‹ Rubens et l'ećole d'AnversChapitre 8 sur 58 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Plerrc-Panl Rubeus.

Retour de la famille Rubens dans les Pays-Bas. — Pierre-Paul manifeste son goût pour la peinture. — Ateliers qu'il fréquente. — Son départ pour l'Italie, ses études à Venise et à Rome. — Il ne doit absolument rien aux artistes méridionaux. — La maladie et la mort de sa mère le rappellent à Anvers.

La mort du docteur fit réfléchir sa veuve. Qu'allaitelle devenir sur une terre étrangère, avec sept enfants qu'il s'agissait de pourvoir et de lancer dans le monde? Ne serait- elle pas mieux à Anvers, où la rappelaient tous les souvenirs de son jeune âge, où vivaient ses alliés naturels? Ses fils et ses filles n'y auraient-ils point une carrière plus sûre et de plus grandes espérances? Le calme d'ailleurs y régnait depuis deux ans : le duc de Parme avait fait le siège de la ville et s'en était rendu maître, grâce à la folie des citoyens, qui paraissaient vouloir montrer comment une population peut se perdre ellemême ^ Philippe II avait été si charmé de ce triomphe

• Voyez l'instructive et curieuse narration de ce siège, par Schiller.

inattendu, que le courrier porteur de la nouvelle étant arrivé dans la nuit, son flegme ne put tenir contre la joie qu'il éprouvait; oubliant les lois majestueuses de l'étiquette, il alla réveiller l'infante Isabelle, sa fille chérie, et lui annonça que deux cent mille hommes venaient de tomber entre ses mains par leur propre faute. Une paix humiliante avait donc succédé au tumulte des agitations populaires ; mais les femmes acceptent la tranquillité comme un bienfait, quelle qu'en soit la source. La veuve espérait d'ailleurs qu'on lui rendrait ses biens confisqués ; jouir de l'aisance, du repos, environner de soins des créatures chéries, n'est-ce pas tout le bonheur que rêve le sexe aimant et dévoué?

La mère de Rubens, après vingt ans d'exil, ne songea plus qu'à rentrer dans sa patrie. Elle n'était pas engagée par la promesse du docteur et ne devait point se présenter, comme lui, au premier appel, devant des autorités menaçantes. Le changement survenu dans la foi de Jean Rubens, son zèle pour le service de Phihppe II, avaient préparé le retour de sa veuve. En 1588, elle se transporta sur les bords de l'Escaut. Achevant de justifier son mari, elle employa de puissants protecteurs et eut la joie de recouvrer presque toutes les possessions de la famille. Elle fut pour ses enfants une seconde providence, comme elle l'avait été pour son infidèle époux.

Rubens, âgé de dix ans, continua ses études avec un bonheur peu ordinaire. Michel, dans son style bouffon, nous assure « qu'avant d'avoir achevé sa rhétorique il s'énonçait si parfaitement en latin quen sa langue maternelle, et cette fécondité présageait sa bouche d'or et sa grande éloquence, qui fit et qui fait encore l'admiration des plus grands princes de l'Europe. » Voilà com-

ment s'exprime constamment le meilleur biographe de Rubens * !

Quand il eut fini ses humanités, pour nous servir de Tancienne expression, sa mère le plaça chez Marguerite de Ligne, veuve du comte de Lalaing. Il devait y remplir les fonctions de page. Elle devinait, l'habile fennne, que la science des livres ne suffit pas dans le monde ; que pour être heureux, pour ne pas voir échouer tous ses projets, il faut ac([uérir une autre science plus apre et plus mystérieuse; science mobile, variable et amère, qui use le cœur et l'esprit; science utile et funeste, armure empoisonnée qui protège et dévore le sein qu'elle entoure ; je veux dire la science des hommes. C'est bien parmi les grands de la terre, dont elle forme l'étude continuelle, c'est bien sur les hauteurs du monde social qu'on })Out l'apprendre. Mais elle ne semble pas avoir été d'abord du goût de Rubens. Toute âme honnête débute par un certain puritanisme. Le jeune homme fut choqué de la licence de ses conq)agnons et des mœurs hardies qu'on étalait k sa vue. Ce brillant esclavage ne lui convenait guère d'ailleurs. Une voix secrète lui parlait de plus nobles destinées; les mots de talent, de gloire, d'indépendance le frappaient surtout, comme un premier avertissement de son génie. Dessiner, peindre, étudier les œuvres de la nature et les œuvres des grands artistes, n'obéir qu'à son imagination fougueuse, c'était la seule forme sous laquelle lui apparut le bonheur. Il ne put cacher ni son dégoût ni ses prédilections k sa mère, qui devint toute pensive. Elle lui dit qu'il était bien jeune pour se choisir lui-même une carrière ; que

