GÉNÉRAL
« Le prétexte légal pour l'entrée des troupes de Sa Majesté en Valachie est déjà fourni par les Turcs. Le désordre est commis, le sang a coulé. Les Turcs sont entrés en barbares; nos armées doivent entrer en protectrices. Hâtez-vous, mon général, de passer la frontière; la Valachie est à nous. Voici le moment de posséder l'Orient et de menacer l'Occident, m
Héliade explique qu'on a eu connaissance de cette lettre parce que le courrier de Duhamel, qui en était porteur, fut arrêté par l'administrateur du district de Buzeo, Scarlat Voînesco, et que celui-ci prit copie de la lettre avant de la rendre au courrier et de le relâcher. {Mémoires sur l'histoire de la régénération r<7«wax«^, par HÉLIADE Radulesco, p. 348.). ....-..?
(2) Voir cette lettre à l'Appendice.
(3) Idem,
du pays entre les mains de Sa Hautesse(i); — les fêtes données à Suleyman, son discours aux boyards (2); — l'engagement pris par les Boyards (3); — une vaine tentative de la lieutenance pour faire voter, par ime commission de délégués envoyés par les paysans et par les propriétaires, l'article 13 de la Constitution du 11/23 W^ sur la propriété; — la dissolution de la commission réunie à cet effet; le rappel de Suleyman (14 août) et son remplacement par Fuad-Eflfendi; — le refus de Rechid-Pacha et d'Aali-Pacha de recevoir officiellement une députation roumaine envoyée à Constantinople par la lieutenance princière; — une nouvelle protestation de la commission, protestation restée sans réponse comme toutes celles qui l'ont précédée depuis le 1 1 juin ; le mouvement en avant des troupes russes, déjà installées en Moldavie, et l'arrivée d'Omer-Pacha à la tête de son corps d'armée à Cotroceni, aux portes de Bucarest, le 22 septembre ; — des rassemblements au Champ de la Liberté, un appel aux armes, de violents discours prononcés, l'espoir général de voir marcher contre les Turcs la lieutenance princière et les révolutionnaires du 1 1 juin — qui avaient « décrété d exil ceux qui seraient « jamais cause de l'entrée des troupes étrangères sur le sol de la a Patrie, et qui avaient juré de mourir pour Elle », — déçu ; — le renvoi dans la petite Valachie des troupes résidant à Bucarest, à l'exception du corps des pompiers; — la convocation d'une députation de notables de Bucarest chez Fuad-EflFendi, qui leur fait connaître les z'^/t?»/^^ irrévocables au Sultan, a Mon maître et le Vôtre », écrit-il; — le choix d'une caïmacamie unique confiée au logothète C. Cantacuzino (25 septembre), sous la tutelle des fondés de pouvoir des deux Cours suzeraine et protectrice; — l'entrée des Turcs dans Bucarest, 12/23 septembre; le refus du corps des pompiers, resté sans ordres, de livrer la caserne aux Turcs,
(x) Voir plus loin, p. 447.
(2) Voir à l'Appendice.
(3) Idem,
suivi d'une collision sanglante (i); — Tétat de siège déclaré par Omer- Pacha; — l'arrestation des insurgés; — le vide formé par la Porte autour de la lieutenance princière; — la fuite d'Héliade au consulat britannique; — le départ de Tell pour Cronstadt, de N. Golesco pour Constantinople, des autres membres du mouvement du II juin 1848 pour d'autres destinations; — le licenciement des troupes que Maghiéro avait réunies dans la montagne, — troupes sans armes et complètement démoralisées, de laveu de Nicolas Balcesco (2), et qui, en dépit de la résolution de leur chef de résister ou de périr, ne livrèrent aucun combat; — le passage de la frontière par Maghiéro (3) : tel est en quelques mots le résumé complet, sans commentaires, de Tentre- PRISE IMPROVISÉE (4) du II juin 1848 en Valachie.
Nous nous sommes servi à dessein, pour résumer cette période, des écrits destinés à justifier le mouvement de 1848. En empruntant spécialement aux auteurs de l'insurrection toutes nos citations, nous avons eu pour but d'augmenter les éléments d'appréciation du lecteur, et de lui faciliter le jugement qu'il portera sur les causes, les événements, et les conséquences de cette entreprise malheureuse.
Le mouvement du mois de juin 1848 dura juste trois mois et deux jours. Il a laissé au pays, outre le souvenir douloureux de
(i) Zaganescu etDinca commandaient le régiment.
(2) tt Notre pays n'a ni armes ni armée : celle-ci est complètement démoralisée. » (Nicolas BÂlcesco à M. J. Ghica.) Voir dans les Relations littéraires (Convorbiri litterare), du i* avril 1893, p. 1024 (directeur M. M. J. Negruzzi), les notes précieuses de M. Mandrea, conseiller à la Cour de cassation.
(3) Voir dans les Relations littéraires (Convorbiri litterare), du i" avril 1893, p. 1625. (Directeur M. M. J. Negruzzi.)
(4) Lettre d'Héliade et de Tell à S. A. S. le Prince Bibesco, le 9 juin 1848.
ces quatre-vingt-quinze jours d'angoisses, de misères, d'humiliations, de sang versé, d'anarchie accrue par le passage des arméeâ étrangères foulant le sol roumain, une dette énorme (i) et la convention de Balta-Liman, passée entre le Czar et la Sublime Porte, le i" mai 1849 (2), convention qui faisait reculer les Principautés de vingt-trois ans.
(i) Voir plus loin, III* partie, chap. i. (2) Idem.