ÉTUDE RAPIDE DU PROJET DE CONSTITUTION DE 1848. CONCLUSION
Nous nous sommes étendu sur les mémoires destinés à justifier le mouvement de 1848, nous y avons puisé largement, parce qu'il nous a paru utile de démontrer le côté puéril, inexact et odieux de ces écrits. Puéril, parce que toutes ces pièces émanant des intéressés, laborieusement préparées par eux pour justifier leurs actes, sont devenues, au contraire, avec le temps,
— grâce aux révélations des acteurs mêmes de l'insurrection,
— des pièces à charge; inexact, car les auteurs de ces pamphlets les ont écrits avec le parti pris de mettre un bâillon à la vérité historique; odieux, parce que pour atteindre leur but ils ont choisi comme victime expiatoire de leurs péchés l'homme qui avait droit à leur reconnaissance, à leur respect, l'Elu de 1842, Bibesco, auquel la nation devait offrir de nouveau la couronne en 1 858-1 859 (i) et dont les hommes de 1848, et leurs alliés les Ghica, surent empêcher l'élection en jetant la terreur parmi les députés.
Il nous reste, pour terminer cette étude sommaire, à faire connaître le programme de 1848, ce cheval de bataille que les hommes du 1 1 juin ont légué à la postérité^ et sur lequel leurs ombres traversent encore, parfois, les rangs des jeunes générations croyantes, comme pour leur rappeler ces mots d'Héliade : Voilà les actes de la révolution : à défaut de ce qu'elle a fait, jugez ce qu'elle a voulu faire (2).
(1) Voir XÉNOPOL. Voir à la troisième partie pièce inédite trouvée dans les papiers du Prince.
(2) Mémoire sur la Révolution roumaine, par Héliade Radulesco, p. i.