‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 18 sur 124 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les événements qui sont l'objet de ce chapitre ne sont pas seulement les plus considérables que nous ayons à rapporter : ils sont, en vérité, Tunique raison d'être de toute cette étude. Si la Révolution n'avait monté les esprits à cet extraordinaire degré de surexcitation, si, le jour même, la guerre n'eiU point été déclarée, si un prédestiné ne se fût trouvé là au moment précis et dans le milieu nécessaire, si. en un mot, de ce concours de circonstances exceptionnelles, une seule, la moindre, fût venue à manquer, jamais Timmortel chêint n'eût jailli ; Rouget de Lisle, médiocre poète et vulgaire amateur de musique, fût demeuré à jamais obscur.

Mais un jour Féleva vers de prodigieux sommets, tels qu'il n'en eût jamais soupçonné la hauteur. Il trouva ce que nul autre ne conçut jamais : un chant parfaitement adéquat à la pensée du moment, résumant, avec une exactitude absolue, — et avec quelle intensité ! — le sentiment national, r «r état d'âme » d'un grand peuple à l'heure la plus solennelle, la plus terrible, la plus héroïque, la plus décisive de sonhistoire.

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