‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 3 sur 168 · CHAPITRE I LA SEINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I LA SEINE

I. Lks conditions fluviales. La lanjeur du lit. La profondeur. Le rourant. Les ajjluents. — II. Les conditions maritimes. La marée. Le mascarel. — III. Le régime du i leuve a Rouen. Les glaces, le débit, les sérheresses. Les mies.

En i655, présentant à .Messieurs les conseillers et éclievins la description de la ville de Rouen dont il avait levé le plan, Jacques Gomboust, ingénieur du Roi, insistait sur les conditions climatériques et topographic[ues, presque toutes défavorables pour le développement d'une grande cité. Il remarquait ensuite : a C'est pourquoi quelques-uns accusent nos ancêtres d'avoir choisi une situation si désavantageuse pour une si belle ville ; puisqu'ils pouvaient la placer en plusieurs endroits sur le bord de la Seine, où ils eussent conservé tous les avantages et évité toutes ces incommodités... Néanmoins, après une sérieuse considération, je soutiens que celte ville ne pouvait ctre mieux placée. Si elle eut été plus proche de Paris, elle eut perdu la commodité de la marée et ensuite le trafic de la mer i[m est son trésor ; si elle eut été plus proche de la mer, elle en eût ressenti davantage les incommodités, qui sont les vents, les orages et les subits changements de temps qui rendent les lieux maritimes rudes et fâcheux. Et enfin en tout autre endroit, elle n'eut point ou les petites rivières de Uobec et Aubette, avec leurs

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ruisseaux, qui fonl une grando pailic du trafic des eomniodifés de Iioueii' ».

I.a reiHoiilrc! de deux ivgimes dilTérenls, celui de la Seine lluviale et celui de la Seine maritime, au confluent, de cours d'eau éminemment propices à lindustrie par suite de leurs conditions physiques, l'Aubelte, le Uobec et la rivière de Clères, cette rencontre a été la cause principale de la fortune de Rouen, à toutes les époques de son histoire. Ici la vie fluviale était particulièrement intense. Toujours, le liouennais a dû tenir compte : « du réf^ime, des allures et en quelque sorte de toutes les palpitations de cet être capricieux qu'est un fleuve, pour unir, avec avantages et la moindre somme possible de dangers, sa vie à la sienne" )).

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