elle ne me dit rien,
Sinon que de mourir est le souverain bien“.
Cette traduction est précédée (93) d’une Notice littéraire sur la comtesse Eudoxie Rostoptchiue, que M. Tardif a traduite du russe, de M. Nikitéuko.
Le Dictionnaire de la Conversation, de Brockhaus f94), Jie contient que deux lignes sur la comtesse Eudoxie Rostoptchiue, et loi donne fautivement le nom d'Hélène.
6. — Mémoires du comte Rosioptchine, écrits en dix minutes. — Son mot sur Fouché, Talleyrand et Potier. — Anecdote de ta pelisse. Paris , de l’imprimerie de Lange Lévy, mai 1839; chez l’Edileur (S. P.), Bue du Helder, N. 8; iu — 8®, de 12 pages (95).
Le comte Rostoptchine a laissé un petit manuscrit sous le titre de: Mémoires écrits en
93) Histoire inlellecluelle de P Empire de Russie, 1854, p. 119—122.
94) Conversations - Lexicon , Leipzig, 10m« édition, tome 13, 1834, p. 144.
95) Voy. le Bulletin du Bibliophile belge, tome 2,
1845, p. 486 — 487; — tome 3, 1846, p, 32, et tome 5, 1848, p. 317—318. •
aà: minutes. Il en fit un jour la lecture à Mme la comtesse Bôbriiisky , ^qui l’avait sérieusement engagé à écrire les 'Mèmaires de sa vie, et à l’invitation de laquelle il répondit en lui apportant, peu de temps après, un petit rouleau de papier, contenant cette spirituelle et mordante plaisanterie, i Je fus le premier à la publier, d’abord dans
r le feuilleton du Temps, journal quotidien de Paris, i du 16 avril 1839, et ensuite séparément, au nombre de trois cents exemplaires, qui sont tous épuisés depuis long-temps.
Ces Mémoires ont été réimprimés et traduits dans une centaine de journaux français et étrangers, et dans une 'douzaine d’ouvrages.
A la suite d’un article sur le comte Rostoptchine, ci-dessus page 28), \ Abeille
du Nord (96) a donné 'uué traduction russe, infidèle et tronquée , de ces Mémoires. Cette traduction dénature complètement les traits les plus saillans de l’original; on s’apperçoit qu’elle a été faite d’après une traduction allemande, et l’on ne conçoit pas qu’elle ait été admise dans l’édition des Œuvres du comte Rostoptchine, publiée par le libraire Smirdine, (Pétersbourg, 18.53, 1 vol. iu' — 12), et que Bautysch-Kaniéusky (97),
96) Feuille quotidienne ruase, politique et littéraire, de Pétersbourg, N. 108, du 18 mal 1839, p. 431 — 432.
97) Dans le Dictionnaire des personnages remarquables de lu Russie, Pétersbourg, tome 3, 1847, p. 169 — 171.
et M. Boulgarine (98) aient fait des citadobs d’une traductiou aussi défectueuse et aussi infidèle. Eu jetant les yeux sur ' l’original , dont une réimpression a été publiée dans le Fils de la Pairie de 1839, rédigé par Nicolas Polévoi(99), et dans les Œuvres du comte Rostoptchiue, ( Pétersbourg , 1853, in — 12), M. Boulgarine aurait pu se coiivaiucre que YEpilre dédicaloire au public, qui forme le Chapitre XV et dernier de ces Mémoires, ne se termine pas par les mots: ,,ton jouel et ton musicien^\ introduits dans la traductiou russe de V Abeille du Nord, et si malheureusement inventés par quelque traducteur allemand qui avait, sans doute, cherché à lutter d’esprit et de verve avec le comte Bostoptchine! M. Xénophon Polévoï, dans son article sur les Œuvres du comte Rostoptchiue (100), fait observer 'avec beaucoup de justesse que cette traduction russe ne rend nullement les pensées de l’original.
Deux autres traductions russes, également tronquées et inexactes, ont paru à Pétersbourg, l’une dans le Femlleton pour les Gens du Monde,
98) Dans le feuilleton de V Abeille du Nord, N. 105, du 13 mai 1853, p. 417.
99) Pétersbourg, cahier de décembre 1839 (publié en Mût 1840), tome 12, section G, p. 118 — 122.
