TROISIÈME PARTIE
rai. de plusieurs chefs de section et de tous les receveurs de district . et mis la question financière . restée sans con-
départ du Prince, que 777,000 piastres : ils n'avouent avoir trouvé, en outre, dans la caisse du Trésor, que 349,064 piastres 37 paras. Nous n'avons pas à les suivre dans les accusations de dilapidations qu'ils portent les uns contre les autres ; notre but est simplement de faire connaître ce que l'insurrection a coûté financièrement à la Valachie. Pertes insignifiantes, dit la légende : pertes considérables, répondent les chiffres inexorables du Moniteur.
La situation financière justifiée par le Prince Bibesco en 1847 (i), et celle de 1848 (2), accusaient, d'une part, l'absence de toute dette, d'autre part, des excédents dans la caisse du Trésor, dans celles des différentes institutions publiques, et dans les caisses communales. Que sont devenues toutes ces sommes? Il est répondu à cette question dans le travail remarquable intitulé : État de l'administratio7i et des services publics de la Principauté de Valachie en jtiin 18^6, — travail dû au Prince Stirbei, — par ces mots : <( les caisses communales avaient
ÉTÉ, ON le sait, vidées PAR LE GOUVERNEMENT INSURRECTIONNEL DE 1848. »
Il reste à établir le chiffre des dépenses occasionnées par l'insurrection de 1848. Les actes émanant du Prince Stirbei et du Caïmacam Prince A. Ghica nous édifient sur cette question. Le rapport du Divan de 1856, rappelant le rapport de 1851, n'- 347, constate que la dette du Pays, résultant des événements
DE 1848 et CONSTATÉE A LA FIN DE 1849, ÉTAIT DE 19,063,749 PIASTRES (3).
Ce chiffre représente la dette laissée par l'insurrection. Nous verrons plus loin l'ensemble des dépenses qu'elle a occasionnées.
Si on ouvre le Bulletin officiel de 1856, n"* 2 et 17, on se rend compte des difficultés énormes contre lesquelles le Prince Stirbei, en prenant le pouvoir, a eu à lutter. En 1855, par suite de l'occupation, les prévisions du budget, au point de vue des dépenses, sont dépassées de plus de quatre millions. Toutefois l'exercice n'offre qu'un déficit de 2,256,748 piastres 29 paras. — Le budget de 1856 couvre ce déficit et fait espérer un excédent de 2,738,580 piastres.
En dépit de difficultés de toute nature, et d'un payement à la Russie de trois millions pour l'occupation de 1848-1851, le Prince Stirbei se trouve avoir payé au commencement de 1855, — sur la dette occasionnée par l'insurrection de 1848, soit 19,063,749 piastres. — la somme de 14,430,536 piastres, et n'avoir plus à éteindre que la somme de 4,633,213 piastres. Malheureusement l'occupation de 1853 avait greffé une autre dette de 25,988,459 piastres sur la précédente.
Comment Stirbei avait-il réussi à payer plus de 2,256,748 piastres en 1855, et comment espérait-il réaliser pour 1856 un excédent supérieur encore à cette somme ? Est-ce par un emprunt ? Non ; de même que Michel Stourza de Moldavie (4), il préféra attendre tout de l'avenir. D'une part, il rétablit l'ordre et l'économie dans les finances, augmenta ainsi ses ressources, mit, pour cause de guerre, un impôt de deux dixièmes additionnels à percevoir pendant quatre ans sur les propriétaires et les paysans; d'autre part, pour faire face aux nécessités présentes, il fit, — avec le concours du Divan, — un emprunt aux caisses
(1) Voir p. 344 et partie de ce volume.
(2) Voir p. 344 et 347 de ce volume.
(3) Voir « Rapport de 1851, n*» 347 », et « Etat de radministration et des services publics de la Principauté de \'alachie en juin 1S56 ».
(4) Voir t. I*^"" de cet ouvrag^e.
RÉSUMÉ SUCCINXT.
trôle, dans le même désordre que l'administration civile (i)
« Il a destitué les conseils municipaux, en violant l'article 2 de la loi de 1831 qui a donné à ces conseils une durée de deux ans, et en faisant procéder, avant l'expiration du terme de leur existence légale . à des élections nouvelles faites sous son influence (2)
« Il a destitué par l'office n^' 123 (3) les membres de la curatelle des orphelins qui en surveillent et administrent la fortune.
« En même temps :
publiques, dont l'avoir ne se montait pas à moins de 24,239,478 piastres. Il emprunta également les dépôts remis au Trésor par les particuliers.
Le 12 octobre 1856 {Btdl. off. n" 81), le Caïmacam constate que l'État doit :
Aux caisses publiques 21,871,307 piastres 28 paras.
Plus les dépôts des particuliers 5)343,236 — 5 —
27,214,543 piastres 33 paras.
Si bien que ces caisses n'avaient plus en numéraire à la fin d'août, déduction faite de leurs dépenses, qu'un million et demi de piastres. Le 21 août 1856, en défalquant l'argent des dépôts du numéraire qui se trouvait au Trésor, celui-ci ne pouvait plus disposer que de 230,158 piastres 30 paras. En outre, de l'excédent prévu par le Prince Stirbei pour 1856 il fallait retrancher 418,972 piastres 20 paras, prévus en trop au fonds des Bohémiens, et qui ne pouvaient entrer dans la caisse de ces derniers, en raison de leur émancipation graduelle. Il faut ajouter que les dépenses pour 1856 ont dépassé de 8,389,016 piastres 30 paras les prévisions budgétaires. Devant cette situation, le Caïmacam Prince Ghica continua les mesures arrêtées par le Prince Stirbei, et jugea même utile de suspendre le travail des chaussées. (Voir à l'Appendice Z,é'5 finances de 1856 à 185g.)
L'occupation de 1853 a été incontestablement une des causes du trouble jeté dans les finances, et on n'en saurait faire remonter la responsabilité jusqu'aux auteurs du mouvement du 1 1 juin; mais il est de toute justice de reconnaître qu'ayant été la cause de l'occupation, qui a duré de 1848 à 1851, c'est à eux qu'incombe le premier déficit de 19,063,749 piastres.
A ce déficit de 19,063,749, il faut ajouter les 3,000,000 que le Prince Stirbei a payés à la Russie pour l'occupation de la Principauté, ce qui porte à 22,066,040 le déficit occasionné à la caisse de l'État, sans compter les frais d'occupation des années 1850 et 1851 et les sommes laissées par Bibesco, qui peuvent s'élever ensemble à 3 ou 4 millions. En résumé, l'insurrection de 1848 aura coûté au Pays, au bas mot, 26 millions (i).
(1) Voir Bull. off. 73, 14 septembre 1856.
(2) Parmi les différentes nominations de magistrats (maires), citons le décret I du 4 janvier 1857.
(3) Voir la note 3 de la page 489.
(i) Etat de l'.Administration... en juin 185G, p. 2 de cette brochure.