Dettes
D'où il résulte au 31 décembre 1858 un déficit de piastres .
Ces comptes ont été envoyés au Président de la Chambre législative avec une Adresse du Ministre du contrôle. (29 juillet 1861, n" 1037.)
APPENDICE
Le Prince Georges Bibesco à S . A. le Prince de Bismarck, grand chancelier de V Empire d^ Allemagne .
Mon Prince,
J'ai pris la liberté de vous faire adresser directement V Histoire d'une frontière, étude que je viens de publier.
Votre Altesse a si bien enseigné au monde comment il fallait aimer et défendre son pays, qu'Elle comprendra, j'en suis certain, que j'aie tenté de défendre le mien dans la mesure de mes forces.
Je souhaite ardemment, mon Prince, que Votre Altesse ne fasse pas mauvais accueil à mon nouveau-né.
Agréez, mon Prince, etc. - G. Bibesco.
Le Prince Georges Bibesco à S. Exc. le Ministre des affaires étrangères de France, M. Challemel-Lacour.
Monsieur le Ministre,
Vous avez dû recevoir, dès le lendemain de sa publication, mon livre, V Histoire d'une frontière.
Je m'estimerais heureux si le Ministre des affaires étrangères de France trouvait le temps de parcourir ce volume, où sont traitées les questions soumises actuellement à la Conférence de Londres.
En lisant VHistoire d une frontière, Votre Excellence se convaincra aisément que la situation faite à la Roumanie en Orient est actuellement pleine de périls. Ce petit État est en l'air, sans défense contre les attaques que tout facilite. Doit-il donc cesser d'être le poste avancé du continent occidental, chargé de maintenir la liberté, la neutralité, la sûreté, — dans sa partie la plus essentielle, — de cette route commerciale du centre et du sud-est de l'Europe?
Je sais que la politique a de terribles exigences; mais si cela arrivait, l'Europe occidentale aurait certainement à le regretter un jour, trop tard peut-être !
Dans la situation où nous nous trouvons. Monsieur le Ministre, je conserve l'espoir que la France n'abandonnera pas mon pays. Il est, hélas! bien isolé, mais il est bien vivant, il est vaillant, il est en état de rendre d'utiles services à l'Europe.
Agréez, etc. G. Bibesco.
APPENDICE
Le Prince Georges Bibesco à lord Granville ,
MlLORD,
J'ai eu l'honneur de vous faire adresser de Paris, où il vient d'être publié, mon livre, V Histoire une frontière.
Les hommes d'État anglais ont défendu au Congrès de Berlin les légitimes espérances de la Roumanie avec une sympathie trop marquée, avec une hauteur de vues trop remarquable, pour que je ne sois pas autorisé à espérer, pour mon ouvrage, un accueil favorable de la part du chef éminent du département des affaires étrangères de la Grande-Bretagne.
Je m'estimerais heureux, Milord, si Votre Excellence trouvait un moment pour lire quelques-unes des pages de mon travail. Elles l'éclaireraient sur le but de sa publication.
Il n'est pas trop tard pour que les grandes Puissances de l'Occident veuillent bien prendre en considération la situation difficile et dangereuse créée à la Roumanie par le traité de Berlin, et chercher à conjurer les périls qui menacent l'Orient, et que l'état de faiblesse des frontières de mon pays rend plus graves.
Je recommande V Histoire d'une frontière à la haute bienveillance de Votre Seigneurie, et je la prie d'agréer l'expression de ma très haute considération.
G. Bibesco.
M. Bron, D. M., à S. A. S. Georges-Démètre Bibesco, Prince régnant de Valachie.
M. Bron dénonce au Prince le factum Billecoq qui s'imprime à Bruxelles.
Bruxelles, 5 août 1847.
Monseigneur,
Je tiens dans mes mains, par une sorte de hasard providentiel, les fils d'une trame ourdie dans le but évident de Vous renverser de la haute position que vous occupez.
Voici de quoi il s'agit : en ce moment, il s'imprime mystérieusement, à Bruxelles, une brochure assez étendue, dont l'auteur (i) reste inconnu, même de l'imprimeur, et dont je suis parvenu à me procurer un assez
(i) L'auteur inconnu de ce factum était M. Billecoq. Nous avons fait justice, au cours de cet ouvrage, de cet écrit méprisable.
