‹ Rouge et bleu: comédiesChapitre 24 sur 86 · SCÈNE XVL MADAME DXTCAP, VOIX EN DESOIK · texte numérisé non relu

SCÈNE XVL MADAME DXTCAP, VOIX EN DESOIK

MAD. DUCAP.

(^Slle demeure quelques instante accoudée sur la table le front dans sa main, mvette.).. .. Si elle pouvait mourir sans rien révéler, cette femme 1.... Je veux

être Boule ici J'ui le droit d'être seule. Je me suis

donm^i^ à lui, mais il a promis di' me donner tout. . . . tout! l'argent prêté et les bions-fonds.... Jeserals volée s'il 7 avait partage.. .. Ma jaunesae vaut bi'ân

PRIMIBU ACTE. 95

sa fortune. . ■ . (On entend te dialogue entre Vttranger et Ceritette. Madame Duaap écoute avec attention.)

VOIX Dx l'Atranoer.

Ah ! il n'eat pas à la maiBon 7

CEKISETTE.

Sorti pour ud moment. Il doit être dans 1» voisinage.

VOIX DE L'tTHANQER.

C'est un de mes vieux amis, voy«z-vous, un ami d'enfance, et je Toalais savoir, en passant, s'il est vrai qu'il a retrouvé sa petite âlio ....

CEKISETTB.

li ne l'a pas retrouvée eiieoie,...et je ne crois pas

qu'il la retrouve C'est une histoire «û l'air...*

Madame sait d'où ga vient. —

VOIX DE l'Étranger.

C'est que, ga ne ferait pas son affaire .... à la jeune femme. ..•Mais lui, mon vieux Ducap, il serait si content.... £h bien ! je vais continuer ma route, bon soir, mademoisalie, mes compliments it Ducap....

(Cerisette revient.)

CEBI8ETTE,

C'est un habitant du Saut, un ami de M. Dacap qui venait. . . .

Je eais, je saisi J'ai tout entendu. •.. Il ferait mieux de se mdler de aed affaii-es. Que l'en&nt revienne ou reste an fond de la chute, que je sois contente on fâchée, cela ne le regarde pas.

CERISETTB.

Vous parlez de la chute, je Toi vue souvent, mais Je ne m'en souviens guère. ..'Quand je la regardais d'en bas, je croyais que l'eau tombait des nuages ....

MAD. DDCAP.

Vous étiez jeune ?

T'>Mte petito: trois ou ijnali-e ans. Mais il me aeitiLnô que je vois encore l'eau descendre en tourbillons comme une épaisse fumée blanche ; il me semble que j'en entends encore le bruit formidable et que je vois se croiser, dans le grand bassin, au pied, des cArcleS de toutes couleurs.

Vos parents demeuraient là sur les hauteurs ï

CERISKTTK.

Oui, madame. Mes petites compagnes et moi nous ÉVicms bien du plaisir à descendre l'immense cSte de verânre dont le pied se baigne dans le fleuve, et bith

CERISE TTE

Ceax qui m'ont élevée m'ont comblée de soins. Ils n'avaient pas d'onfants, et tout leur amour itait pour moi. PeDsionmtire pendant plusieurs atiuées dans un couveut, j'ai beaucoup éladië. Hais j'étais jeune encore. J'ai lu depuis. ... La lecture, c'est ma pas- Bion. Hélas 1 Mes parente adoptifs sont morts à quelques mois d'intervalle 1 Un de leurs cousins a recueilli

l'hérilago, mais il ne m'a pa« recueillie, moi Je

garde leur nom, c'est tout. Il m'a fallu servir.

MAli, DUCAP.

Vous devriez aller atuc £tats-Unid, où il y a tant 4

BKMIER ACTE. 99

ga^enr ; ne rêviez pa» plus longtemps ici à travailler dur pour quelques piastres par mois.

CEiUS]STT£.

Mais comment y aller ? je n'ai pas d'argent.

MAD. DUCAP.

Je pourx'ais peut-être vous.acheter votre billet de passage.

CERÏSETTE.

Hélas I m'en aller seudjer ea pays étranger ?

MAI»'. HfOOAB^

Mais vous trouvères des centaines. . . .des milliers de vos compatriotes, là-bas.

OERISETTE.

Ceux que l'on cherche ne valtant pas toujours ceux que Ton quitte.

MAD. DTJCAP.

C'est un conseil que je vous donne ; songez-y. Si vous vous décidez ^ partir, je vous aiderai.

CBRISETTB.

Eâtrce que vous ne vous trouvez pas biffli de nroi ?

MAD. DUCAP.

Oui, je me trouve bien de vous ; mais il y a ceci qU'il faut vous dire. Jean, le domestique, vous fait la

«OUI-, et cela iio convient paa. Tl j u dnnger à denittiiiTi- ciisemblo sous le même toit.

TERISETTE.

Tout à l'heure, ce me eemble, voiis m'enaouragioz à aimer.

MAD. I'UCaP.

A n'aimer qu'un seul, celui qui ne reste pfti ici.

CE RISETTE

Jo ne me rappelle pas de la dislioction.

MAD. DUCAP.

Aloi-s voua aimea mieux Jean ?

CEHISETTE.

Je pense que.... oui

UAD. nuCAP, M levant.

J'ai donc vaitton de voue éloigner. An reste, it, Ducap ne veut pas se séparer de son domeatiqae. Il ne veut pas entendre parler de cela, mais pas da tout. ... Yoici M. Daoap, sortez, Cerisette, nous reparlerons de cela. {Ducap entre.)

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