‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 6 sur 215 · APRÈS L'ÉLECTION · texte numérisé non relu

APRÈS L'ÉLECTION

PROCLAMATIONS ET DISCOURS

PROCLAMATION

Nous Georges-Démétrius Bibesco, Voïvode, par la grâce de Dieu Seigneur et Maître de toute la Valachie.

Aux habitants des villes, bourgs et villages de la Principauté de Valachie.

Le premier acte du Prince en prenant le pouvoir est, — après avoir constaté que les Cours suzeraine et protectrice ont reconnu au pays son ancien droit souverain d'élire le Chef de l'État (i), — d'affirmer aux paysans que leurs plaintes ne resteraient plus vaines comme par le passé, de leur promettre à tous le règne de la légalité (2).

TRADUCTION

30 janvier/ II février 1843 {Bull. off. 8).

L'ancien droit dont jouissait le pays d'élire lui-même ses Princes ayant été de nouveau consacré sous les bienfaisants auspices des Cours suzeraine et protectrice, Nous avons été placé à la tête de cette Principauté par le choix de la nation

(1) Les différentes lois ou décrets rendus par Bibesco, au cours de son règne, dans les questions intéressant les paysans, feront voir comment Son Altesse a tenu ses promesses.

(2) Le pays avait perdu, en fait, ce droit d'une façon définitive, depuis la nomination, par la Porte, des Princes grecs aux trônes des Principautés, c'est-àdire depuis 1711 en Moldavie, et 1716 en Valachie. Bien que rentrés en posses-

i6 PREMIÈRE PARTIE. — 1843-1844.

auquel Elles ont donné leur haute sanction. En prenant en main les rênes du Gouvernement, Nous vous faisons savoir que Nous connaissons les maux dont vous avez souffert et que Nous n'ignorons pas que vos plaintes — à vous surtout, habitants des villages, — sont restées le plus souvent vaines.

Nous avons donné les ordres les plus sévères pour que les lois et règlements en vigueur soient scrupuleusement observés, et Nous apporterons la plus vigilante attention à ce que les fonctionnaires publics ne s'écartent pas de leurs devoirs. Nous mettrons tous Nos efforts, toute Notre activité, à vous assurer une vie paisible et à vous préserver contre les abus qui pourraient être commis. S'il arrivait, pourtant, qu'en dépit de ces mesures vous ayez à souffrir d'injustices ou de violences, Notre sein paternel vous serait toujours ouvert, toujours prêt à recevoir, avec amour et compassion, les plaintes dont la justice aurait été démontrée, et à leur faire droit, conformément aux lois, car Notre ferme volonté est que vous puissiez tous vaquer en paix à vos travaux, que vous vous réjouissiez d'un avenir plus heureux, qu'il ne vous soit fait aucune injustice, qu'aucune atteinte ne soit portée aux droits qui vous ont été garantis par la législation de l'État.

Mais Nous demandons et ordonnons en même temps que vous remplissiez vos devoirs avec exactitude et empressement, que vous obéissiez aux ordres du Gouvernement, que vous soyez soumis aux lois et aux fonctionnaires publics ; que vous vous absteniez de tout acte qui pourrait léser le bien public et vos concitoyens; car, de même qu'il sera fait droit à vos plaintes lorsqu'elles seront justes, de même, non seulement la plus légère infraction à vos devoirs légaux ne sera pas pardonnée, mais encore elle sera punie avec toute la rigueur des lois.

Conformez-vous donc soigneusement à Nos conseils paternels

sion de ce droit en 1829, grâce au traité d'Andrinople, signé entre la Russie victorieuse et la Turquie, les Roumains ne furent autorisés à l'exercer qu'à l'occasion de l'élection de Bibesco en 1843.

PROCLAMATIONS ET DISCOURS

et à Notre volonté princière, et soyez parfaitement assurés que votre Souverain ne cessera de veiller avec sollicitude à l'amélioration de votre condition, et à votre bonheur.

PROCLAMATION

Nous Georges-Dêmètre Bibesco, par la grâce de Dieu^ Prince de toute la Valachie,

A u Conseil administratif extraordinaire .

Le Prince espère que tous les fonctionnaires de l'État vont apporter dans l'exercice de leurs fonctions, zèle, probité et dévouement.

TRADUCTION

30 janvier/ii février 1843 (Bull, off., 8).

La voix de la Patrie et la bienveillance des deux hautes Cours Nous ont appelé à prendre les rênes du gouvernement de cette Principauté.

Cette haute confiance, les espérances d'un heureux avenir et les précieuses institutions dont jouit cet État Nous imposent des devoirs aussi graves que rigoureux.

Afin de Nous montrer digne de cette confiance, de répondre à ces espérances et de faire exécuter scrupuleusement les règlements et les lois en vigueur, il est indispensable que, d'une part, Nous donnions Nous-même l'exemple de l'exact accomplissement de Nos devoirs et de l'exercice impartial de la justice, et que, d'autre part. Nous veillions avec la plus grande vigilance à ce que tous les fonctionnaires observent exactement leurs devoirs, se gardent soigneusement de tout écart et se renferment , — chacun en ce qui le concerne, — dans le cercle des attributions qui leur sont prescrites.

A cet effet, aussitôt après avoir pris en main les rênes du gouvernement, Nous avons jugé nécessaire de faire connaître à tous les fonctionnaires relevant des départements de la justice, de l'administration et de l'armée, grands et petits, exerçant dans l'étendue de cette Principauté, qu'ils aient tous, sans exception, à se pénétrer des devoirs attachés à leur fonction, à les remplir avec l'équité et l'activité voulues, et à apporter la plus grande diligence dans l'expédition des affaires qui sont de leur compétence; car autant Nous apprécierons le mérite et Nous Nous plairons à récompenser les services rendus avec zèle, honorablement, dans l'intérêt du bien public et de la dignité du Gouvernement, autant Nous serons attentifs aux infractions faites aux lois, et Nous punirons impitoyablement les abus de nature à nuire au bien public et à porter atteinte — s'ils n'étaient réprimés — à la considération due à ce Gouvernement.

Cette décision est irrévocable, et aucune considération ne pourra la changer, étant donné que Nous avons à rendre compte de Nos actes à Dieu et à la Patrie, aux deux hautes Cours et à Notre conscience avec laquelle Nous désirons être toujours en repos.

Nous ne doutons point que tous les fonctionnaires, — quels que soient leur grade et la branche à laquelle ils appartiennent, — n'aient sans cesse présente à la mémoire Notre décision irrévocable, qu'ils ne s'efforcent de remplir leurs devoirs avec la plus scrupuleuse exactitude, afin de mériter l'approbation et les récompenses du Gouvernement, et n'évitent d'encourir toute la rigueur des lois.

Le Conseil administratif extraordinaire donnera à Notre présent ordre et proclamation la plus grande publicité, pour l'ample information de tous les fonctionnaires.

BiBESCO.

Le secrétaire d'État : Constantin SOUTZO.

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