‹ Rouget de LisleChapitre 29 sur 38 · ROLAND · texte numérisé non relu

ROLAND

Quel homme ennemi de sa gloire Peut demander : — «Combien sont-ils?...

Eh ! demande où sont les périls ; C'est là qu'est aussi la victoire.

» Lâche soldat! Combien sont-ils?...

Mourons pour la patrie I C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Suivez mon panache éclatant Français ! ainsi que ma bannière, Qu'il soit le point de ralliement.

Vous savez tous quel prix attend Le brave qui dans sa carrière Marche sur les pas de Pioland.

Mourons pour la patrie !

C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Fiers paladins, preux chevaliers, Et toi surtout, mon frère d'armes, Toi, Renaud, la fleur des guerriers.

Voyons de nous qui les premiers,

Dans leurs rangs portant les alarmes, Rompront ce mur de boucliers.

Mourons pour la patrie !

C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Courage, enfants! ils sont vaincus; Leurs coups déjà se ralentissent, Leurs bras demeurent suspendus...

Courage, ils ne résistent plus; Leurs bataillons se désunissent.

Chefs et soldats sont éperdus...

Mourons pour la patrie 1 C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Quel est ce vaillant Sarrazin Qui seul, arrêtant notre armée, Balance encore le destin?...

C'est Altamor!... C'est lui qu'en vain Je combattis dans l'idumée; Mon bonheur me l'amène enfin.

Mourir pour la patrie !

C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Entends-tu le bruit de mon cor?

Je te défie à toute outrance :

M'entends-tu, superbe Altamor?...

Mon bras le donnera la mort, Ou si je tombe sous ta lance.

Je m'écrirai, fier de mon sort :

Je meurs pour la patrie !

C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Je suis vainqueur, je suis vainqueur!

En voyant ma large blessure.

Amis ! pourquoi cette douleur ?

Le sang qui coule au champ d'honneur,

Du vrai guerrier c'est la parure, C'est le garant de sa valeur.

Je meurs pour la patrie !

C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Ce refrain fut chanté en 1848. Il servait de refrain aux couplets du Chant des Girondins! C'est sous son influence que, dans la nuit du 23 au 24 février, s'élevèrent les nombreuses barricades qui rendaient Paris maître de la siluation. Le 24, la monarchie conslitutionnelle croulait pour n'avoir pas voulu céder aux désirs du peuple français, qui demandait simplement radjonctioîi des capacités sur la liste des électeurs recrutés parmi les citoyens payant au moins 200 francs d'impôts. Le pouvoir, aux mains de Guizot alors, achetait par des faveurs le vote des députés et constituait la Chambre classée dans l'Histoire sous le nom de Chambre des satisfaits.

Aujourd'hui que nous avons le suffrage universel et l'instruction gratuite, laïque et obligatoire, c'est à la nation qu'il appartient de choisir ses mandataires pour opérer les réformes sociales et fiscales appelées à réaliser le bonheur général.

La République française succède, après une longue intermittence, à la République romaine issue elle-même des Républiques de la Grèce, de celle d'Athènes surtout, que ses philosophes, ses poètes et ses orateurs ont immortalisée.

L'esclavage existant alors était un obstacle aux difficultés résultant des revendications égalitaires. Celles qui résultent aujourd'hui du prolétariat doivent être aplanies par le développement et l'application des sentiments implicitement inscrits dans notre devise républicaine.

A l'amour de la patrie succédera l'amour de l'humanité.

Le chant de la Marseillaise aura sa raison d'être en vogue tant qu'il y aura des opprimés et des oppresseurs.

L'amour de la patrie, Rouget l'a glorifié partout où il a pu.

Et nous terminons cette étude sur ses œuvres littéraires en reproduisant ici son chant national :

LES HÉROS DU VENGEUR Aux marins français

LE CAPITAINE

Le destin trahit nos exploits !

>'os agrès, nos niàts sont en poudre.

Céder, se rendre! affreuses lois!...

Soldats, accourez à ma voix.

La honte ou la mort, que résoudre?

Répondez, quel est votre choix?

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