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grand nombre d'épreuves. Dans ce factum on expose, sous le jour le plus partial et le plus odieux, tous les actes de votre administration, depuis votre avènement à la Principauté de Valachie jusqu'au moment actuel. Ce n'est pas tout ; toutes les malversations, tous les abus qui ont pu être commis sous votre règne vous sont injustement reprochés, et cela, sans tenir compte des difficultés de votre position et des habitudes enracinées de corruption que la domination ottomane a, depuis des siècles, infiltrées dans les mœurs comme dans presque toutes les branches de l'administration de ce pays.
Dans cette diatribe, l'indécence des attaques ne le cède qu'à la virulence du style. Rien n'y est respecté, ni votre caractère personnel, ni les détails intimes de votre vie privée.
Les faits vrais ou faux y abondent ; on y descend même jusqu'aux commérages les plus insignifiants, les plus vulgaires, mais toujours en les travestissant sous les couleurs les plus noires.
Ce pamphlet, Monseigneur, car ce n'est pas autre chose, ne peut être considéré comme une simple spéculation de librairie ; ce n'est évidemment qu'un acte de vengeance ou de rivalité, l'un et l'autre peut-être, destiné à ameuter contre Vous, non pas tant encore l'opinion publique que les Cours étrangères et particulièrement la Russie, à laquelle cette brochure est spécialement adressée. L'exagération passionnée et le ton constamment acrimonieux de cet écrit pourraient certes n'exciter en Vous que le mépris et le dégoût, si l'audace et l'importance des accusations n'étaient de nature à entraîner des conséquences graves. L'auteur paraît en effet opiniâtrément résolu à ne reculer devant aucune considération, devant aucun sacrifice. A la fin de sa brochure, il annonce l'intention de revenir à la charge tant que son but n'aura pas été atteint. C'est en un mot un duel à mort auquel il Vous provoque.
Sans avoir eu l'honneur d'être présenté à Votre Altesse, les relations amicales que j'ai nouées, pendant un séjour récent en Valachie, avec plusieurs boyards éclairés, et notamment avec le colonel Philippesco, m'ont mis à même d'apprécier les qualités éminentes de Votre Altesse ; d'un autre côté, l'étude que j'ai faite des moeurs du pays, des privilèges des boyards, des exigences politiques extérieures qui y dominent, m'ont donné la clef des difficultés de tout genre qui entravent l'action d'un Prince de Valachie, quel qu'il soit, chaque fois qu'il cherche à faire le bien. C'est en pesant ces raisons, et sous l'impression d'un sentiment d'indignation et de justice révoltée, que je me suis spontanément décidé à Vous avertir de ces menées ténébreuses et à amortir, si ce n'est à parer, le coup qu'on prétend Vous porter. Si, prenant ainsi sur moi et sans autorisation de Votre part la responsabilité d'une semblable démarche, j'encours le reproche d'indiscrétion, Vous aurez égard, Monseigneur, j'en
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suis persuadé, aux motifs qui me dirigent, et à l'urgence des circonstances qui, selon moi, ne permettent aucun retard, aucune hésitation.
Pour atteindre le but que je me propose, voici le plan que j'ai adopté : je réunis tout ce que je puis recueillir d'épreuves de la brochure; je les emporte avec moi; j'accélère mon départ pour Bucarest en m'embarquant, si possible, sur le bateau qui part de Vienne le 14 courant; puis, si Vous daignez m'accorder une audience, je Vous communiquerai ces matériaux, dont Vous ferez tel usage qui Vous conviendra.
En attendant, j'ai cru bien faire en avertissant M. votre fils, pour le cas où il serait actuellement à Paris, afin qu'il se rende immédiatement à Bruxelles et s'y concerte avec des personnes capables, discrètes et dignes de confiance, auxquelles je l'adresse . Là, ils aviseront ensemble aux moyens de retarder la publication de cet écrit, pour vous laisser le temps d'en préparer la réfutation. Ce sont des écrivains d'infiniment d'esprit et de talent, qui disposent d'une partie de la presse française et belge, et qui se chargent de foudroyer dans divers journaux cette production dès l'instant de son apparition, avec l'arme du ridicule d'abord (car elle y prête à plus d'un endroit), en attendant que Vous jugiez à propos de leur fournir, soit directement, soit par mon intermédiaire, des notes suffisantes pour une réfutation sérieuse et complète.
Au moment de terminer ma lettre, j'apprend que l'on a vu ici, les jours derniers, une personne qui habite Bucarest depuis plusieurs années et qui, si je ne me trompe, est chargée de donner ses soins à cette publication. Son nom, que je dirai de vive voix à Votre Altesse, si elle le désire, ne fait que convertir en certitude les conjectures que déjà j'avais faites m petto, et sur les auteurs, et sur le but de ce complot.
