A SON AVÈNEMENT AU TRONE
Le Prince dit à l'Assemblée qu' u il est te^nps d' arracher du sein de la Patrie les mauvais germes qui s'y sont développés de nouveau... » Il conseille le repentir aux coupables; « demain », ajoute-Il, « s'élèvera, plus forte que la Mienne, la voix de la loi qu'il Me faudra faire respecter n .
TRADUCTION
14/26 février 1843.
Messieurs,
La position à laquelle l'amour de Mes compatriotes M'a élevé et la confiance des deux hautes Cours, la pompe et les honneurs qui M'entourent, ce siège o\x Je suis assis, et, au-dessus de tout, la joie et l'espérance qui brillent dans vos yeux, devraient ne faire naître en Moi qu'un sentiment de bonheur. En vérité, Je n'en éprouverais point d'autre si Je ne songeais qu'à la pureté de Mes intentions, à l'amour ardent que J'ai nourri pour ma Patrie, à la volonté constante que J'ai de suivre le chemin de la justice, sans en dévier.
Mais, vous connaissez tous. Messieurs, les difficultés des circonstances dans lesquelles Je prends les rênes du gouvernement : ce sonjt ces difficultés qui viennent troubler Mon âme, au milieu de toute cette allégresse. Ne croyez pas, pourtant, que cette
PROCLAMATIONS ET DISCOURS
inquiétude soit de nature à Me décourager et à M 'enlever tout espoir d'améliorer le sort de Notre Patrie. Non, jamais Je n'ai eu plus de motifs d'avoir confiance dans l'avenir. Il suffit de nous rappeler ce que nous étions il y a un an et ce que nou^ sommes aujourd'hui. Combien nons étions tombés bas dans l'opinion publique, et combien nous nous sommes relevés !
Soyons sages et sachons apprécier notre position politique ; contentons-nous des bienfaits que nous devons à une sollicitude haute et éclairée ; dépouillons toute passion personnelle ; unissons-nous tous pour marcher vers un seul et même but, le bienêtre général, et soyons certains que nos espérances dans l'avenir seront encore dépassées. En ce qui Me concerne, Je n'épargnerai ni fatigue ni sacrifices , quand il sera question de Mon devoir et du bonheur de la Patrie. Prince, Je serai l'homme que vous avez connu comme ministre et membre de l'Assemblée générale : juste envers tous, Je récompenserai le bien et punirai le mal.
Il est temps d'arracher du sein de la Patrie les mauvais germes qui s'y sont développés de nouveau, et qui auront bientôt tari toute source de prospérité, si l'on ne se hâte de les faire disparaître. Aujourd'hui, pour la dernière fois. Ma voix s'élève pour conseiller le repentir à ceux qui persisteraient encore dans des habitudes vicieuses ; demain s'élèvera plus forte que la Mienne la voix de la loi qu'il Me faudra faire respecter.
Messieurs, en rentrant au sein de vos familles, faites-leur connaître toute la pensée de votre Prince ; respectez la loi et l'autorité qui a besoin de son concours ; donnez-Moi l'occasion, — par de louables actions, — de vous témoigner tout l'amour que Je vous porte.