‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 136 sur 215 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« 13" Liberté de conscience pour toutes les religions exis- « tantes;

« 14° Droit accordé à tout étranger professant la religion a chrétienne de devenir propriétaire dans le pays ;

« 15'' Admission, dans la famille roumaine, de tous les étran- « gers qui auraient acquis des propriétés foncières dans le pays, « ou qui auraient donné des preuves d'une conduite irrépro- « chable pendant un long séjour dans les Principautés et s'y « seraient rendus utiles par l'exercice de quelque industrie ou de « quelque profession honnête ;

(( lô** Soumission de tous les étrangers aux lois du pays.

« Tels sont, en peu de mots les vœux, des Roumains.

« Tels sont les droits qu'ils réclament et les avantages qu'ils « veulent en tirer.

« Nous demandons maintenant à tout homme impartial s'il y trouve l'ombre d'une arrière-pensée qui pourrait menacer le repos d'un Etat quel qu'il soit?

« Espérons donc que les quelques lignes que nous venons de tracer dans toute la sincérité de notre cœur suffiront pour détruire, à jamais, la méfiance injuste dont nous avons été jusqu'à présent l'objet, et qu'elles nous concilieront les sympathies de toutes les Puissances qui ont pris notre cause en main.

« Espérons aussi, et ce n'est pas le moindre de nos vœux, qu'aucun de nos compatriotes n'y verra le moindre privilège réservé à une classe, au détriment d'une autre classe, et qu'ainsi ce programme , cette profession de foi de tous les Moldo-Valaques deviendra le drapeau de ralliement de tous les hommes sages et bien intentionnés de notre pays, et que tel sera l'acte, solennellement accepté par tous, avec lequel les Roumains se présenteront aux commissaires, dont l'arrivée est attendue avec une fiévreuse impatience. »

RÉSUMÉ SUCCINCT

Quand la commission arriva dans les Provinces Danubiennes, elle y trouva installés comme caïmacami (gouverneurs) : en Moldavie, Michel Vogoridès (i), et en Valachie, Alexandre Ghica(2), l'ancien Prince déposé par la Porte en 1842. — Ces deux nominations avaient été faites par la Turquie après l'expiration des sept ans de règne des Princes Stirbei et Grégoire Ghica, le I" juillet 1856 (3).

Opposée à l'union des deux Principautés avec un Souverain unique, but de toutes les aspirations roumaines, la Turquie, d'accord avec l'Autriche, combattit les dispositions bienveillantes de Napoléon III et mit tout en œuvre, comme nous le verrons par une lettre publiée plus loin, pour que les vœux des Roumains ne fussent pas exaucés.

Entre temps, un homme fixé à Paris avec sa famille, bien vu de l'Empereur, qui prenait plaisir à causer avec Lui du pays roumain, vers lequel allaient ses sympathies, intime avec Drouyn de Lhuys et Walewski, s'occupait avec ardeur de Son pays et usait de toute Son influence pour faire adopter l'idée d'union à laquelle , pendant Son règne , Il avait travaillé sans relâche et avait fait faire le premier pas (4). Cet homme était le Prince Bibesco.

Les apôtres de 1848 et les fidèles de la légende ont imaginé que l'Empereur avait soutenu, — au Congrès de Paris, — l'idée de l'union des Principautés avec un Prince étranger, parce que cette idée avait été répandue en France par les exilés^ Mais est-il admis-

(1) N. Vogoridès avait succédé à Th. Balche, qui avait remplacé comme caïmacam le Prince régnant Grégoire Ghica, et qui était mort trois mois après.

(2) Le firman de nomination du caïmacam est du 3 juillet 1856. {B^dl. off. n» 56, 17 juillet.)

(3) L'office par lequel le Prince Stirbei remet ses pouvoirs au conseil administratif est signé de Pitesti, 25 juin/7 juillet 1856.

(4) Voir dans ce volume, p. 136, 216 et 240.

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