J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, Monseigneur, de Votre Altesse Sérénissime, le très humble et très obéissant serviteur,
Bron, D. m.
S.A. S . le Prince Bibesco à S. Exc. le comte Kisseleff.
« Les dépenses que j'ai été obligé de faire à Constantinople sont en effet très considérables, personne ne le sent plus vivement que moi. Mais je puis aussi affirmer que tout autre, placé dans les mêmes circonstances, ne s'en serait pas tiré à meilleur prix.
« Le moyen, en effet, de se soustraire aux exigences, sans fin, qui commencent au premier maître et finissent au dernier des esclaves, alors surtout que l'on se trouve à leur discrétion? C'est un vice qui a passé dans
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les mœurs, et que les traités et les stipulations ne parviennent pas à détruire, aussi longtemps que durera l'Empire Ottoman. Résister plus que je ne l'ai fait, c'eût été m'exposer à être éconduit d'une manière fort peu agréable, ce qui aurait pu ne me toucher guère, si la bienveillance de la Porte était chose indifférente aux intérêts du pays et à la position du Prince. Mais celui-ci, pour s'épargner les mille et une tracasseries qu'on lui susciterait , est obligé non seulement de se rendre la Porte favorable pendant son séjour à Constantinople, mais encore d'entretenir par de nouveaux sacrifices, souvent réitérés, Ses bonnes dispositions ainsi que celles des pachas riverains. Sous ce rapport, et en considérant les avantages (i) qui en sont résultés pour le pays, je n'aurais qu'à me louer des sacrifices que j'ai faits, si ma position individuelle n'était devenue fort embarrassante.
« Le Prince Ghica, quoique arrivé au pouvoir dans d'autres circonstances, s'est pourtant trouvé dans de meilleures conditions, car alors, à Constantinople, il n'y avait qu'une seule volonté qui dirigeait tout, et lorsqu'on était parvenu à se La concilier, on pouvait sans inconvénient négliger le reste. Tandis qu'aujourd'hui, à côté de la volonté du Maître, il y en a cent autres non moins prétentieuses. Cependant, la somme dépensée par mon prédécesseur a été tout aussi forte, et la subvention qui lui a été accordée est montée à 14^,000 ducats, car il ne faut pas confondre les dixièmes additionnels consentis la première année de l'administration de ce Prince, pour suppléer à l'insuffisance des revenus de l'État, avec ceux accordés en 1838, à titre de subvention purement personnelle, qui ont fourni la somme de 120,000 ducats, non y comprise celle de 2^,000 qu'il avait déjà touchée à ce même titre sur la caisse de réserve.
Ne croyez pas, Monsieur le Comte, que je veuille me prévaloir ici des antécédents du Prince Ghica. Si je cite ces circonstances, c'est uniquement pour rétablir quelques faits. »
DISPOSITIF DU FIRMAN POUR LA CONVOCATION DES DIVANS (aD HOC) EN VALACHIE ET MOLDAVIE, ARRÊTÉ DANS LA SÉANCE DE LA COMMISSION d'enquête du 13 JANVIER 1857.
A Alexandre Bey-Cahnacam de Valachie .
De même que notre gouvernement s'est appliqué, en tout temps, à conserver entièrement les privilèges spéciaux octroyés ab antique par la
(i) Traité de commerce.