100) Otétch. Zaptskl, Mémoires, recueil mensuel, rédigé par M. Kraïéfskr, Pétersbourg, 1853, tome 89, section 5, p. 80.
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' io^®, en 1844, et l’autre dan» le Panthéon^ recueil mensuel, ifa-t— 8®, eu- 1851.
. Je possède deux traductions russes manuscrites^ faites par M. Xénophon Patévoi et le prince Woldemar Lvof. Elles mériteraient d’étrç publiées. M, Polév^î. cite un passée de la sienne dans le Recueil mensuel de .M. Kraïéfskj (101); on. ytrouve, cependant, une omission à signaler. Le comte Rostoptchine dit, à la fin de soa Chapitre XI: I de l’avérsion po(ir. les rats; les liqueurs,
I la métaphysique et la rhubarbe; de l’effroi pùur ; ta justice et Ibs bétes enragées^. — La traduction •* dit seulement: ;,pour les bêtes enragées“. — On s’aperçoit, à cette mo^cation, de L’iuterventîou 1 officieuse du Censeur.
i 11 y a deux traductious espagnoles.' L’une a été <publiée dans la Gacetà de Madrid en 1839, , et l’autre aux'Antülés daus un journal,' qui se I trouve dans ma Bibliothèque (102) parmi les curiosités et les raretés bibliographiques: c’est le 1 JDiario de la Habana, numéro 210, graud in — folio, B six colonnes, du 30 juillet 1839, publié à La Havane, ville capitale de l’ile de Cuba. Le ' Diario a donné cette traduction espagnole d’après le journal de Madrid, Il Tiempo, 1839.
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101) Id. p. 80.
102) Voy. sur cette Bibliothèque Vdnnuaù'e de la BibUo-’ thfique Royale de Bruxelles pour 1846, p. 49, et le Bulletin du Bibliophile belge, tome 3, 1846, p. 329, et tome 4, 1847, p. 42—43.
Une traduction anglaise, précédée d’une iiitro- ' • ductioii, a paru à Londres dans VAthenaeum (103) et fut ensuite réimprimée à Paris daus le journal anglais Y Observateur (104). .
Les Rédacteurs des Feuilles littéraires allemandes de Leipzig (105) ont puWié àteiix traductions de ces Mémoires.. Toutes les deux sont inexactes et tronquées: la première a paru dans le N. 290, du 17 octobre 1839, p: 1175—1176, et la seconde . (<^‘a; après la premièreydaiis le N. 191, du 10 août 1849, p. 764-, où Ton a donné ces Mémoires comme une nodveauté encore inconnue 9.0. public, quoiqu’ils eusseut déjà, depuis long-temps,, fait le tour du Globe. Les Rédacteurs des Feuilles littérairés de Leipzigjen sont encore aujourd’hui à douter de l’authenticité de ces Mémoires^ et à ne pas croiré que le' comte Rostoptchine en* soit l’auteur!
Lé célèbre bibliographe Beuchot (106) s’était également imaginé qu’ils étaient apocrgphes. Après
103) The Athenaeum, journal of English and foreign Llterature, Londres, in— 4®, N. 617, du 24 août 1839, p. 630.
104) The London and Paris Observer, gr. In — 4®, Parla,
N. 749, du 8 septembre 1839, p. 565 — 566.
105) Blàtler fur Uterarische VnlerhaUung, de 1839 et 1849.
106) Mort à Paris le 8 arril 1851. — La Bibliographie de la France, journal qu’il a fondé en 1811, et qu’il a publié jusqu’à la fin de 1847, arec un soin et une persérérance infatigables pendant 37 ans, sans
les avoir aiiiioiieés dans la Bibliographie de la France (107) sous le nom de leur auteur, il se ravisa uu an plus tard, sans aucun motif, et décida (108) d’un seul mot qu’ils étaient: faux.
Beuchot, (|iie je croyais presque infaillible en bibliographie, commit encore une plus grande erreur au sujet de ces Mémoires: il les a classés, dans sa Table systématique (109), parmi les ouvrages qui ont rapport à XHisloire moderne des différons peuples d’ Europe!
On peut dire, à cette occasion, que s’il a commis des bévues à l’égard des 'autres, ou eu a fait, envers lui, de plus fameuses encore.
Sa mort, arrivée en 1851, avait été annoncée cinq ans auparavant par M'. Charles de ^pigiie dans le Conslitutionnel du 6 janvier 1846 (llOj.
