‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 110 sur 124 · Revue et Gazette musicale du 19 juillet · texte numérisé non relu

Revue et Gazette musicale du 19 juillet

son indignation, il alla jusqu'à menacer Fétis d*un procès; et je ne jurerais pas que quelques huissiers n'aient pas été mis en mouvement! Le débat finissait par prendre une allure peu en rapport avec le caractère purement historique et artistique qu'il aurait dû garder: Fétis se vit débordé ; devant un document probant produit par Kastner, la première édition Strasbourgeoise du Chant de guerre de Vainnée du Rhin, non signée, mais émanant incontestablement de Rouget de Lisle, il se déclara vaincu et battit en retraite. Il écrivit k Kastner : « La question se trouve résolue en faveur de Rouget de Lisle... Tous les doutes sont dissipés et toute polémique doit cesser... J'établirai dans la Biographie des musiciens que Rouget de Lisle est le véritable auteur de la poésie et de la musique de la Marseillaise^, » Le chant de guerre était vi<:torieux. dans cette bataille musicale, comme il l'avait été à Jemmapes et à Fleurus.

Fétis, il faut bien l'avouer, s'il se retira dignement de la bagarre, ne fut pas sans en sortir quelque peu amoindri. Comme il est inévitable dans toute polémique de cette espèce, il accumula les mauvaises raisons, les sophismes de tout genre ; mais surtout, il fit preuve d'une ignorance profonde des faits généraux auxquels étaient associés l'œuvre et l'auteur mis en cause et sans la connaissance desquels il est impossible de rien comprendre

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