‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 110 sur 215 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Épaulette portée par le Prince, le 9 juin 1848, jour de l'attentat contre Sa vie. Trou et déchirure faits par le projectile.

La balle, avec les morceaux d'étoffe et les filigrammes d'or qui y sont restés fixés.

Cependant, affirme Héliade, en 1851, aucune balle n'' avait atteint même la voiture (i).

Tout ce qui précède nous dispense d'insister sur ce fait que les membres du comité de l'insurrection jugèrent superflu d'adresser au Chef de l'État l'expression de leur indignation, — cela n'eût été, pourtant, qu'un acte d'honnêtes gens, — et qu'ils jugèrent politique , et prudent sans doute , de ne pas inquiéter les coupables qui avaient tenté d'assassiner le Prince, voire de les récompenser dans la personne de l'un d'eux, dont ils firent immédiatement le chef de la garde nationale (2) .

Nous ne nous étendrons pas davantage sur l'intervention ^'un très petit bout de papier que le Prince aurait adressé à Maghiéro pour lui prescrire de mettre à mort cinq hommes et quatre-vingts individus révoltés (3) , accusation bouffonne à l'usage d'un certain public; en contradiction avec ces ordres émanés du gouvernement, à savoir : de assurer de S . Golesco et d' Héliade et de les envoyer à Bucarest sous bonne escorte, avec tous les égards convenables.

(1) C'est trois ans après l'attentat qu'Héliade a la simplicité d'imprimer cette déclaration.

(2) « Le Prunco rédigé par Constantin Rosetti insulte ceux qui, parmi le peuple, avaient osé faire observer que, M. C ... étant connu par ses antécédents [l'attentat) , il n'était pas prudent de lui confier le commandement de la garde nationale . — Mémoires sur l'histoire de la régénération roumaine, par Héltade Radulesco, p. 106.

Ce même personnage fut élevé quelques années plus tard au grade de général, sous le gouvernement de MM. Rosetti-Bratiano. Ce passage que nous venons de citer du livre d'Héliade prouve que lui aussi connaissait les coupables; que lui aussi se trouvait avoir sa part de complicité dans le blanc-seing que le comité insurrectionnel leur avait donné. Et voilà dans quelle situation s'est placé cet homme qui avait mis en tête de la proclamation du 1 1 juin les mots : <c Respect à la propriété, respect aux personnes » ; auquel nous tenons à rendre cette justice, — à cause même des grandes fautes qu'il a commises, — qu'il empêcha bien des excès. Héliade allègue qu'il a été trompé. Soit; mais quelle indulgence peut-il attendre de l'histoire, lui qui a trompé sciemment, qui n'a pas écrit une ligne sans calomnier le Prince Bibesco, son bienfaiteur?

(3) Mémoires sur l'histoire de la rér^'énération roumaine, par Hfliade Radulesco, p. 88. — Voir aussi Ubicini et Élias Regnault. Le premier reproduit les mots « mort à tous », entre guillemets, comme s'il faisait une citation de pièce connue; le second s'arrange de manière que l'on croie qu'il donne la pièce même.

Page 1