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Oui, [ilu:- lard, fut arrôli; cl exécuté à Paris

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et les expédia aux quatorze armées qu'un décret de la |l Convention lançait aux frontières. il

Un général écrivait au ministère : « J'ai gagné la bataille, la Marseillaise commandait avec moi. » Un autre demandait un renfort de 10,000 hommes et une édition de la Marseillaise, en répondant de la victoire.

Un autre disait : « Sans la Marseillaise, je me battrai toujours un contre deux, avec la Marseillaise, un contre quatre. »

« Si l'ennemi veut passer la Meuse, dit Dumouriez, dans une proclamation à la date du 4 mars 1793, si l'ennemi veut passer la Meuse, serrez vos bataillons, baissez vos baïonnettes, entonnez l'Hymne des Marseillais, et vous vaincrez. »

A la date du 14 novembre 1793 (4 frimaire an II), . le Comité de salut public décrète que dans tous les spectacles de la République, l'hymne la Liberté (Marseillaise), sera chanté régulièrement tous les décadi, et chaque fois que le public le demandera.

C'est à la Marseillaise qu'on doit une.part des victoires de nos armes, à Valmy, à Nerwinde, à Wattignies, à Wissembourg, à Fleurus.

C'est grâce au chant de la Marseillaise que nos phalanges franchissent les passages du mont Saint- Bernard, en bravant les frimas et les dangers. A chaque nouvelle d'une victoire, la Convention faisait exécuter la musique et le chant de la Marseillaise.

Méhul l'admire, Grélry l'acclame, Gossec la trouve supérieure à tout ce qu'on a pu faire.

On a pour ce chant une telle admiration, que la duchesse d'Angoulême, à l'âge mûr, malgré les tristes souvenirs que rappelait à sa mémoire cet hymne de liberté, la duchesse d'Angoulême le fit exécuter un jour.

en déclarant ensuite qu'elle comprenait l'influence qu'il avait pu avoir sur le cœur des soldats.

Quand des milliers de voix entonnent le vigoureux et mâle refrain qui suit chaque couplet, elles donnent à ces accents un ton impossible à décrire.

A une autre époque, en 1848, quand Rachel déclamait au Théâtre-Français, avec le génie dramatique qui Ta tant fait admirer, les strophes de la Marseillaise, elle enthousiasmait l'auditoire. Plus tard encore, M'"' Bordas, en 1870, produisait le même elîet sur l'esprit des Parisiens.

C'est surtout de 1792 à 1795 que s'exer(;a sur l'esprit de nos soldats l'iiilluence irrésistible de la Marseillaise.

Des poètes allemands, Kotzebue, Klopstock, ont maudit la Dangereuse Marseillaise, en rappelant combien elle a causé de victimes dans les rangs des armées allemandes, par l'énergie qu'elle inspirait aux soldats français.

Klopstock disait à Hambourg où il rencontrait un jour Rouget de Lisle : « Votre hymne a moissonné cinquante mille braves Allemands. »

Carnot, qui n'était pas l'ami de Rouget, sans qu'on puisse en connaître la cause, lui avait dit déjà : « Ta Marseillaise a valu cent mille défenseurs à la République. »

Voilà assurément des faits qui démontrent combien fut puissante l'inspiration du Tyrtée français, et combien ses résultats furent grands parmi nos troupes.

Rouget de Lisle en fut-il récompensé? Non, et c'est à peine s'il ne mourut pas de faim à un certain moment de sa vie, où nous le suivrons avec ses angoisses et son honnêteté.

La Convention avait bien décrété que le nom de Rouget de Lisle serait inscrit au procès-verbal d'une séance, où

l'on racontait l'influence qu'avait exercée son hymne patriotique. On avait bien songé à le récompenser au moment où il fut blessé à Quiberon, mais -là s'arrêta platoniquement la récompense.

La Marseillaise, —qui n'attira aucune faveur sur son auteur, mais qui lui doit l'immortalité, car son nom est désormais inséparable de l'histoire, des luttes gigantesques des soldats de la République contre les cohortes des rois ligués pour les vaincre, — la Marseillaise imWd même aux parents de Rouget.

