‹ Rouget de LisleChapitre 8 sur 38 · Alors situé nie de la Loi (rue Louvois · texte numérisé non relu

Alors situé nie de la Loi (rue Louvois

Paris, le 12 novcmliro 1877.

Mon cher ami.

C'est le tlicâtre Montansier qui s'appelait aussi théâtre des Arts. Mlle de Moiitansier le fit bàlir rue de la Loi (Louvois) ou face de la Bibliothèque nationale. C'était une très belle salle dont l'ouverture eut lieu, le 15 août 171);i, sous le titre de Tliedtre national; il prit plus lard le nom de théâtre des Arts.

Tout à vous, E. Mii.i.ER.

Hililiolliécaire de la Chambre des députés.

à la révolte, troubleraient l'ordre ou la tranquillité publique, et attenteraient aux bonnes mœurs.

« Le ministre de la police mandera, dans le jour, tous les directeurs et entrepreneurs de chacun des spectacles de Paris; il leur fera lecture du présent arrêté, leur intimera, chacun à leur égard, les ordres qui y sont contenus; il surveillera l'exécution pleine et entière de toutes ses dispositions, et en rendra compte au Directoire. »

Enfin, pour compléter ces documents, dont le Chant des Marseillais est le point de départ, nous reproduisons la pièce suivante :

Arrêté du Directoire exécutif, qui déclare celui du 18 nivôse commun à tous les théâtres de la République. — Du 27 nivôse {il jaquier 1796.)

« Le Directoire exécutif arrête que les dispositions de son arrêté du 18 de ce mois, concernant les spectacles de Paris, sont communs à tous les spectacles existant dans le territoire de la Piépublique.

« Le premier arrêté et celui du 18 de ce mois seront insérés dans le Bulletin des lois.

€ Le ministre de la police générale de la Piépublique est chargé de leur exécution. y>

On peut juger de l'importance immense du Chant des Marseillais, pour avoir eu ainsi l'insertion dans le Bulletin de nos lois.

La Marseillaise, dont la conception est le plus beau titre de gloire de Piouget de Lisle, a été composée primitivement avec six couplets qu'il est indispensable de reproduire ici, bien que presque tout le monde les

connaisse.

— ni) —

Allons enfants de la patrie!

Le jour de gloire est arrivé.

Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé {bis).

Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats?

Us viennent jusque dans nos bras Égorger nos fils, nos compagnes!...

Aux armes, citoyens! formez vos bataillons : Marchons (bis) qu'un sang impur abreuve nos sillons

{Chœui)

Aux armes, citoyens! formez vos bataillons; Marchons {bis) qu'un sang impur abreuve nos sillons.

Que veut cette horde d'esclaves,

De traîtres, de rois conjurés?

Pour qui ces ignobles entraves,

Ces fers dès longtemps préparés?

Français! pournous, ah! quel outrage!

Quels transports il doit exciter.

C'est nous qu'on ose méditer

De rendre à l'antique esclavage I...

Aux armes, citoyens! etc.

Quoi! des cohortes étrangères Feraient la loi dans nos foyers!

Quoi! ces phalanges mercenaires Terrasseraient nos fiers guerriers!

Grand Dieu! par des mains enchaînées, Nos fronts sous le joug se ploiraient ! De vils despotes deviendraient Les moteurs de nos destinées!...

Aux armes, citoyens! etc.

Tremblez, tyrans! et vous perfides, L'opprobe de tous les partis.

Tremblez! vos projets parricides Vont enfin recevoir leur prix.

Tout est soldat pour vous combattre S'ils tombent nos jeunes héros, La terre en produit de nouveaux Contre vous tout prêts à se battre...

\ux armes, citoyens! etc.

Français ! en guerriers magnanimes, Portez ou retenez vos coups :

Épargnez ces tristes victimes A regret s'armant contre vous.

Mais le despote sanguinaire.

Mais les complices de Bouille, Tous ces tigres qui sans pitié Déchirent le sein de leur mère!...

Aux armes, citoyens! etc.

Amour sacré de la patrie,

Conduis, soutiens nos bras vengeurs!

Liberté, liberté chérie,

Combats avec tes défenseurs!

Sous nos drapeaux que la victoire

Accoure à tes mâles accents ;

Que tes ennemis expirants

Voient ton triomphe et notre gloire.

Aux armes, citoyens ! etc.

Tels sont les six couplets qui composent la MarseUlaise. Le plus souvent on en ajoute un septième que nous reproduisons ici parce qu'il a son importance. Il a donné lieu à une conversation dans laquelle Rouget l'a reconnu pour n'être pas son œuvre.

Nous entrerons dans la carrière Quand nos aines n'y seront plus.

Nous y trouverons leur poussière Et la trace de leurs vertus.

Bien moins jaloux de leur survivre Que de partager leur cercueil, Nous aurons le sublime orgueil De les venger ou de les suivre.

Aux armes, citoyens! etc.

A la fin de sa carrière, Rouget de Lisle, visité par un jeune littérateur, recevait de lui les compliments les plus flatteurs'.

— Quel homme produirait de nos jours un chant aussi vaillant, aussi magnanime que celui de la Marseillaise? 11 n'y aura jamais deux Rouget de Lisle!

— J'accepte jusqu'à un certain point votre compliment, mais je vous ferai observer que la Marseillaise a plusieurs stances, et qu'elles ne sont pas toutes de même valeur. Laquelle préférez-vous?

— Elle sont toutes sublimes! objecta le flatteur; cependant j'avouerai que j'affectionne singulièrement la dernière.

— Rappelez-moi donc les premiers vers de cette stance, dit avec intention Rouget de Lisle, la mémoire se perd avec l'âge...

— La mienne a toute sa fraîcheur, reprit le jeune homme.

Et il allait réciter complètement le couplet :

Nous entrerons dans la carrière, etc., quand Rouget l'interrompit :

1. Poislcs-Dosgi-angcs, p. 55. I{ou[,et de Lisle et la Marseillaise.

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