‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 97 sur 168 · I. — Les matériaux de construction · texte numérisé non relu

I. — Les matériaux de construction

A l'origine, par suite de la difliculté des communica-

3oO LA VIE DE ROUEN

lions et du coût des transports, les matériaux do construction sont fonction du sol même où les agglomérations se constituent. Si les agents naturels n'imposent pas absolument l'emplacement de la cité future, au moins sont-ils de grande importance pour son développement. Rouen, entouré de la masse crayeuse de ses collines, de la ceinture boisée de ses forêts, semblait très favorisée pour construire ses demeures. Cependant on sait que les pierres de taille sont très rares dans le sol de la Haute-Normandie, les affleurements exploitables de roches résistantes y sont très limités ; dans presque toute la contrée, il a longtemps été trop onéreux, presque impossible de construire en dur. D'où ce fait paradoxal « que dans un pays où l'on trouve partout une pierre calcaire à quelques mètres de la surface, presque toutes les maisons sont bâties en briques et en argile mêlée de paille », presque toutes les maisons sont encadrées dans des ossatures de bois. Les terres de limon et la forêt ont fourni de tout temps les matériaux de la maison rouennaise'.

De bonne heure (( on prit le parti de bâtir avec l'argile sans môme la faire cuire : il suffit de la malaxer, de la mélanger avec des brins de paille hachée et on obtient une matière plastique appelée tantôt pisé ou torchis, tantôt bauge ou tillasse. Pour lui donner une ossature, on emploie le bois qui jadis était bon marché ». Tel est le procédé le plus simple et le moins coûteux, encore commun aujourd'hui sur les plateaux au Nord de Rouen pour les bâtiments d'exploitation, la grange, les étables, le pressoir, le four. En ville, la bauge a été remplacée, à une époque assez ancienne, par le colombage ou (jalandage. Dans ce système, les montants sont beaucoup plus rapprochés; leur intervalle n'excède guère o^./jo; de plus, le rectangle laissé entre deux montants et deux traverses horizontales est partagé par des barres diagonales, des croix de Saint-André qui équilibrent la poussée et

Page 1