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Porte Otlomane à chacune des Provinces de Valachie et de Moldavie qui iont partie intégrante de notre Empire, et à mettre ses soins à augmenter et à étendre le bien-être des populations, nous avons aussi voulu, comme une marque de nos sentiments de haute équité pour tous les habitants de nos États en général, tout en conservant les anciens privilèges des habitants des deux Provinces, faire reviser et améliorer les règlements organiques intérieurs de chacune des deux Provinces, afin de compléter et d'assurer le bien-être de toutes les classes de leurs habitants. Attendu que, d'après les dispositions du traité de paix générale qui vient d'être heureusement conclu entre mon Gouvernement et les Hautes Puissances européennes, les droits sacrés de la Suzeraineté de la Sublime Porte ayant été confirmés et consolidés, et les anciens privilèges dont jouissaient les deux Provinces ayant été reconnus et maintenus par notre gouvernement, il a été stipulé qu'un Divan ad hoc sera formé par nous dans chacune des deux Provinces, pour connaître les vœux des populations, afin de modifier et améliorer les règlements intérieurs desdites deux Provinces. Ces Divans seront constitués dans une forme qui garantisse les intérêts de toutes les classes de la population. Le résultat des délibérations sera soumis à une commission composée d'un délégué nommé par nous et des délégués envoyés par les Hautes Puissances contractantes : après avoir été scrupuleusement examinée dans cette commission, l'affaire, sur le rapport des commissaires, sera discutée entre notre Sublime Porte et les Hautes Puissances. Comme il est stipulé dans le traité susmentionné que le Règlement organique, qui devra être dressé avec l'entente de notre Sublime Porte, sera donné à chacune des deux Provinces par un Hatti- Houmaïoum émanant de nous ; attendu que notre volonté impériale est d'obtenir le plus tôt possible les renseignements et informations nécessaires touchant les améliorations recherchées, en convoquant immédiatement ces Divans ad hoc; et que Méhémed Essad-Safet Moustéchar, conseiller au Grand Vizirat, l'un des dignitaires de notre gouvernement, a été désigné comme délégué de la Porte Ottomane ; et que, d'autre part, les délégués des Hautes Puissances ont été aussi désignés pour se joindre audit commissaire ; ces Divans, afin d'être formés conformément au principe que, leres pect du à l'autorité suzeraine étant la base de leurs opérations, les réformes dont chacune des deux Provinces a besoin, quant à ses règlements intérieurs , puissent être conformes aux intérêts des différentes classes de la population, et qu'ils puissent connaître les vœux de chaque classe d'habitants, doivent être convoqués selon les règles suivantes :
I. — Outre le Métropolitain et les évêques de chaque Province, qui doivent être membres du Divan, les administrateurs des biens ecclésiastiques choisiront trois d'entre eux, et les prêtres, en dehors du Métro-
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politain et des évêques, choisiront également trois d'entre eux, pour être membres du Divan.
II. — Les Boyards de première classe se réuniront au siège du Gouvernement ; ils nommeront entre eux, parmi les personnes dont la noblesse remontera jusqu'au grand-père au moins, dix-sept membres pour faire partie du Divan.
III. — A l'exclusion des Boyards de première classe, et afin qu'il y ait un membre pour chaque district, tous les propriétaires dont les biens seront libres de toute hypothèque ou engagement quelconque, possesseurs de cinq cents falches (i) de terrain dans l'intérieur du district, se réuniront au chef-lieu pour y élire l'un d'entre eux. La classe des propriétaires sera représentée, de la sorte, par dix-sept membres dans le Divan.
IV. — Toutes les classes d'artisans et d'industriels devant nommer cinq membres dans la ville siège du Gouvernement, six autres membres dans les deux grandes villes de second ordre, et six dans les six villes de troisième ordre, les individus membres de chaque corporation absolument indigènes et ne relevant d'aucune nationalité ou protection étrangère (qui sont de premier et de deuxième ordre, et qui payent l'impôt de patente de première classe) choisiront parmi eux deux électeurs pour leur corporation. Les derniers se réuniront dans la ville où ils se trouvent, et choisiront parmi eux les membres qui seront nommés pour cette ville. Les corporations seront ainsi représentées par dix-sept membres au Divan.
V. — Afin qu'il soit aussi nommé dans chaque district un membre de la classe des paysans, ils éliront, dans chaque cercle subdivision du district cinq personnes parmi les possesseurs de terres rendant un revenu annuel de trois cent cinquante piastres au moins (115 fr. 50), lesquels propriétaires sont désignés dans le langage du pays sous le nom de mochnéni; s'il n'y a pas dans le cercle de propriétaires jouissant d'un tel revenu, on les prendra parmi ceux qui ont le plus fort revenu au-dessous de ce chiffre ; ces personnes ainsi élues se rendront au chef-lieu du district, et là, elles désigneront l'une d'entre elles pour représenter le district ; de la sorte les pa3'sans seront représentés par dix-sept membres au Divan.
VI. — Il a été décidé que tous les membres en général devront être âgés de trente ans au moins et jouir de tous les droits civils.
Quant aux discussions, les membres de chaque classe se constituant séparément en comité dans le local consacré aux Divans, sont autorisés à discuter, tant sur la généralité des règlements intérieurs de la Province que sur les vœux de leur propre classe; seulement chaque comité exposera le résumé de ses discussions et de ses considérations à l'Assemblée générale des Divans. Ces Divans, étant chargés seulement d'exprimer des
(i) La falche vaut i hectare 431,295.
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vœux qui seront examinés d'abord dans la commission composée du délégué de la Porte et des commissaires des Puissances signataires et discutés ensuite entre notre Sublime Porte et les cours alliées, et l'opinion et l'avis des Divans ne devant pas être dans la forme définitive, tant les considérations qui seront exposées après discussion dans les comités des ntembres de chaque classe que les résultats des discussions de l' ensemble ^ seront présentés à la Commission par des exposés séparés.
