‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 71 sur 124 · Conspiration de Babeuf · texte numérisé non relu

Conspiration de Babeuf

influence, tant qu'il me sera démontré qu'elle est profitable à la chose publique.

Quant au rapprochement qui m'a été proposé de votre part, je ne puis y accéder. Indifi'érent au bien général, inutile pour vous, il ne pourrait être avantageux que pour moi, il ne pourrait que rendre également suspects et mon exaspération passée, et mon silence présent et les éloges qu'à l'avenir j'espère être dans le cas de donner à votre administration. Abstraction faite de tout autre motif, celui-là suffirait seul pour déterminer mon refus. Etranger à toute autre espèce d'ambition, je conserverai toujours celle de maintenir la dignité de mon caractère, et rien ne le dégraderait à mes propres yeux comme une réconciliation aussi visiblement intéressée.

Salut et respect*.

Toutefois, l'incident n'était pas clos encore. 11 semble, en vérité, que Rouget de Lisle n'ait pas attribué à ses déclarations une importance sérieuse: bien qu ayant donné deux fois sa démission, il ne croyait pas avoir pris un parti définitif, et comptait toujours rentrer dans l'armée. Aussi, l'année suivante, lorsque Hoche revint à Paris, il se mit sous sa protection. Hoche, qui s'intéressait sincèrement à son ancien compagnon de Quiberon, le demanda au Directoire comme aide de camp attaché à sa personne ; il fallut recommencer des démarches, il y eut des commencements de promesses, des moments d'espoir, une attente toujours trop longue à son gré ; et, comme Carnot était toujours au pouvoir, il fallut

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