‹ Rouge et bleu: comédiesChapitre 67 sur 86 · MAD. MURAL, M. FLAMEL · texte numérisé non relu

MAD. MURAL, M. FLAMEL

M. FLAMEL

Je VOUS demande pardon, madame, de vous avoir si longtemps fait attendre. La politique ne connaît guère la galanterie, guère la politesse, même, hélas 1

MAD. MURAL

Je ne suis de retour que depuis quelques mi- . nutes : Tattente n'a pas été longue.

M. FLAMEL

J'ai jeté un coup d'œil sur vos papiers.... un coup d'œil m'a suffi. Vous pouvez demeurer tranquille, D'abord, la prescription couvre tout de son égide. Nul ne peut vous troubler dans la possession de vos biens. Il est inutile de chercher davantage, la prescription est là pour le défendre.

MAD. MURAL

Mais celui qui a vendu la propriété à mon père n'était pas possesseur de bonne foi.

M. FLAMEL

Tant pis pour lui ; il portera toute la faute.

MAD. MURAL

La charité ne nous oblige-t-elle pas....

•iAU EOUGK ET BLED.

M, FLAMEL

A nous dëpfiuiller au profit des autres ?

M. MURAL

A rendre leuiâ biens à ceux qailea ont perdus par lamal honnêteté des autres ?

il. FLAMEL.

Jamais, Madame ; c'est un accident dont voua

n'êtes p«8' responsable,

MâD. mural.

Cependant, si j'étais à la place de ceux q^ui ont perdu ces biens, je serais heureuse qu'on me ien fendit

Je le crois ; mais ceux qui posaéderaietït V08-bi«Ds de bonne foi, depuis trente ans, ne seraient pas ténu»' de vous les rendre, et ils ne vous les renàmîsQt point. Ils ne seraient pas tenus légalement. Les biens mal acquis pèsent toujours sur la conacin^ des héritiers. La prescription ne c1iange.< pas., U. nature du vol.

HAD. MURAL

Alors je puis chasser comme importuns, ces doutes, ces tourments. qui surgissent souvent î

DIUXIEME ACTE. 221

M. FLA.MEL

Vous lo devez même.... si votre père a acquis de bonne foi.... Ce dont je suis sûr, madame.... Cependant je n'ai jeté qu'un coup de d'œil sur ces papiers, comme je viens de vous le dire. Il vaut peut-être mieux que je les examine avec soin.... Vous pouvez me les laisser encore n'est-ce pas ?

MDE. MURAL, se levant.

Aussi longtemps qu'ils vous seront nécessaires. (Elle sort)

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