DEUXIÈME PARTIE
Paris (i), suffisent à nous éclairer sur les mésintelligences qui ont précédé l'insurrection.
TEXTE EN LANGUE FRANÇAISE
(( On se réunit chez les frères Golesti (2); treize membres « étaient présents ; c'étaient ceux qui devaient composer le « comité révolutionnaire. Héliade remarqua l'absence de Jean « Voïnesco. Quelques-uns des conjurés lui répondirent que « Voïnesco était suspect, car il fréquentait Duhamel. Héliade (( demeura pensif. Il ne savait ce qu'il devait blâmer davan- « tao^e des relations de Voïnesco ou de la légrèreté des con- « jurés, qui traitaient en ami un tel homme dans de sembla- « bles circonstances, ou qui, si leurs soupçons étaient injustes, « jetaient sur lui un blâme qu'il ne méritait pas. Héliade ne « voyait de ses amis, parmi les agissants, que les frères Golesti; « tout le reste était composé d'anciens hétéristes (3) de l'affaire « d'Ibraïla (4). Tell (5) était à Giurgevo, Maghiéro à Caracal, « Grégoire Grâdisteano à Craïova, ceux de Bucarest, comme « l'abbé Josaphat, Constantin Philippesco, le professeur Negulici « et autres, n'avaient pas été trouvés dignes, par la majorité de « la coterie de figurer dans le comité...
« Il y avait aussi parmi les invités un des Cretzulesci (Con- « stantin); mais dès que celui-ci entendit qu'il s'agissait du mouce vement prochain, il demanda la permission de se retirer, en « déclarant nettement qu'il n'y prendrait aucune part.
« Dans l'affaire de Théologo, dans l'éloignement de Voïnesco, a dans la manière d'agir de Cretzulesco, dans les propos, la for- « mation des partis et dans les chuchotements des divers
(1) Le II février, par Bolintineano. Typographie Radulesco, p. 28 et 29.
(2) Mémoires sur l'histoire de la régénération roumaine, par Héliade Radulesco, p. 54 à 57.
(3) Hétériste, ami de la propagande gréco-bulgare en Roumanie.
(4) Complot tramé à Ibraïla par les hétéristes.
(5) <« Il y avait, depuis longtemps, entente entre Héliade et Maghiéro. Plus tard, celui-ci demanda que Tell fût admis en tiers. » Zossima, p. 15.
« membres entre eux, Héliade vit une légèreté inexplicable ou « une arrière-pensée exploiter ses moyens action. Il se garda « donc bien de prononcer les noms de Maghiéro et des autres « chefs et officiers qui s'étaient entendus avec lui...
« On s'entretint du plan et de l'époque de l'explosion. Les « opinions étaient différentes . Les uns proposaient de fixer le « commencement de la révolution vers la fin d'août, d'autres (( exigeaient que le mouvement se fît dans les premiers jours de « juin. Une commission de trois membres fut nommée, afin « d'organiser le plan et de faire rentrer les fonds. Ces trois « membres furent Jean Ghica, Nicolas Balcesco et Alexandre « Golesco, le cousin...
« Les trois membres de la commission invitèrent Héliade à « venir prendre part à leurs travaux. Cette déférence de leur « part fut considérée par Héliade comme un piège qui lui était « tendu pour lui arracher le secret de ses moyens d'action. — A « l'arrivée de Tell à Bucarest, Héliade s'entendit avec lui, lui « communiqua la proclamation et les articles de la constitution. « Tell en fut satisfait, mais en s 'abouchant avec les autres, il « découvrit dans quelques-uns des sentiments tout autres que « fraternels (i). Le plan tracé par la commission lui déplut, « ainsi que l'époque désignée pour l'explosion aux premiers « jours d'août. Il ne fut pas moins surpris de quelques mesures « extrêmes proposées par Constantin Rosetti : elles ne faisaient « que dégrader et souiller le mouvement. // vit que tout allait se a trahir par le retard apporté dans V action et par la divergence « des opinions, ou que tout allait être dirigé en faveur des « ennemis du pays. Il se décida donc à passer outre. Il exigea « que le programme lui fût confié, il fit un contre-projet qui « n'obtint que la minorité. Mais son caractère fit prévaloir son « opinion. On craignait d'ailleurs sa position militaire.
(i) Pourquoi donc, alors, avoir pactisé avec eux? pourquoi n'avoir pas rompu immédiatement ? Cette faute fut irréparable.