Une lettre rectificative, adressée au Constitulionnet (îllj, et signée: . Beuchot, déclara fausse la nouvelle de .sa mort. •
Cette lettre ne fut elle-même qu’une fausseté,
iulerruptloD, a promis, dans son feuilleton du 19 avril 1851, p. 156, une notice biographique sur ce bibliu- .graphe; mais cette notice n’a point encore paru jusqu’à présent (1854): I
107) Du 25 niai 1839, p. 245—246, numéro 2513.
108) Dans les Taé/cs de la Bibliographie de la France, pour l’aimée I S39, p. 132, col. 2.
109) Dq 1839, p. 233.
1 10) Page 2, col, 2, au feuilleton.
.111) Du. 9 janvier 1846, p^ 2, col, 2.
car ce l'i’était pas Beuchot qui l’avait écrit e, mais uii plaisant qui voulait le mystifier,
La véritable réclamatiou de Beuchot „eii persôhue“ (comme dît le Constitutionnel) , parut dans ce journal le 10 janvier 1846 (118); il y déclara faussaire le pseudonyme qui s'était sérvi de son nom.
M. Charles de Roigne s’empressa de s’excuser, dans le Constitutionnel àn 13 janvier 184>6(113), d’avoir commis un crime eu tuant M. Bencliot,' qui n’était pas mort.
On peut donc appliquer aux nouvellistes, qui -ont fait .mourir Beuchot pendant qu’il vivait encore, la comédie du comte Rostoptchine: ÎLes faux bruits, ou Phomnté virant tué par les colporteurs dé nouvelles (1808J, dont il est question ci-dessus à la page 18.
Le. Dictionnaire . de la Conversation de Brockhaus (1143, dans une notice bien courte et bleu peu satisfaisante sur le comte Rostoptchine, et qui contient des dates inexactes , ne fait pas mention de ces Mémoires. Plus tard (115), il les qualifie de spirituels (witzigen), mais il désignefautivement l’année 1853 comme l’épOque de leur première publication. • .
J 12)- P, 2, col. I. ...
113) P. 2, col. 1, au feuilleton.
114) Conversations - Lexicon , Leipzig, 9"'e ‘ t’dition, tome 12, 1847, p. 2 7— 28S
115) 7rf., lOnie jédiUoD, tome 13, 1854, p. 144.
yi^ ^ ,é?> .
Malgré toutes les reeherclies que j’ai faites, les’ peines que je me suis domiées, et les appels que J’ai adressés airx bibliographes dé diflPéreiis t pays, je u’ai pu parvenir jiis(|u’à présent à connaitre si 1-011 a publié, de' ces Mémoires, des traduetioiis ^ eu hiUgiïes danoise, grectfne, hotlttnduUse, psdonaise, . suédoise et titrtfue.
C’est ce qui m’a empêché d’en dointer une / édition polyglotte, que j’arvais rhitentioii de publier. / PeOt-(?tqp réaliserai-je u» jour ce projet, eu me ' bornant ^apx traductions que je possède, et qui ■; ont été faites ^daus les «ta; ilangues suivantes:
. 1 ) uUemande (plus de dix tradnetions ), 2) anglaise,
3) espagnole, i) italienne, 5) portugaise, et j . 6 ) russe.
]L.a majeure partie des réimpressions françaises n’est pas conforme au texte original que j’ai donné en 1839. Elles sont toutes, plus 'ou moins, tronquées, fautives, inexactes.- Plusieurs auteurs, entre autres Mme Louisé Fusil fl 16) elle vicomte d’Arlincourt, ont publié ces Mémoires dans leurs -ouvrages comme un morceau complètement inconnu avant eux, et comme une heureuse trouvaille, dont ils s’attribuaient seuls la découverte. C’est une erreur, et peut-être même une supercherie littéraire, de plus à signaler,, entre, mille. autres qui se produisent continiiellenient.
116) Dans les Souvenirs d’une actrice, Péris, i84J, .
2 Tol. in 8*..— Bruxelles,' IH4-1, 2 vol. in — IS,
fome -2, p. 217—’222, .
Le texte, réimprimé par Mme ï’iisil, est moins altéré que celui qu’a donné ie Ticomte d’Arlincourt; cependant il s’y trouve des modifications assez saillantes.