Les membres de ces Divar^s n'ayant pas le droit de donner isolément leurs avis aux membres de la Co?nmission, les rapports seront transmis officiellement par le président du Divan au président de la Commission. Telles devront être les relations entre la Commission et les Divans.
Chaque comité nommera dans son sein son président à la pluralité des voix.
Le président du corps général du Divan sera nommé parmi les membres par le Ca'imacain ; les secrétaires seront nommés sur le choix du Caimacam.
L'état provisoire de l'administration de ces Provinces devant cesser dans peu de temps, les Divans doivent clore leurs discussions dans le terme extrême de six mois.
Si, contrairement à ce qu'on attend d'eux, les Divans se livraient à la discussion de matières contraires aux droits de Suzeraineté Auguste de la Sublime Porte Ottomane, ainsi qu'aux anciens privilèges organiques (?) des deux Provinces, le délégué ottoman est chargé de notifier ce fait à la Commission, et de faire à l'administration de la Province telles notifications qui seront nécessaires.
Si pareille chose avait lieu, on devrait interdire aux Divans tout acte de ce genre qui serait une contravention aux principes.
Toi donc, Caïmacam susdésigné. Ma volonté souveraine t'étant connue, tu t'appliqueras à agir en conformité de ce qui pVécède.
Sefer 1273 (i'^'" octobre 1856.)
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FAMILLE BASSARABA-BRANCOVAN-BIBESCO SES ORIGINES.
D'après la tradition, l'origine de la famille Brancovan remonte à Vick Brancovict, frère du Despote de Serbie Lazare Brancovici.
Ce nom de Brancovici fut porté par le saint martyr de l'Orthodoxie, le Métropolitain Sava Brancovici, victime du zèle protestant et de la barbarie hongroise. Il est à présumer qu'il appartenait à une branche des Brancovici ou Brancoveano .
Le Prince Mathieu Bassaraba était Brancovan (i). Il s'appelait Matet aga din Brancoveni, lorsqu'il se révolta contre la Turquie.
Pour reprendre les choses de plus haut, la révolte de Michel le Brave eut cette conséquence que, le jour où il fut assassiné par les ordres de la Cour d'Autriche, les Roumains purent élire Prince Radu-Serban-Bassaraba, qui battit et tua le chef du parti hongrois de Transylvanie, Mo'ik Szekely.
Mais, dix ans après, les Turcs nommèrent à sa place Radu-Mihnea, et bientôt leur joug et celui des Grecs, leurs créatures, — qui se servaient de la puissance turque pour s'enrichir et enricliir leurs monastères, — devint si intolérable, qu'en 1633 Mathieu Brancovan dut faire une révolution.
Le Prince Mathieu mentionne toujours, dans ses actes, l'oncle de Mon Altesse, le Vayvode Bassaraba. Son père avait donc épousé une sœur de Serban.
Mathieu avait un frère, qui eut pour fils Preda, grand vornic, père du postelnic Papa Brancovan, père lui-même du Prince Constantin Brancovan Bassaraba, exécuté par les Turcs en 17 14.
La chronique anonyme, connue aussi sous le nom de Chronique du capitaine Constayitin (Magazin HiSTORiauE, t. i"), dit que Preda Brancovano a été tué dans la révolte contre les Grecs, qui désola les derniers jours de Mathieu Bassaraba. C'est là une erreur; Papa seul a été tué, sous Constantin Serban Bassaraba.
En effet, au Monastère de Brancoveni, qui était si riche en ornements et en livres précieux donnés par Mathieu Bassaraba, par Constantin Serban Bassaraba (bâtard de Radu-Serban) et par Constantin Bassaraba Brancovan, qui tous l'ont agrandi et embelli, se trouvent les tombes de Barbu Brancovan (f 1694), de Preda et de Papa Brancovan, et de la femme de ce dernier.
Voici l'inscription relevée sur la tombe de Preda et de Papa Brancovan :
(i) Voir les nombreuses Chrysobulles de ce Prince.
