DEUXIÈME PARTIE
Russie, qui avait affranchi les Roumains du joug séculaire des Turcs (i).
De qui l'insurrection implore-t-elle le secours? Du Sultan, dans une adresse mémorable (2) qui se traîne aux genoux de Sa Hautesse, humilie les hommes qui l'ont signée, blesse la Patrie au nom de laquelle ils parlent, qui détonne, qui navre.
En 1878, à qui le gouvernement roumain, — à la tête duquel se trouvent deux des chefs de l'insurrection de 1848, MM. Rosetti et Bratiano, — déclare-t-il la guerre?
A la Sublime Porte.
Avec l'aide de qui?
Avec l'appui des armées du Czar!
(1) Les patriotes, sous la conduite de M. Jean Bratiano, insultèrent la Russie en brûlant sur la place publique, le 6 septembre, le règlement organique dont Kisseleff et l'Assemblée roumaine avaient doté le Pays. « Le Métropolitain sortit pour bénir cet acte. M. Jean Bratiano, chef de police, prononça un discours qui, selon le Pruncul, démontra au peuple l'importance de l'acte que l'on allait faire. » Voir VHistoire de la régénération^ par H. Radulesco, p. 296-299. Héliade ajoute ailleurs : « Cet acte ne pouvait qu'entrer dans les vues de la Russie, déjà décidée à occtcper les Principautés. »
Voir le triste rôle joué par le Métropolitain Néofîte, avant, pendant et après les événements de 1848, dans la brochure intitulée : Le Métropolitain Néofite jugé par ses actes et ses écrits, par le prince G. Bibesco. (Imp. Gôbl, Bucarest, — et Georg, Genève.)
(2) Voilà la péroraison de la protestation de la Lieutenance princière au Sultan :
« Proscrits de notre pays, nous ne saurions trouver un asile plus sûr, si ce n'est aux pieds du trône de Votre Majesté. Faites, ô magnanime Souverain, que les portes de Stamboul s'ouvrent devant nous, et que nous puissions y proclamer hautement notre dévouement, ainsi que celui du pays tout entier, à l'exception d'une faible minorité qui se trouve aujourd'hui à la tête des affaires, par la force, et qui trahit le pays et les intérêts de la Turquie !
« De Votre Majesté les plus soumis et les plus fidèles vassaux.
« J. Éliade, Ch. Tell. »
(Voir le journal : Esprit, cœur, littérature, n° 44.)