SCÈNE VI
JEANNETTE, puis EVA, fille, et RENÉ, avocat.
JEANNETTE, arrangeant le bouquet,
Je vais le faire aussi beau que possible .…. comme si c'était pour Jérome …. Les blanches avec les roses les jaunes et les brunes ensemble .…. les roûges et les bleues côte à côte …. ça jure un peu par exemple ! … qu'est-ce que je pourrais bien maottre pour les séparer ? Un bouton d’or? non! une belle-dehuit !…. Pourtant (à Æva qui entre avec René.) Est-il bien comme cela, mademoiselle,
EVA, fille,
Fort joli. J’en détache cette pensée …. Va le déposer dans un vase, au salon, (Jeannette sort.)
RENÉ, avocat, à EVA.
Oui, c’ast vrai, vous êtes la première femme qui ait fait battre mon cœur, et vous serez la dernière, car vous serez la seule. Une Providence bénie vous a mise sur mon passage, et je vous ai remarquée entre toutes. Je ne savais pas si vous m'aimeriez ; je l’espérais cependant. Aujourd’hui, je le sais. Le réveil me donne ce que m'avait promis le rêve.
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EVA, fille, faisant signe de s'asseoir.
Je ne sais pourquoi, mais dans mes songes de jeune fille, l'ange qui me protégeait prenait toujours votre aspect ….! Et je ne vous connaissais point; je vous devinais donc.
RENÉ avocat.
Que j'ai eu raison d'aller prier dans votre vieille et glorieuse basilique !
EVA, fille.
C'est toujours une excellente chose que la prière à l'église .… Bien des hommes ne semblent pas s’en douter.
RENÉ. avocat.
Il vaut mieux que l’ambur se réveille là que dans l’éblouissement des fêtes mondaines. (17 se lève.) Si doux que soient les instants que je passe avec vous, mademoiselle, il faut pourtant que je vous quitte. Je n’ose voir M. votre père en ce moment, Vous le préviendres d’abord, cela vaudra mieux. La crainte de vous chagriner lui conseillera peut-être une bonté qu’il n'aurait pas pour moi sans cela.
Si je pouvais lui dire que vous partagez ses opinions politiques.
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Oh!
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DEUXIÈME ACTE
RENÉ, avocat, 11 est conservateur, n'est-ce pas ?
EVA, riant,
<i Jusqu'à la mort! À RENÉ, avocat. ; Alors, ne touchez pas cette corde, elle sonnerait le mal.
Vous êtes libéral ? e à | RENÉ, avocai, en Jusqu'à la mort !
| EVA, fille, C'est malheureux !.….
RENÉ, avocat.
Pourquoi ?.… Vous méêlez-vous de cette jolie chose-là, la politique ?
. EVA, fille.
Oh! non; mais il serait plus facile d'écarter les obstacles, si vous marchiez sous le même drapeau.
RENÉ, avocat.
Est-il implacable, monsieur votre père ?
EVA, fille, C'eut le mot : implacable !
226 ROUGE ET BLEU, RENÉ, avocat.
Armons-nous de courage, alors, et préparons-nous aux épreuves.
EVA, (entendant marcher)
Le voici! Au revoir! prenez cette pensée, (J/ sort.) :