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PARIS ET LA LEGISLATIVK

fallait entendre de quel ton impérieux et insolent les orateurs de ces bandes, appuyés par les vociférations de leurs compagnons, signifiaient aux législateurs les volontés ou même les menaces du « peuple « . L'assemblée leur répondait en les admettant ^ aux honneurs de la séance 15 , et parfois même en ordonnant l'impression de leurs harangues. Les députés modérés n'étaient pas plus libres en dehors de l'assemblée qu'au dedans. Le club des Feuillants était dispersé par la populace, pendant qne les clubs démagogiques avaient toute licence. Les représentants, au sortir des séances, étaient parfois insultés, coiffés du bonnet rouge, couverts de boue et menacés de la lanterne. La Législative était d'autant plus désarmée en face de Paris que la nouvelle municipalité était aux mains des révolutionnaires, Pétion avait été nommé maire. Il est vrai que sur 80,000 électeurs inscrits, 10,000 à peine étaient allés au scrutin. Ce sera le caractère des élections parisiennes pendant toute la Terreur. En 92, en 93, à peine le douzième ou même le quinzième des électeurs prendra part aux votes.

Aussi ceux qui, à cette époque, veulent arrêter la Révolution après Pavoir poussée en avant , mettent-ils comme première condition d'éloigner de Paris le gouvernement. Les anciens adversaires de Mirabeau reprennent son plan. Barnave et les Lameth, madame de Staël, le duc de la Rochefoucauld, La Fayette lui-même agitent divers projets pour faire sortir Louis XVI de Paris et l'installer à Compiègne, à Fontainebleau ou à Rouen. Dans la Législative, un membre de la droite, à i)out de patience, monte un jour à la tribune et y propose un décret ainsi libellé : ce L'assemblée, considérant qu'il est démontré à la France entière que si la munici-

palité de Paris a la volonté, elle n'a pas le pouvoir d'empêcher quelques individus des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marcel de se rassembler en armes toutes les fois qu'ils le voudront, décrète qu'à l'avenir elle tiendra ses séances à Rouen ou dans toute autre ville du royaume qui respectera les lois. ^^ C'est évidemment répondre à la pensée secrète de la majorité. Mais les violences de la gauche et les vociférations des tribunes ne permettent pas de délibérer sérieusement sur cette proposition.

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