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« Ci reposent les os de ceux qui ont trépassé dans le Saint-Esprit, du « bienheureux jupan Preda Brancovan, grand vornic, et de son fils le « postelnic Papa, qui ont péri, d'abord le postelnic Papa, sous le règne « du Vayvode Constantin Serban, alors que les trabans (dorobantzi) à M cheval se sont, en vrais brigands, soulevés contre leur Prince et la « classe des boyards. Ils ont tué alors le postelnic P«/>a, l'an 7163 (1655). « Son père, le vornic Preda, a été tué par le prince MiJinea le Méchant, (( dans le palais princier de Tergoviste, innocent de tout mal, et cette « pierre a été posée par Sa Seigneurie la jupânessa Stanca Cantacuzène, « qui a été femme du postelnic Papa, au 4 du mois de juin de l'année << 7176 (1668). »
Voici également l'inscription de la tombe de Stanca Cantacuzène :
« Sous ce marbre reposent les cendres de la jupânaessa Stanca Canta- « cuzène, fille du jupan Constantin, ex-gTand postelnic, — issu de l'an- « cienne race des Empereurs Cantacuzène, — et de Seigneurie Ilinca « (Hélène), fille de l'ancien Prince lo Serban Bassaraba, Vayvode. Elle « fut femme du jupan Papa Brancovan {ici une cassure de la pierre), fils « du jupan Preda Brancovan, ex-grand vornic, et mère du très béni « Prince lo Constantin Brancovan Bassaraba, Vayvode; ayant vécu « douée de la plus grande douceur et faisant force aumônes et beaucoup « d'autres bonnes choses, elle a fini sa vie à l'âge de {ici une cassure de la « pierre) ans, dont elle passa 44 dans le veuvage, privée de son mari « {ici une cassure de la pierre). Et en bonne Chrétienne elle a rendu « son âme l'an de la création 7207 et du salut 1699, au i" février, la « II*" année du règne de son fils le Vayvode lo Constantin Brancovan <( Bassaraba, qui avec grande pompe, et avec toutes les aumônes et ser- « vices religieux chrétiens, l'ont amenée et ensevelie ici au Monastère de « Brancoveni, où elle-même à sa mort a désiré reposer, près de son mari « le postelnic Papa, et de son beau-père le vornic Preda. »
Il résulte de ces divers documents que les Brancovan ont, par deux mariages successifs, du sang des Bassaraba.
Les Bibesco descendent par les femmes des Brancovan, et, par le mariage du Prince Georges-D . Bibesco, ils sont en droit héritiers du nom.
L'élection de 1843 a consacré ce que l'on pourrait, en France, appeler la légitimité (i).
(i) La note et la traduction des deux inscriptions ci-dessus sont de M. Boniface Floresco, professeur à la faculté de Bucarest, licencié ès lettres de la faculté de Rennes, neveu du regretté général J. Floresco.
M. Boniface Floresco, qui a traduit les deux volumes de cet ouvrage, a apporté dans la recherche des documents dont j'ai eu besoin, en dehors de ceux que je possédais, un dévouement dont je tiens à le remercier ici même.
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ORIGINES DE LA MAISON BALGHE (BALS) (i)
Dans son Étude généalogique sur la famille française « Les Seigneurs Les Baux », S. Exc. M. Chedomie Mijatovich (ex-ministre serbe des affaires étrangères) écrit ce qui suit :
a Bien des Maisons françaises, jadis célèbres, sont aujourd'hui oubliées. Parmi ces Maisons se trouve celle des Seigneurs Les Baux, à laquelle aucune autre, peut-être, ne saurait être comparée.
« Les Baux caractérisèrent le type de la noblesse féodale. u Ils guerroyèrent sans relâche contre les cours de Provence,
« les ARCHEVÊaUES ET LES BOURGEOIS d'ArLES, LES REINES DE NaPLES u ET LES ROIS d'ArAGON.
(« Cependant la France méridionale n'est qu'une des parties de l'immense horizon qu'ont occupé les Baux dans l'histoire politique de l'Europe. Ce sont les descendants des Baux qui ont fait l'histoire de l'Albanie et du Monténégro de 13 10 à 1421.
« Les Baux, quittant l'Albanie, se réfugièrent à la cour des Princes moldaves et occupèrent en Moldavie, aux dix-septième et dix-huitième siècles, sous le nom de Boyars Balsha, de hautes situations dans la diplomatie et dans l'armée.
« La branche roumaine des Seigneurs Les Baux existe encore, et le sang des vieux Baux provençaux, napolitains, albanais, coule dans les veines du roi Alexandre I", car la grand'mère maternelle de l'ex-roi Milan et la grand'mère maternelle de la reine Nathalie furent toutes les deux filles de la maison des Balsha, descendants authentiques des anciens Seigneurs Les Baux (2).
