‹ Rouge et bleu: comédiesChapitre 69 sur 86 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

JEANNETTE, puis EVA, fille, et EENÉ, avocat.

JEANNETTE, arrangeant le bouquet.

Je vais le faire aussi beau que possible .... comme si c'était pour Jérôme .... Les blanches avec les roses ....les jaunes et les brunes ensemble .... les rouges et les bleues côte à côte .... ça jure un peu par exemple ! .... qu'est-ce que je pourrais bien mottre pour les séparer ? Un boutou d'or ? .... non ! une belle-denuit !.... Pourtant .... {à Eva qui entre avec René.) Est-il bien comme cela, mademoiselle.

EVA, tille.

Fort joli. J'en détache cette pensée .... Va le déposer dans un vase, au salon. (Jeannette sort.)

HENÉ, avocat, à EVA.

Oui, c'est vrai, vous êtes la première femme qui ait fait battre mon cœur, et vous serez la dernière, car vous Sr^rez la seule. Une Providence bénie vons a mise sur mon passage, et je vous ai remarquée entre toutes. Je ne savais pas si vous m'aimeriez ; je Tesporais cependant. Aujourd'hui, je le sais. Le réveil me donne ce que m'avait promis le rêve.

EVA, fille, faiiant eigat de s'MCOoit.

Je ne sais pourquoi, mais dans mes songes de jeune fille, l'ajoge <)ui me protégeait prenait toujours votre aspect .... ! Et je ne vous comiaissais point ; je vous devinais donc.

Que j'ai eu laison d'aller prier dans votre vieille et glorieuse basilique !

O'eat toujours une excellente cbose qne la prière à l'église .... Bien des hommes ne semblent pas s'en douter.

RENE, avocat.

Il Vaut miens que l'amour se réveille là que dans réblouissement des fêtes mondaines. (Tl se Uve.) Si doux que soient les instants que je passe avec vous, mademoiselle, il faut pourtant que je vous quitte. Je n'ose voir M. votre père eu ce moment. Vous le préviendrca d'itbord, cela vaudra mieux. La crainte de vous chagriner lui conseillera paat>êtte une bonté qu'il n'aurait pas pour moi sans cebt.

Si je pouvais lui dire que vous partagez ses opilions politiques.

DEU3HÊM«^ ACTE. 225

REKÉ, avocat,

Il est conservateur^ n'est-ce paa ?

EVA, riant.

Jusqu'à la mort !

BJSNÉ, avocat

Alors, ne touchez pas cette corde, elle sonnerait mal.

BVA, fille.

Vous êtes libéi^ ?

RENÉ, avocat.

Jusqu'à la mort !

fîVA, fille.

C'est malheureux ! . .. .

RENÉ, avocat.

Pourquoi ?.... Vous^ mêlea-YOUs^ dé cette jdie chosë-ià^ lapoUtique?

EVA, fille.

Oh ! non ; mais il serait plus facile d'écarter les obstacles, si vous marchiez sous le niâme cbn^^teiiii.

Rfi^É,. avocat.

£st-il implacable, monsieur votre pare ?

EVA, fille.

C'est le mot : implacable I

ROl'OF, ET BLEU, KKNK, avo™t.

Armons-nous de CJiiiaye, alors, et préparons-nous ,m épreuves.

Le voiei!.... Au revoir!.... pruiioi! cette pensée. {Il sort.)

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