On raconte que le duc d'Angoulême, passant à Lyon, et témoignant à M. le général Rouget, un des plus anciens généraux de l'armée, son étonnement de ne pas le voir plus avancé dans la carrière militaire, celui-ci lui répondit : « Monseigneur, j'ai de par le monde, une nièce qui m'a fait du tort. »

Cette nièce, c'était la Marseillaise, dont son frère aîné est l'auteur. Les deux frères ne se sont jamais revus à partir de la mort de leur père.

A la date du 26 messidor an III (14 juillet 1795), le Bîilletin des lois contient le décret suivant :

Décret portant que les airs et chants civiques qui ont contribué au succès de la Révolution, seront exécutés par les corps de musique des gardes nationales et des troupes de ligne. — Du 20 messidor.

« La Convention nationale voulant, au retour de la première époque de la liberté fran(,'aise, entretenir l'énergie des républicains, en proclamant solennellement les principes sacrés qui ont renversé la Bastille le U juillet, et la royauté le 10 août, décrète ce qui suit :

« Art. I. L'hymne patriotique intitulé Hymne des

Marseillais^ composé par le citoyen Rouget de Lisle, et le Chœur à la Liberté, paroles de Voltaire, musique de Gossec, exécutés aujourd'hui, anniversaire du 14 juillet, dans la salle de ses séances, seront insérés en entier au Bulletin.

« II. Les airs et chants civiques qui ont contribué au succès de la Révolution, seront exécutés par les corps de musique des gardes nationales et des troupes de ligne.

« Le comité militaire est chargé de les faire exécuter chaque jour à la garde montante du palais national. »

(Suivent les six couplets de la. Marche des Marseillais.)

iS'os lecteurs trouveront plus loin ces couplets qui dans le Bulletin des lois sont suivis du Chœur patriotique, dont les paroles sont de Voltaire. Nous le reproduisons pour compléter ces détails historiques :

Peuple, éveille-toi, romps tes fers;

Hemonte à ta grandeur première,

Comme un jour Dieu, du haut des airs,

Rappellera les morts à la lumière,

Du sein de la poussière,

Et ranimera Tunivers.

Peuple, éveille-toi, romps tes fers;

Lu liberté l'appelle, Peuple fier, lu naquis pour elle.

Peuple éveille-toi, romps tes fers, L'hiver détruit les fleurs et la verdure, Mais, du flambeau du jour, la féconde clarté Ranime la nature Et lui rend la beauté, L'aflfreux esclavage Détruit le courage; Mais la liberté .Relève sa grandeur et nourrit sa fierté.

Plus tard, à la date du 18 nivôse an IV, 8 janvier 1796, le Directoire prit l'arrêté suivant •

Arrêté du Directoire exécutif concernant les spectacles. Du iS nivôse.

« Le Directoire exécutif arrête :

« Tous les directeurs, entrepreneurs et propriétaires des spectacles de Paris sont tenus, sous leur responsabilité individuelle, de faire jouer chaque jour par leur orchestre, avant la levée de la toile, les airs chéris des Républicains, tels que la Marseillaise, Ça ira, Veillons au salut de V Empire et le Chant du départ.

« Dans l'intervalle des deux pièces, on chantera toujours VHymne des Marseillais ou quelques autres chansons patriotiques.

« Le théâtre des Arts* donnera, chaque jour de spectacle, une représentation de VOffrande à la Liberté, avec ses chœurs et accompagnements, ou quelques autres pièces républicaines.

« Il est expressément défendu de chanter, laisser ou faire ciianler l'air homicide dit le Réveil du peuple.

€ Le ministre de la police générale donnera les ordres les plus précis pour faire arrêter ceux qui, dans les spectacles, appelleraient par leurs discours le retour de la royauté, provoqueraient l'anéantissement du Corps législatif ou du pouvoir exécutif, exciteraient le peuple

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