QUATRIÈME PARTIE
Que doit-elle à l'Autriche ? Le souvenir douloureux de tout ce que cette Puissance lui a pris, sans rien lui donner : les quatre millione de Roumains, de Transylvanie, de Bucovine et du Banat, dont une partie subit en dépit de ses droits (i) les iniquités du chauvinisme hongrois.
Que devons-nous à la Russie ? Nos chaînes brisées en 1829; l'organisation des Principautés danubiennes par Kisselefï, leur union en faveur de laquelle la diplomatie du Czar a combattu, en 1858, de concert avec la France (2), contre l'Autriche et la Porte; nous lui devons d'avoir pu montrer à l'Europe, en 1877, aux côtés de ses soldats, la vaillance des descendants des légions trajanes, et d'avoir été pour elle, — souvenir auquel se mêle un légitime orgueil, — des auxiliaires utiles, des alliés fidèles.
A la vérité, la Russie a repris la Bessarabie méridionale, dont le traité de Paris l'avait dépossédée ; elle a permis que le Congrès de Berlin fît à la Roumanie, de l'acceptation delà Dobroutcha, —
de l'État (tabacs, sel, allumettes), et augmenter son revenu, en l'espace de six ans, de six millions. — Il a créé en outre une flottille commerciale qui fait participer la Roumanie d'une façon effective à la souveraineté du Danube.
(1) Voir le remarquable mémoire (la Réplique) des Roumains de Transylvanie.
(2) « Le comte Kisseleff, représentant de la Russie, dit que les Divans ont été convoqués pour exprimer les vœux des populations et qu'ils se sont acquittés de ce soin en se prononçant à la presque unanimité en faveur de la réunion des Principautés sous un Prince étranger; il croit ces vœux rationnels, légitimes, et il considère leur réalisation comme nécessaire pour assurer le bien-être futur des populations moldo-valaques. Il ajoute qu'il l'a cru autrefois, qu'il le croit encore, et que son gouvernement est prêt d'adhérer à la réunion, si la conférence veut l'adopter, d — Prot. n" i, séance du 22 mai 1858.
Nous ne saurions choisir meilleure occasion pour rappeler le très intéressant chapitre VIII du Règlement organique dans quelques-uns de ses articles.