Le comte Rostoptcliiiie dit dans le Chapitre II : „Ma tête est devenue une bibIiothè(iue dépureillée''^.
Mme Fusil lui fait dire: „une bibliothèque
brouillée'-^.
Chapitre XIV: „Uu vieux diable trépassé“; — et dans l’ouvrage de Mme Fusil ou lit: „yu vieux drôle trépassé". . ^ ^
Le vicomte d’Arlinqpurt a donné 'ces Mémoires en 1843 comme une nouveauté^ quoique .
depuis quatre ans ( l8oi) — 1843 ) ils 'eussent déjà fait le tour du globe, ainsi que je viens de le. faire observer.
Ce qu’il y a de plus plaisant, c’est qu’aprèss la vogue , presque •s;uis pareille dans les lastes littéraires, que ces Mémoires ont obtenue en circulant dans un millier de Jouriiaux.de tous les pays, le vicomte d’Arlincourt se félicite comme d uinj faveur et d’une bonne fortune particulières d’en âvoir, „entre les mains une copie et de la tenir „d’uiie personne digne 'de fpi et incapable de „lroinper'‘K
Cette personne, sans vcndnir le tropiper, a
Il 7) Dans. son ouvraee; Le Pèlerin . — L'Etoile polaire,
Paris, 1843, 2 Vol. in - 8”. Bruxelles,. 1843, ^
Meiliie et Caiis, 2 vil. in — rB, iome I, P, -263.
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pourtant commis une méfHse^ car elle ne lui a pas communiqué le texte complejt de ces Mémoires, et, par suite de cela, le Chapitre XV, qui contient XEpitre dédicatoire au public, s’est trouvé supprimé dans l’ouvrage du vicomte d’Arlincourt.
Le texte, qu’il a publié, présente encore, d’autres mutilations. Dans plusieurs Chapitres, il y a des mots ajoutés; dans d’autres, il y en a de supprimés. L’infidélité de cette réimpression est telle qu’en plus d’un endroit la pensée de l’auteur s&^^^uve complètement altérée. Le comte Ro«tbpt^^tne dit dans son Chapitre VIII: „Ce que je fus, et' ce que j’aurais pu être“. — Le vicomte d’Arlincourt lui fait dire: „Ce que j’aurais dû être“.
Dans le Chapitre XIII , la phrase : „assez indifférent à la musique''^, ~r se t^uve supprimée, et sans elle la pensée de l’auteur reste incomplète. .
Dans un endroit du Chapitre XI le sens est tout-à-fait inteyfér ti. On y lit: piété, au lieu de pitié. Le comte Rostoptchiue dit: „J’aTais un dégoût pour \ affectation', de la pitié pour les hommes teints et les femmes fardées“. — Le vicomte d’Arlincourt lui faire dire: „ J’avais du dégoût pour X affectation de la piété', pour les hommes teints et pour les femmes fardées“.
En voyant le texte de ces Mémoires ainsi défiguré, soit involontairement, soit, peut-être, avec intention, et privé, par conséquent, de tout
le coloris et de TorigiiutUté de style qui distinguent cette production si remai^nable , noos croyons, devoir la -réimprimer ici dans 'toute son intégrité.
. Avant-propoa
imprimé dans Fédilion de i839 des Ménutires.
Une dame (118) dit ' un jour au comte Rostoptchine- qu’il devrait écrire ses Mémoires. Le lendemain , le comte lui 'apporta un petit rouleau. ^Qu’avez - vous là?“ fui demanda cette dame. — „Je me suis conformé à vos ordres, rcpondil-il; j’ai rédigé mes mémoires; les voici“. — La dame ne fut pas peu surprise de la promptitude de cette rédaction, et ne s’attendit uiillemeiit à la lecture du morceau' suivant, dont la tournure spirituelle et piquante nous parait . • rappeler la touche de Voltaire.
i' Nous l’avons copié, il y a quelques années, sur le mannscrit de l’auteur, et communiqué a.u Temps (119), qui l’a publié dans son feudieton ; du 1# avril 1839 (120).
118) Mmr la comtesse Bôbrinsky.
119) Journal quotidien de Paris.
12D) Le mot, si piquant, du comte Rostoptehine, sur Fouché, Talleyrand et Potier, et l’anecdote de la pelisse, publiés dans l’édition de i839, sont rapportés ci-dessus, p. 4 et 5.