‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 131 sur 215 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

vées dans ses caisses après le départ du Prince Bibesco, et les pertes occasionnées par l'occupation étrangère , pendant les années 1850 et 1851 (i).

Cette convention, signée le i" mai 184g entre l'Empereur de Russie et la Sublime Porte, enlevait à la Nation roumaine son droit souverain, — reconnu par le traité d'Andrinople, — d élire ses Princes à vie ; les Cours impériales convinrent que S. M. le Sultan les nommerait d' après un mode spécial, concerté pour cette fois entre les deux Cours, et pour sept années seulement . Les assemblées ordinaires et extraordinaires de boyards étaient suspendues, pour avoir donné, plus d^une fois, lieu à des conflits déplorables, pour s'être livrées à des actes d'insubordination ouverte. Leurs fonctions délibératives étaient provisoirement confiées à des conseils ou Divans ad hoc ^ formés des boyards les

(i) Dette de 19,066,040 piastres, dette créée à la Vestiairie par l'insurrection.

3,000,000 — payés par le Prince Stirbei à la Russie. Soit : 22,066,040 piastres {Bul off, de 1856, n" 17; Bul. off. de 1856, n" 81), auxquels il faudrait ajouter les économies laissées par le Prince Bibesco dans les caisses de l'État, « qui avaient été vidées par le gouvernement de l'insur' rection de 1848 ». (Voir Etat de l' administration et des services publics de la Principauté de Valachie en juin 1852, p. 2. — Voir également p. 345 de ce volume.) C'est environ 26 ou 27 millions que l'insurrection aura coûté au pays, si on ajoute aux sommes précédentes les pertes occasionnées par l'occupation étrangère, pendant les années 1850 et 1851.

M. Constantin Bâlcesco reconnaît dans la Romania Viitoare (1850) que la dette de l'État est d'environ 18 millions. Mais il n'impute au compte du gouvernement provisoire que 1,126,675 piastres 4 paras, à savoir : 777,610 piastres 30 paras prises aux caisses communales, et 349,064 piastres 37 paras prises au Trésor. Il invoque, à l'appui de ces calculs, cette raison que les autres dépenses et frais d'occupation doivent incomber à la réaction, tout comme si l'insurrection n'avait pas été la cause de l'invasion étrangère et des malheurs qui ont suivi.

Les personnes les plus honnêtes d'entre celles qui ont été mêlées à l'insurrection ne sauraient parler avec autorité des finances, par cette raison qu'il a existé dans les comptes du gouvernement d'alors la même a^îarcAzV que dans la politique. M. Jean Ghica nous apprend qu'il y avait de l'argent du gouvernement chez le consul d'Angleterre, M. Colghun ; qu'il en avait lui-même; que M. C. Bâlcesco avait remis 3,000 ducats à Héliade, étant à Sibiu; M, N. Mandrea écrit, que des sommes furent confiées à A. Golesco, Voinesco, Jean Bratiano ; qu'on prit l'argent des fonds publics à titre d'aide pour la propagande » {Convorbiri, p. 899 et année 913, année XXVI) ; et M. Bâlcesco avoue que l'on donnait une rétribution mensuelle à des centaines de commissaires envoyés dans les provinces pour soulever le peuple...

RÉSUMÉ SUCCINCT

plus notables et les plus dignes de confiance^ et de quelques membres du haut clergé. Les attributions principales de ces conseils étaient V assiette des impôts et l'examen du budget annuel dans les deux Provinces . (Art. i".)

Une partie des troupes russes et ottomanes occupant le Pays devaient continuer à y ^^^omttvç^x jusqu à la consolidation du repos intérieur des deux Provinces . (Art. 4.)

Pendant la durée de l'occupation, les deux Cours feraient, chacune, résider dans les Principautés un commissaire extraordinaire chargé de diriger la marche des affaires^ et d'offrir en commun, aux Hospodars les avis et les conseils, chaque fois qu'ils remarqueraient quelques abus graves ou quelque mesure nuisible à la tranquillité du Pays. (Art 5.)

La durée de la convention était fixée à sept ans, aux termes desquels les deux Cours se réservaient d'aviser aux mesures les plus propres à assurer, pour un long avenir, le bien-être et la tranquillité des deux Provinces. (Art. 6.)

Voilà en résumé (i) ce que valait à la Roumanie le mouvement régénérateur du 11 juin 1848.

Dès que la convention fut signée, la Porte s'entendit avec la Russie pour nommer les Princes de Valachie et de Moldavie. Leur choix se fixa sur Barbo Stirbei, frère aîné du Prince Bibesco, et sur Grégoire Ghica, qu'ils installèrent pour sept années, le premier en Valachie, le second en Moldavie. — Le Prince M. Stourdza, qui régnait à Jassy, fut contraint, par la Porte, à se retirer.

Les nouveaux Princes durent gouverner, pendant toute la durée de leur règne, avec la présence, — dans leur Pays, — de troupes étrangères et l'installation dans la capitale, — jusqu'à la fin de 1853, — de deux commissaires extraordinaires, l'un

(i) Voir la Convention de Balta-Liman diU t. I"', p. 439, 440, 441, et t. II, p. 490.

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