SCÈNE V
M. FLAMEL, puis JEANNETTE, tenant un 1t)0uquet.
En voilà des scrupules mal placées ! Ces pauvres femmes, ça n'entend rien aux affaires.... Et dire qu'en certain pays elles laissent leur cuisine où elles brassaient un excellent pot au feu, qui vous réconfortait, pour entrer dans la pharmacie où elles brassent des ingrédients qui nous tuent !.... Dire qu'elles se mettent à pérorer gravement dans la tribune, au lieu de causer gentiment au coin du feu !.... Dire qu'elles veulent assainir les municipalités au lieu d'aérer leur maison !.,.. tripoter les affaires, de leurs mains blanches faites pour caresser..., s'aventurer
dans les buissons épineux de la politique quand des sentiers fleuris, pieins de vola de papillons devraient lc3reteuir!....0 femmes, quelle méprise est la vôtre!.... Vous alleK perdre le monde encore une fois en touchant fi l'arbre de la science.... Tout de même, elle est très digne celle-ci. Elle doit avoir un cœur d'or.,.. Aussi, elle possède tin g;trçon intelligent, actif, intrigant.,.. Il faut que je lui parle de cela, à Kené. J'ai voulu lui en soutHur un mot déjà, et il a semblé ne pas me comprendre. Délicatesse, je suppose. Et puis, il ne manque pas de préoccupations aujourd'hui. 11 est tout à moi, tout à mou élection.... Ne serait-ce qu'à cause de lui, il faut qu'elle garde son bien. Sans compter que c'est une bonne œuvre, cela, débarrasser une âme de ses tourments.... Allons travailler un peu.... La politique, (;a déroute. (/Z va pour sortir et rencontre Jeaniiette dans la porte). A qui destiues-tu ce joli bouquet ? à ton Jérôme ? JEANNKTTE.
Non, il. le notiiire, pas au mien.... Nous autres les
enfants de la campagne, nous allons cbercher les
fleurs, ce ne sont pas les Heurs igui viennent à nous....
M, FLAM'iL.
' C'est joliment vrai ce que tu dis là.
JEAXN'ETÏE.
Je ne mens jamais, (Le notaire sort.)