« La branche existante des Balsha roumains ne peut être que cette même branche serbe établie sur le sol roumain. En effet, non seulement la branche roumaine porte ce même nom de Balsha que portait la branche serbe, mais les armoiries actuelles de la famille sont : l'étoile d'or sur champ de gueules, et les plus anciens documents officiels — en langue roumaine — leur donnent le titre de Kniazi, du mot serbe qui signifie Princes.
« Un document officiel, daté de l'année 1493, dit d'une façon précise
(1) Baltes chez les Visigoths; les Baux en Provence (France); Balsa et DEL Balzo à Naples (Italie); Balcha en Albanie, au Monténégro, en Serbie; Balsha ou Balche (Bals) en Valachie et en Moldavie.
(2) La grand'mère du roi Milan et S. A. S. la Princesse Zoé Brancovano Bibesco étaient cousines issues de germains. (Voir ci-contre le tableau généalogique.)
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que les « Kniazi Balcha viennent en Moldavie du pays serbe après u avoir passé les eaux ».
« La famille des Balsha roumains possède dans ses archives deux lettres écrites en 1490 par l'empereur Frédéric III qui, à la requête du doge de Venise, recommande à l'amitié de nos gouvernants de Moldavie et de Valachie les Princes serbes Théodore et Ivan Balsha (i).
« En 1813, l'Assemblée nationale de Moldavie nomme une commission spéciale à cette fin d'examiner tous les documents ayant trait à la famille des Balsha. La commission soumet à l'Assemblée, — après un certain temps de travail, — un rapport qui est adopté par ses membres , à l'unanimité. La conclusion de ce rapport est que la branche roumaine des Balsha descend de la famille serbe des Balsha , Princes régnants de la Zeta (Monténégro) et d'Albanie.
<( Le grand et savant historien de l'Empire byzantin, Du Cange {Illyricum vêtus et 7iovuvi), a dit qu'il était « très-probable » que les Balsha serbes fussent une branche de la famille des seigneurs Les Baux, qui, dans le royaume de Naples, portaient et portent encore le nom de « Balxo » ou « Balsa ».
<( De nos jours, Lenormant {Turcs et Monténégrins) a soutenu la même hypothèse sans toutefois apporter beaucoup d'éclaircissement dans cette question.
« Notre propre conviction que les Balsha serbes (2) sont une branche de la famille française Les Baux, est basée sur les considérations et les arguments suivants :
« i" C'est un fait établi qu'il n'est pas fait mention des Balsha dans les annales serbes, avant l'apparition des Baux français dans l'Italie méridionale. Dans les documents serbes, nous découvrons le nom de Balsha en l'année 1307, pour la première fois. La conquête de Naples par les Français avait eu lieu en 1262 ;
« 2^ Ce fait que les Balsha apparaissent d'abord sur la côte adriatique de l'Albanie septentrionale qui, précisément vers la fin du treizième siècle, entretenait d'activés relations politiques et commerciales avec la côted'Apulie du royaume de Naples, est très significatif . En outre, le premier Balsha dont il soit fait mention semble remplir le rôle d'agent confidentiel auprès de la reine serbe Hélène, qui était une princesse de Courtenay et une parente de Charles d' Anjou, avec lequel plusieurs « Les Baux » vinrent de France à Naples. La reine Hélène résidait le plus souvent à Skadar (Scodra ou Scutari d'Albanie) et était en très active correspondance avec la cour française à Naples , comme le
(1) Voir la plus importante de ces deux lettres à la fin de ce résumé.
(2) Et roumains.
