SCENE XVI
EVA, fille, puis JEANNETTE.
BVA.
Comment demeurer calme, quand il est si troublé, lui ?....Coouiient sourire à l'espérauce quand le malheur me menace?.... Mais aussi comment désespérer devant un père qui ne peut s'empêcher de laisser voir la bonté de son ftme?.... devant l'amour d'un homme loyal et fier ! {Jjùannette entre.)
JKANNSTTE.
Mademoiselle ÏIvâ, vous avez commencé à me lire une lettre de Jérôme, mon cavalier, voulez- vous continuer i.... Mais ne riez pas trop, Je :tEoi8 que vous vous moquez....
EVÀ.
Donne, je vais continuer. Je ne ris jamais des Jérômes, tu le sais bien.
JEANNETTE
Nous étions rendus aux souris.... regardez, vous allez les trouver.
ÈVA.
Sur ta bouche ?
tkotsiehî: acte. 273
JBANKBTTE, d'nn ton pUûcant.
La vota» leur ferait un meilleur nid, sauf le respect que je vous dois.
EVA
Bravo, Jeannette !.... Merci !.... Tiens ! écoute, m'y voilà I j# lisr.
''Mon bonheur ne finira qu'avec ma vie ou la tienne....
Jeannette.
Qu'il parlé bien 1
Comme un poète.
JBANNSTTK..
Est-ce un homme ça, unpoète ?
EVA
Un homme qui se eifoit-sùfciaturel parce qu'il n'est pas toujours naturel... un. ou vriei; q^i^ fourre -des chevilles et des rimes partout.
JEANNETTE
Des rimes ? qu'est-ce que cela ?
EVA
Des rimes ? attends un peu, je vais t'en faire. {Elle songe quelques moments). Tiens ! en voici quatrer
274 I!OL'(;e kt bled.
Dans une maisonnette Jérôme avec Jeannette l'eront rimer, un jour.
Bonheur avec amour.
JEANSKTTË.
Oh ! couiuic c'est drôle ! je peuoe que Jérôme est pwèCe, sauf le respect que je vous dois.
EVA
Cela se pourrait bien, il est si amoureux.
JEANNETTE
m ça dépend de l'amour, voub allez voir. L'auti'e soir il m'a dit: " Jeannette, je te donne un baiser. "
EVA
Kt puis ?
JEANNETTE
Et puis, il me l'a donné,
EVA
Mais la rime ?. ...
JEANNETTE
La rime? Je lui en ai donné un à mon tour.
EVA
Je comprends. Vous êtes poètes tous deux.
Et m>tt8 né' noua es doutions pas!.... Madt ne le dites pas à M. Ham^I^ il pourrait' (mûre^que le besoin dé rimer mè fait faire des folies....
Ne crains rien, Jeannette. Ecoute encore ; j'achève :
" Si la récolte est bonne, nous pourrons nous miirier aux plremières neigea.
JEÀN»*ïrrTE.
Vr^ ! il dit ça î;... c'est é^t ?
EVA
C'est écrit I
«Ma maison sera^ chaude comme un nid.
Ëst-il fin, un peu !
EVA
" Je t'embrace ". . . Embrasse avec un e.
JSANNETTA.
Avec quoi ?
EVA
Avec un 0, au lieu de deux S,
JEANNBTTIT.
C'est toujours mieux que rien.
MA.D MURAL
Vous voyez sa résolution, M. Flamel ; je le connais, il sera inébranlable.... Voilà pourquoi je me hâtais d'en finir avant qu'il fut mis au courant de ces choses.... Et c'est votre indiscrétion!.... Vous n'aviez peut^tre pas le droit de lui parler comme vous l'avez fait.... Je lui aurais gardé intact un héritage qu'il eut possédé sans trouble.... J'ai agi sottement aussi.... René, mon fils, songe bien à ce que tu vas faire.... Il ne faut pas qu'un moment de générosité t'expose à de longs jours de regret.
RENÉ
Je renonce à tout, sauf à l'honneur... . Les Mural sont rouges, mais honnêtes.
M. FLAMEL
C'est comme les Flamel! Seulement que c'est
tout le contraire,... quant à la couleur.
M AD. MURAL
N'est-ce pas, M. le notaire, que nous pouvons garder ces biens en toute sûreté de conscieoce ?
M. FLAMEL
Vous le pouvez, madame.
RENÉ
Eh bien ! je ne le veux pas.
278 iiouGÈ irr BLEU.
M. ïIaMEL;
Songez-y bien.
RBNË, ayocat
Préparez l'acte de désistement.
ni. FLAMBL.
C'est bien ; je prends votre parole ; nous ferons l'acte plus tard.
RENÉ
Pourquoi pas maintenant ?
M. FLAMEL
Parce que j'ai confiance en voua.