* L'ouvrage flamand de Smit n'est qu'une traduction littérale des singulières phrases de Michel.

sa famille souhaitait le voir dans la magistrature et l'avait fait élever en conséquence. Il avait donc tort de prendre subitement une autre direction, de vouloir affronter les périls d'un art où Ton reste un manœuvre, si Ton ne devient pas un grand homme.

L'énergique vocation de Rubens ne le laissait pas maître de sa destinée. Il insista, il montra tant de regrets et d'ardeur, que sa mère tomba de nouveau dans la réflexion. Devait-elle contrarier de si impétueux désirs? C'était une femme sage, comme on Ta vu. Elle rassembla en conseil les tuteurs de ses enfants et toute sa parenté; elle leur exposa son inquiétude, leur demanda leur avis. Après plusieurs délibérations, il fut résolu qu'on laisserait le jeune homme suivre son penchant.

On le confia d'abord aux soins de Tobie Verhaegt, puis on le plaça chez Adam van Noort, comme nous l'avons dit plus haut. Ce maître farouche ne convenait pas à l'esprit lucide et tranquille de Rubens; il ne déguisa point sa répugnance, qui eut lini par se changer en aversion. Ce fut alors ([u'un de ses camarades lui proposa de suivre les leçons d'Otho Venius. Ce peintre était aussi doux et aussi poli que l'autre était brutal. Il perfectionna chez Rubens le goût et l'habitude des belles manières, pendant qu'il lui apprenait la science de la composition et du clair-obscur. Pierre-Paul entra dans son atelier en 159(), à l'âge de dix-neuf ans. L'archiduc Albert était arrivé à Bruxelles et avait pris le gouvernement général des Pays-Bas, le 11 février de la même année.

Rubens étudiait avec l'ardeur poétique de la jeunesse, lorsque deux événements eurent lieu, qui devaient exercer la plus grande influence sur le sort de la Belgique et sur sa propre destinée. Le roi d'Espagne, se sentant

mourir, exécuta un dessein depuis longtemps conçu. Il donna sa fille Isabelle au prince Albert , et leur céda, par un acte autbentique, la souveraineté des Pays-Bas et de la Bourgogne. Le mariage fut conclu, au nom de l'arcbiduc, le () mai 151)8. Pbilippe II, accablé de vieillesse, de soucis et d'infirmités, parut sur son trône, offrant dans sa personne l'image de son empire à l'agonie. Cet liomme, cette ruine vivante, ne léguait aux peuples courbés sous sa main (pie l'abrutissement, la désolation et l'esclavage. Sa mort sembla une vengeance de la nature. Coucbé à l'Kscurial, dans une cellule étroite, il éprouvait tour à tour les ardeurs et les frissons glacés de la fièvre ; des contractions, des spasmes nerveux torturaient ses membres. Plusieurs abcès cacbés s'ouvrirent une issue aux genoux, à la ])oilrine, en d'autres parties du corps ; ils rendaient une matière infecte, dont l'odeur exaspérait ses gardiens. Un satyriasis continuel achevait de miner ses forces par les organes de la reproduction et par des épancliements douloureux, où affluait son sang décomposé. A tant d'horreurs vint se joindre le mal pédiculaire. Une si abondante vermine pullulait sur sa peau et le rongeait, qu'on ne put l'en délivrer. Cette cruelle agonie avait l'air d'une expiation ; elle inonda de joie tous les cœurs ulcérés qui maudissaient le prince expirant ^

Quoique la Belgique ne se soit jamais guérie des atteintes profondes qu'il avait portées à son commerce, à son indépendance, à son activité morale et extérieure, elle goûta quelque repos, quand il eut cessé de vivre ; non pas un repos complet , la Hollande était trop émue encore du sentiment de ses injures et de sa liberté nouvelle

1 Wagenaar, Histoire de JJollondû,

pour mettre bas les armes, sans de longs retards et de longues tergiversations. Mais la guerre se ralentit peu à peu ; en 1609, une trêve de douze ans fut conclue.

