Villermé: 21/1, II, p. 211; Panel: l'OW, p. 269. 3i
dès 1887, que j'en ai vu au plus fort de la crise cotonnière, alors qu'ils avaient à peine de quoi manger, ivres dans les guinguettes où ils entraient avec leurs femmes et leurs enfants. » Dans certaines rues, il n'est pas rare de compter un débit pour deux maisons. Dans cette partie de la ville, il n'est pas un épicier, un marchand de légumes qui ne vende à boire. Les femmes sont leurs meilleurs et leurs plus fidèles clients. En 1890, la ville de Rouen consommait 17 litres dalcoolpar personne, celle de Sotteville 18, le village de Petit-Ouevilly 22, le maximum de la France, peut-être du monde entier. Si l'on admet que les femmes et les enfants boivent de moins fortes quantités, on peut évaluer que plus de la moitié des hommes consomme 100 litres par tète'.
Mortalité infantile, phtisie, alcoolisme, voilà plus de raisons qu'il n'est nécessaire pour expliquer les conditions démographiques très défectueuses de la métropole normande. Chaque année enregistre un nouvel excédent des décès sur les naissances. De 1876 à 1906, la ville a perdu de ce fait200i5 unités. La population était en 1876 de 10/4902 habitants. Elle serait descendue à 8^991 en 1906, si elle était restée soumise à ses seules forces. Or le recensement indique 1 18/169 habitants. La différence, 33 468, représente l'apport des éléments étrangers (fig. 21).
jES ELEMENTS DE LA POPULATION.
L'immigration. — « L'haleine de l'homme, a écrit Rousseau, est mortelle à ses semblables, cela n'est pas moins vrai au propre qu'au figuré. Les villes sont le gouffre de l'espèce humaine. Au bout de quelques générations, les races périssentou dégénèrent : il faut les renou-