MAN
Amoureuse ?
LES DEUX EVA
| Avec qui ? (L'une à l’autre). Comprends-tu ? L M. FLAMEL,
Amoureuse, je n’en suis pas sûr... Laquelle de ; vous réclame ce petit carré de papier ?
: EVA, fille, nr Je ne comprends pas. j EVA, nièce.
Moi non plus.
M, FLAMEL
Lisez.
DEL DEUX EVA, lisant la suscription.
Mademoiselle Eva Flamel.
M. FLAMEL
Comprenez-vous ? devinez-vous ?
EVA, nièce, :
à Je comprends que c'est notre nom.
EVA, fille.
Mais je ne devine pas à laquelle de nous cela s'adresse.
SA M Ne + LA re AL. AU OURS
C’est donc la première fois... le premier pas... la déclaration.
EVA, nièce.
C’est tout à fait nouveau, cher oncle.
EVA, fille, | - Tout à fait inédit.
M. FLAMEL
Alors, dévoilons le mystère. Si vous me.le per- le mettez je vais procéder à l'opération.
EVA, fille. C'ei Vous en avez le droit.
EVE, nièce, | Ne 11 me tarde de voir cela. pas col M. FLAMEL, ouvrant la lettre et regardant. un luti Bah! lui? Ah!ah!ah!ah!l…. Voyons ce qu'il si dit.. (ZI lit) “ Mademoiselle, jé vous ai vaë et je poursui
ne puis vous oublier.” Il a de la mémoire, je le sais... ‘“ Quelque chose me dit que vous aurez sur ma vie une influence souveraine. Vous m'avez Sa ch paru si jolie, si bonne, si pieuse, l’autre jour, aux genoux de la vierge, que je me suis pris à vous
Oui aimer de toute mon âme...” Le brave garçon! “ je à
vous dei
Le
n'oserais vous confier mon secret, s’il n’était celui d’un honnête homme qui ne veut pas troubler inu-
tilement la paix de votre cœur.” RENÉ MURAL.
Pas plus avancé qu'auparavant. Mais je le connais, moi, ce René Mural ! ah! ah! ah! ah! Les deux Eva prennent la lettre et la lisent des yeux.
EVA, fille.
C'est bien toi qu'il a vue,
EVA, nièce.
C’est à toi plutôt qu'il s'adresse.
M. FLAMEL
Ne vous obstinez pas trop; ne vous le renvoyez pas comme on fait d'une balle, C’est un bon parti, un lutteur, un bleu, un dévôt! Vous voyez, il vous suit à l'église … Ah! je le connais …. Il va venir bientôt, Je l’attends. Il nous dira, lui, laquelle il poursuit de .….sa charité,
LES DEUX EVA
Sa charité ! !
M. FLAMEL
Oui, oui ! charité... amour purl.… Ainsi l'une de vous deux est aimée, et l’autre...
Et l'autre le sera! (M. Flamel sort en riant SCENE VI.
LES DEUX EVA
EVA, nièce, Mon oncle dit qu’il le connait bien, ce M. Mural, que c’est un bon parti, un bleu, un tout ce qu'on
voudra, mais comment se fait-il qu’il n'ait jamais prononcé son nom devant nous ?
EVA, fille.
Il voit tant de gens depuis qu'il s'occupe de politique !... Ce serait drôle si nous allions être choisies, puis élues pour la Chambre...
EVA, nièce, riant.
La chambre nuptialé !
EVA, fille.
Nous le connaissons, nous aussi, M. Mural, nous l’avone rencontré en soirée, et nous le voyons sou-
vent, à l’heure de la promenade, sur la terrace Fron-
tenac.
EVA, nièce.
Quand il nous rencontre, c'est toi qu’il regarde ; il ne me voit point, moi,
EVA, flle.
Il me semble que je l’aimerais bien.… Je voudrais aimer quelqu'un. C’est si bon d’aimer ! Dont URL Et d'être aimé! .
1, 1 Je crois qu’il vaut mieux aimer qu'être aimé. Il on 4 y.a plus de délices, plus d'ivresse.
‘4 g EVA, nièce, 1 Oui, mais aussi plus de larmes, plus d’amertumes,
bi si nul amour ne répond au nôtre, oliles, À "EVA, fille.
C'est vrai, mais j'aime mieux sonffrir que ne rien éprouver... J'ai horreur de l’insensibilité. .