‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 169 sur 215 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

offerte en compensation de la Bessarabie, — une condition de son indépendance ; qu'il ne lui donnât pas Silistrie et ses positions, — c'est-à-dire les clefs de la Dobroutcha, — et qu'il lui refusât une frontière stratégique, tandis qu'il avait assuré avec une sollicitude marquée celles de la Bulgarie, de la Roumélie, de la Serbie et du Monténégro (i).

Nous avons , à cette époque , énergiquement protesté par la plume , au nom du Pays roumain , contre les décisions du Congrès (2) . Mais , si la Russie a retiré ses sympathies à la Roumanie après la guerre, à qui la faute? Pourquoi le Cabinet roumain n'a-t-il pas protesté, avant la guerre, contre la volonté exprimée par l'empereur Alexandre de reprendre la Bessarabie? Le général Ignatief n'était-il pas parti en mission, avant le commencement des hostitilités, dans le but de pressentir les grandes Puissances sur le désir de Sa Majesté? Ce projet n'était-il pas de notoriété publique? M. J. Bratiano pouvait-il l'ignorer? L'ignora-t-il? Non. — Et au Congrès de Berlin, pourquoi a-t-il pris la parole malgré les avertissements du prince de Bismarck qui ne lui avait pas caché que le Czar faisait de la reprise de la Bessarabie une question d'honneur pour la Russie , que toute protestation de la part du gouvernement du Prince Charles , devant le Congrès , serait blessante pour le Czar et nuisible à la cause roumaine, tandis qu'une entente avec son ancienne Alliée vaudrait à la Principauté des compensations inespérées? A quel mobile les hommes d'État roumains ont-ils cédé en prenant , quand même , une attitude fatalement compromettante pour les intérêts de leur pays dans le présent et dans l'avenir?

Notre diplomatie avait assurément le devoir de mettre tout en

(1) Voir VHistoire d'une frontière, par le Prince Georges Bibesco, pages 127, X28, 129 et 130. — Pion, édit. Paris.

(2) Histoire d'une frontière, page 123 et de la page 130 à la page 140, par l'auteur du présent ouvrage. Voir Politique, Religion, Duel, du même auteur, aux pages 49 et 50, les Lettres adressées au Prince de Bismarck, à M. Challemel- Lacour, ministre des affaires étrangères de France, et à lord Granville. — Voir à l'Appendice.

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