prouve le nombre de ses lettres conservées dans les archives de Naples ;
(c 3° Il y a une frappante analogie de nom. Le nom de famille le plus ancien, — à orthographe gothique, — était Balti ; en latin provençal, Bautio ; en provençal pur, Bauz ; en français du moyen âge, Baulz ; en français moderne, Baux; en italien de Naples, Balza ou Balzo ; dans la langue de Venise, Balsa; en serbe, Balsha ou Badsha; en roumain, Balsha ou Bals;
« 4" Les armes de la maison des Balsha serbes (i) portent la même étoile d'or sur champ de gueules : Stella aurea in campo riiheo, comme dit Du Cange ;
« 5" Dans la « ville-château » des Baux, comme l'appelle M. Sy- MONDS, la tradition a persisté, jusqu'à nos jours, que le patron du château et de la famille des Baux était saint Laurent. Les pièces d'argent des Balsha serbes portent l'efifigie du même saint;
<« 6" Lenormant, Revue de Numismatique . — Le noble Albanais, GiAVANNi MussACHi, dcspotc de I'Épire, qui était lui-même un proche parent des Balsha serbes, rapporte dans ses Mémoires (écrits en 1530) sur leurs origines les traditions mêmes que nous voyons mentionnées par les historiens français à propos des Baux français et des Italiens Balsa ;
M 7" Le pape Martin, dans une Bulle de 1369, dit que les trois frères Balsa, de I'Albanie du Nord, prétendent descendre de « sang royal ». Vers le milieu du dix-septième siècle, le duc della Guardia, parlant des seigneurs napolitains del Balzo, dit qu'ils avaient coutume de se vanter d'être de descendance royale et impériale ;
« 8" Les plus anciens auteurs français et italiens savaient déjà vaguement que les seigneurs Les Baux s'étaient rendus célèbres non seulement en France et en Italie, mais encore en d'autres contrées. Signor Carlo de Lellis (2654) dit, en parlant de la famille del Balzo : Famiglia assai chiara e illustre per esser in quello stato il Reame d'Arli col principato ^^'Orange, e pressa d'injinii altri titoli e dignita ottenuta cosi nella Francia, como nel regno nostri di Napoli et in altri ancora ;
« 9" Le despote Mussachi, dans les Mémoires que nous avons mentionnés, parle de sa cousine Marie, comtesse de Muro (sœur de Théodore et d'IvAN), comme étant la fille du Prince serbe Coyco (Georges) Balsha, dépossédé de ses États par les Turcs. Le duc della Guardia, parlant de la même comtesse, dit qu'elle est la nièce de Giacomo del Balzo, Prince de Tarente. Ces deux auteurs indépendants et bien informés montrent d'une façon indirecte les relations intimes qui ont existé entre les Balsha d'ALBANiE et les Balza de I'Ivalie méridionale. Le duc della Guardia fournit d'autres détails sur ce sujet.
(i) Et roumains.
APPENDICE
Marie Balsha fut amenée cI'Albanie à Naples alors qu'elle n'était qu'une enfant de sept ans ; elle fut reçue et élevée à la cour de la reine Isabelle (femme du roi Ferrante h') qui, étant elle-même une del Balzo, accueillit la petite Marie comme sa propre parente ;
« 10° Ce même duc délia Guardia, rappelant les traditions de sa propre famille, mentionne comme important ce fait que l'un des Balza napolitains fut forcé de fuir d'iTALiE en Albanie, où il laissa un fils qui devint Despote de Serbie ;
« 11^ Un autre savant historien, Joseph Baptiste I'Hermite, appelé Tristan, dans son ouvrage : Naples française (Paris, 1663), dit, en toutes lettres, que Vun des Balza napolitains passa en Albanie (i);
« 12° Certaines vieilles chroniques serbes qui sont citées dans les Mémoires du Despote MussACHi, font coïncider le début de la carrière politique des Balsha, en Albanie, avec le règne du Roi serbe Milutin.
« Or Milutin, l'un des Rois les plus habiles qu'aient eus les Serbes, était fils de la Princesse française Hélène de Courtenay. Il entretint une correspondance suivie avec les Anjou à Naples, et en 1308 signa un traité secret avec Charles de Valois.
« Il est tout à fait vraisemblable que l'un des Balza napolitains ait trouvé un refuge à la Cour de la Reine française de Serbie, ou qu'il y soit venu simplement en mission politique. Il a pu produire, par la suite, une si excellente impression qu'il a été agréé comme époux de l'une des Princesses serbes. Les chroniqueurs serbes sont tous d'accord sur ce point que l'ancêtre de la maison princière des Balsha épousa une fille appartenant à la branche cadette de la maison royale de Nemanyich, obtenant avec la main de son épouse, comme apanage, une partie de la Zeta supérieure (maintenant Monténégro) et de la Zeta inférieure (Albanie du Nord).
« Il est un autre point de ressemblance entre les Baux français, les Balza italiens et les Balsha serbes. Chez tous les trois se trouvent réunies les mêmes hautes qualités personnelles. Les Balsha d'Albanie sont aussi beaux de leur personne, aussi braves, aussi chevaleresques, aussi brillamment doués au point de vue politique, — non sans qu'ils aient en eux une certaine dose d'astuce, — que les Balsa de Naples et les Baux de Provence. On le verra d'ailleurs clairement, je l'espère, aux grandes lignes de leur histoire, que nous nous proposons d'offrir à nos lecteurs. »
(i) C'était François V, qui se réfugia à Raguse et fut père de Balsa I", prince de la Zeta et marié à une Nemanyich.
APPENDICÉ.