A. LoTH, p
s'était imprudemment engagé, Fétis, écrivit dans un journal de musique de Paris un article sensationnel dans lequel il déclara que la musique de la Marseillaise n'était pas de Rouget de Lisle, qu'elle avait pour auteur Navoigille*. A Tappui de son dire, il citait une édition du chant révolutionnaire, qu'il faisait remonter à Tannée 1793, et dont le titre était ainsi conçu :
MARCUE DES MARSEILLOIS Musique du citoyeu Navogille.
Le nom de Fétis, la précision immédiate des conclusions, tout cela ne pouvait manquer de produire un effet énorme : il le fut dix fois plus que Fétis n'avait prévu! Un véritable tolle^ formidable, universel, s'éleva parmi tous ceux qui, en France, s'intéressaient à la musique, même parmi ceux qui ne s'y intéressaient pas. Des polémiques passionnées s'élevèrent. Georges Kastner, Azevedo, G. Chadeuil, Gustave Chouquet, etc., écrivirent des articles fort vifs, où Fétis était parfois très maltraité. Un parent de Rouget de Lisle rassembla des documents qui portèrent une lumière nouvelle sur plusieurs faces encore obscures de la question, et les rassembla en un petit volume fort utile à consulter encore aujourd'hui : la Vérité sur la paternité de la Marseillaise. Dans