Dès qu'ils eurent pris possession des Pays-Bas, les archiducs s'appliquèrent à effacer les traces d'une lutte sanglante. Ils adoucirent les lois, rassurèrent Tindustrie épouvantée, protégèrent le négoce et tendirent une main secourable aux beaux-arts. Otlion van Yeen fut nommé peintre officiel de la cour. Son élève, ayant fait des progrès rapides, entra comme franc-maître dans la corporation de Saint-Luc, en 1098. Deux ans après, devenu trop fort pour recevoir des leçons, il témoigna le désir d'aller en Italie s'inspirer devant d'illustres chefs-d'œuvre. Son père intellectuel voulut d'abord le présenter aux deux souverains. Ils furent accueillis l'un et l'autre de la manière la plus gracieuse. Otho Yenius fît un brillant éloge de son élève ; il loua son caractère et son talent, et le peignit comme digne, à tous les égards, de la protection des archiducs. Le jeune Rubens montra tant de courtoisie, s'exprima avec tant d'élégance, qu'il se concilia leur faveur. Ils lui donnèrent des lettres de recommandation, important grimoire qui devait faire tomber devant lui tous les obstacles matériels.

Il serait curieux de savoir au juste où en était alors le talent de Rubens, et quelles ressources intellectuelles il emportait avec lui. Le plus ancien tableau qui nous reste de ce grand homme est, selon toute vraisemblance, celui que possède M. Wuyts*. Il figure la Vierge au miheu d'un parc, tenant le Christ sur son bras droit. Une balustrade couverte d'un tapis occupe le premier plan ; on y remarque un vase plein de fleurs et un gros livre que

' Rne dn. Jardin, à Anvers,

feuillette la belle Israélite. Penché sur le sein nu de sa mère, le divin enfant est près d'en saisir le mamelon. A la gauche du spectateur s'élève un énorme buisson de roses ; derrière les personnages, des arbres magnifiques plongent dans un ciel terne leurs noirs rameaux. Le coloris de cfette production, la force du clair-obscur et les sombres feuillages qui se dressent sur le second plan, rappellent tout à fait le goût d'Otho Venius. Il est même digne d'attention que la Vierge porte une robe amaranthe, couleur aimée de ce peintre et généralement évitée par Rubens : l'influence de son maître la lui aura fait employer. Le développement considérable de la végétation et des accessoires, contraires aux principes de van Veen, était peut-être un souvenir de Tobie Verhaegt. Mais la fille de David et son enfant ont déjà tous les caractères du style de Rubens : leurs formes sont grasses, leur chair rose et brillante. Marie a seulement un air plus calme et plus modeste que dans les ouvrages postérieurs. Jésus, qui s'attache d'une manière fort naturelle au sein de la Vierge, annonce par sa beauté le mérite spécial, dont Fauteur a toujours fait preuve en traçant des images de l'enfance.

Le second tableau de Rubens, antérieur à son départ pour l'Italie, ornait autrefois l'église des Carmes chaussés à Anvers \ et attire maintenant les regards des curieux dans le musée de la ville. Là, toute trace d'influence a disparu : c'est le peintre tel que nous le connaissons. L'image représente le Christ mort sur les genoux de Dieu le père; deux anges portent les instruments de la passion. Dieu le père a les traits d'un vieux paysan plein de finesse ; il vous regarde d'un air scrutateur, et les épais

» Descamps, Vies des peintres, l. P"" p. 323. — Voyage pittoresque de la Flandre et du Brahant, p. 170; édition de Barba, 1838.

sourcils qui ombragent ses yeux, en rendent l'expression plus narquoise. Le raccourci du Fils de l'homme est hardiment exécuté; peut-être la jambe gauche ne produitelle pas l'effet voulu. Le corps a déjà les formes hyperboliques du maître, et le sang qui coule de sa plaie, cette nuance de charbon ardent qu'il savait si bien lui donner. Pour les anges, ces enfants maussades manquent de grâce et de distinction. Les couleurs sont un peu plus fondues que par la suite.

