LES MÊMES, JEANNETTE
JEANNETTE, (tenant des papiers enveloppés.)
M. le notaire, je me suis aperçu, en époussetant les meubles, sauf le respect que je voas dois, que j'ai oublié de vous remettre ces papiers. Je les avais déposés dans votre chambre, dans le.. ..le chose-là.,..
M. FLA.MEL
Allons, Jeannette, achève ! Tu sais bien qu'il n'est pas nécessaire....
JEANNETTE, vivement.
Juste 1 dans votre nécessaire.
MAD. MURAL, riant.
Ah ! ah ! ah 1 ah I le joli quiproquo !
JEANNETTE
Je ne sais pas, moi, les noms de toutes les choses, mais j'ai coutume de me souvenir du nécessaire. Monsieur le notaii'e peut le dire. Et si Jérôme était ici..,.
M. FLAMEL
Oui, oui, Jeannette, mais la mémoire manque parfois.
M. FLAMEL
Et ces papiers ï
JBAKSSTTE.
Les voici, monsieur.
M, FLAMEL, (à Mme Muial.)
Assoyez-voiia donc un instant, madame.
Je les ai envelô^és dans une gazette.
M. FLAMKL.
" La Vérité 1 La Vérité " ! enveloppés dans " La Vérité!.... C'est une ptofaDation!.... un !.... Moi qui garde ce journal avec tant de soin I
JEANBEIIË.
Pour moi toutes les gazettes sont des vérités.... un peu profanées. Kt Jérôme qui....
M. FLAUEL.
Jeannette, ménage un peu ta voix.
JEANNETTE
Ah ! Monsieur, je puis parler à la journée, cela ne me fatigue pas du tout.
M. FLAMEL, séTÔretnent.
Jeannette 1 (JeannetU 8' éloigne et a^qccu'pe^ à ranger certains objets) Eh bien ! madame, puisque je les ai entre les mains ces papiers, je vais les examiner.... si personne ne me dérange. Youq p£^a]7ez au jardin pour vous distraire.
MAD. MURAL, se levant.
Je dois voir M. le curé dans quelques instants, si vous me le permettai, je reviendrai tantôt. Je regrette vraiment de vous détourner de vos affaires politiques. La crise que nous traversons....
M. FLAMEL
Le pays a besoin de tous nos instants, c'est vrai. Il faut écraser Thydre ! l'empêcher de renaître, l'hydre !....
JEANNETTE
C'est comme M. Bené Mural disait : Il faut se dépêcher de l'être, libres !
MAD. MURAL
Mon fils ?
HOUUB ET HUIU.
Comment, M. René Mural est votre fiU ? J'en saie enchanté madame, j'jgnoiais encore votre nom, si je devinais vos qualités.
MAD. MORAL
Voua êtes trop flatteur, M. Flamel.
M. FLAMEL
Nous sommes des amis, des champions de la grande cause, M, Mural et mot. Les hommes les plus importanta de Lévis l'ont chargé de m'offrir le mandat de ce beau comté. Il m'a parlé avec tant d'éloquence qu'il m'a convaincu, et il travaille avec tant de zèle que je suis sûr de la victoire,.., s'il y a lutte.
MAD. MCRAL,
Le comté de Lévis ? mais il me semble qu'il ne le connaît guère et n'en est guère connu.
Les vrais hommes petîtiques doivent être discrets, La discrétion est leur force.
MAD. M0RAL
En vérité, vous le connaissez mieux que je ne le connais moi-m6me ; et j'ignorais tout à fait cette intimité entre vous, qui me fait beaucoup d'honneur.
HAD, MDSAL, donnnut le £«piec qu'elle a lu.
Mettez donc cet écrit avec les autres, M. Flame!,
il vous servira peut être. Elle sort avec Jeannette.