‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 29 sur 168 · I. Port in : iG, p · texte numérisé non relu

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encore au milieu du xix* siècle, quand l'accroissement constant de la population força la municipalité à rechercher des eaux plus ahondautes et plus pures'. A cette époque, les fontaines donnaient 23 litres par hahitant et par jour ; encore la faihle altitude des sources principales (Gaalor : 20 mètres; îSaint-Jacques : 19 mètres: Saint- Filleul : I -y mètres) ne permettait que des distributions dans les parties basses de la ville et sur la rive droite : les parties élevées étaient forcées d'utiliser les eaux sales et peu aérées des citernes. Sur la rive gauche, à Saint- Sever, on avait recours aux puits qui donnaient un liquide noirâtre, chargé de matières organiques, comme l'eau du lleuve dont il provenait et dont il suivait les variations de niveau. Sur 1/1200 maisons, 12000 étaient desservies par des puits et des citernes^. La difficulté de trouver des eaux potables a été une des causes du développement très retardé du faubourg sur la rive gauche. Les vallées du Robec et de la rivière de Clères étaient déjà suipeuplées, qu'en face de la grande ville, Saint-Sever n'était encore qu'une bourgade. En engageant les nouveaux travaux de captages, la municipalité résolut de parer à tous ces inconvénients. Présentement les sources de Fontaine et de Saint-Jacques peuvent distril)uer i3/) litres par habitant et par jour. Gooomèlres cubes sont journellement puisés dans le fleuve pour être utilisés par les usines. Près de 3oo fontaines sont réparties sur le territoire de la cité, 1 000 bouches à feu permettent de combattre les incendies que la pénurie d'eau rendait autrefois si dangereux. Quant aux anciennes sources, elles ont suivi le sort de toutes les rivières qui disparaissent des villes grandissantes ; ellfes servent dans des canaux souterrains aux nécessités de la voirie urbaine. Comme la Fleet river à Londres, la Bièvre à Paris, la Uenelle issue de la

I. Ciogeard : /<S', p. 33, 4"5 ; Dubosc : /(>. p. i3 ; H. niuii., ms. J. le Li«'ur; W. Nal., 1^1. D. L. 208, 68; A. mun. délib. : A" i5i8; A'» i533; A«' 1057 ; A. S. l. : (1 /i353, PI. n-'* 71, 7a. 73.

a. Fortin: 16. p. 163; Gogcard : /<v. p. 283, 388.

LES RESSOURCES DE LA VALLEE 'j3

fontaine Gaalor à Rouen a été recouverte pour permettre l'établissement des nouveaux boulevards.

Les sources des versants captées et conduites en ville fournissent aux Rouennais des eaux abondantes. Par contre, les vallées ne pouvaient leur assurer ni des matériaux pour leurs demeures, ni des combustibles pour les entreprises, ni dos sols propices aux plantes industrielles non plus qu'aux grandes céréales ; à peine pouvaient-elles contenir quelques pâturages, mais de petite étendue et insutTîsants pour nourrir le troupeau et la cavalerie nécessaires à une grande ville. Sous ces rapports toutes les ressources n'étaient que des appoints. C'est en dehors des rives de la Seine, du llobec et de la rivière de Clercs que l'agglomération trouvait à satisfaire ses besoins vitaux. Dès les débuts, elle a élé forcée de s'éloi^rner du fleuve, pour chercher les éléments indispensables à son développement, à son existence même.

1. Le sol des plateaux. — H. La conql ète des plateaux. Les usages de la J'orét. Les terres cultivables. — IIL L'eau sur les plateaux.

Les premiers habitants connurent rapidement, d'une part les ressources précaires de la vallée et la stérilité des sols acides des méandres, d'autre part la richesse en venaison des forêts et la fertilité des plateaux. Les plus récentes découvertes archéologiques nous confirment que les Paléolithiques occupèrent de préférence les plateaux. La présence des silex acheuléens à la base du limon n est pas spéciale aux briqueteries de Boisguillaume ou du Mesnil- Esnard ; elle se constate depuis Rouen jusqu'à Yvetot et Dieppe d'un coté, d'Elbeuf à Dreux de l'autre. Les outils de cette civilisation, retrouvés sur les hautes terrasses, y sont très localisés. Ils marquent plutôt un rendez-vous de pèche ou un point de passage qu un atelfer ou une agglomération. Les populations suivantes, les Néolithiques, venues par la vallée, adonnées à l'élevage et aux travaux agricoles, montèrent de suite les coteaux abrupts pour mettre en ^aleur les sols limoneux dans lintérieur des forêts. Les Romains s'établirent dans les mêmes régions : ils V retrouvaient les grandes surfaces agricoles et la possibdité de construire ces routes perpétuellement droites, dont leurs légions ont fait usage. Enfin, c'est encore sur

les plateaux que les puissantes abbayes du moyen âge recherchaient les concessions royales. Leurs travaux de défricliemcnt, de déf<jncement produisaient des récoltes abondantes, impossibles dans les terres ingrates de la vallée * .

La fertilité des plateaux est due pour la meilleure part aux produits de décomposition, de ruissellement ou d'érosion qui ont recouvert la craie. Si celle-ci forme le soubassement, elle n'apparaît jamais à la surface. Il faut descendre sur le flanc des vallées, sur les downs qui bordent les méandres convexes « pour la voir affleurer avec sa végétation calcicole de caryophyllées. d'ombellifères, de composées d'aspect sec et pauvre »'. Au printemps, la feuillaison de l'ellébore, de la digitale jaune et plus tard du chardon lanieux indiquent la masse crayeuse sous la mince couche végétale. C'est la seule floraison de ces larris, impiopres à toute culture, à l'herbe rare, où les bois même ont peine à vivre. Mais ce sont là des tableaux peu fréquents dans la région rouennaise; en général, la nature est plus riante, plus accueillante ; elle le doit aux sédiments qui recouvrent la craie.

Le plus ancien, l'argile à silex, apparaît rarement à l'air libre, il recouvre directement la craie. Sa formation s'est effectuée aux dépens des couches crayeuses : elle a commencé dès que la ^Normandie s'est exondée; elle continue actuellement encore. Elle est d'autant plus épaisse qu'elle est recouverte sous des dépôts lacustres ou continentaux de plus en plus récents : argile plastique, calcaire de Beauce,

I. Sion : .?/». p. 116, 1 17 ; Prévost : g5, p. 78 ; Cochet : 38 1 . p. 3i5 ; de Vesly : Siy.p.^A, et 3i8. p. 2,el3i(). pi. VIII; B. Corn. Ântiq. S. I. : X, p. 369; XI, p. 36/i, 370 ; XIV, p. 9 ; B. S. norm. et. préh., I, p. 108, 189.

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