Enfin arriva l'heure des adieux. Rubens pressa la main d'Otho Venins, qui l'avait traité moins en disciple qu'en ami, embrassa tendrement sa mère, qu'il ne devait plus revoir, et franchit les portes d'Anvers, le 9 mai de l'année 1600.

Comme un digne enfant des Pays-Bas, il courut à Venise, la cité des grands coloristes. Les premiers jours se passèrent dans le ravissement : les tableaux des Bellini, des Titien, des Giorgione, des Paul Veronèse se disputaient ses regards. Il la voyait donc enfin cette seconde nature créée par le génie, ces merveilleuses productions où le pinceau luttait avec la lumière du soleil ! Il allait d'une église à l'autre, admirant tour à tour les chefsd'œuvre et ce beau ciel , dont le profond azur semblait entraîner sa vue dans l'infini. Quand il eut satisfait sa première curiosité, il loua une demeure convenable, puis dessina et copia les brillants modèles, qui venaient d'agrandir son idéal.

Pendant qu'il était absorbé par l'étude, un gentilhomme de Mantoue se logea sous le même toit. Ayant su que Rubens était d'un autre pays et cultivait la peinture, il lui témoigna le désir de voir ses ouvrages. Il en fut si enchanté, il les trouva si peu ordinaires, qu'à son retour il

en })arla avec chaleur au duc de Mantoue, car il était un des officiers de sa cour. Vincent de Gonzague forma aussitôt le projet de s'attacher le jeune Anversois. Il lui fit offrir des conditions très-avantageuses, pour quitter le bord des lagunes et venir se fixer près de lui. Non-seulement elles étaient de nature à séduire Rubens, mais une autre tentation s'y joignait. Le duc possédait un grand nombre de (ableaux inagnili([ues et les œuvres principales de Jules Romain. L'arlisie llamand accepta donc ses propositions généreuses. Il fut reçu de la manière la plus courtoise, et pendant que Gonzague l'interrogeait sur sa patrie, sa famille, ses relations et son art, il tira les lettres de recommandation que lui avaient données les archiducs. Grande fut la surprise de Vincent et sa joie égala sa surprise. D'aussi respectables témoignages, confirmant l'opinion qu'il avait de Rubens, lui inspiraient la meilleure idée de son propre jugement. Il nomma peintre officiel et gentilhomme de sa cour l'habile candidat à la gloire.

On a prétendu que les grandes œuvres de Jules Romain, comme les iVoce.s de Psychéy la Bataille de Maxence et de Comlantiriy la Chute des Titans , exercèrent une influence décisive sur Rubens, qu'il les étudia, qu'il les imita, et que dans tous ses travaux on peut reconnaître l'action plus ou moins énergique du peintre méridional. C'est là une hypothèse dénuée de preuves. Pierre-Paul était un de ces génies créateurs et de premier ordre qui doivent tout à eux-mêmes. Dès qu'ils sont sortis des langes du noviciat, leur profonde originalité se manifeste. Les seuls obstacles qu'ils aient à vaincre sont la gaucherie et l'inexpérience des débuts. Mais aussitôt qu'ils se trouvent en possession des moyens techniques.

leur imagination emploie ces instruments avec une audacieuse liberté. Comme la voix qui parle dans leur âme est plus forte que les voix du dehors, elle couvre tous les bruits de ses harmonieux accents. Le Christ mort sur les genoux de son père démontre que Rubens, avant sa vingttroisième année, était déjà tel qu'on Fa vu depuis. Dès les premiers temps de son séjour au-delà des Alpes, ses tableaux avaient une physionomie particulière et une grande beauté. D'où serait venu, sans ce motif, le soudain enthousiasme du gentilhomme mantouan? Des chefs-d'œuvre s'offraient partout à sa vue ; partout rayonnaient les toiles des Bellini, des Titien, des Paul Véronèse et des ïintoret ; les églises, les monuments civils, les hôtels de la noblesse en étaient remplis, et c'est au milieu de ces merveilles que le jeune amateur conçoit une vive admiration pour le peintre flamand ! Certes, il fallait que Rubens fût dès lors un artiste prodigieux pour causer une semblable émotion, que partagea bientôt le duc de Mantoue.

L'Anversois n'eut donc à Jules Romain et à ses confrères d'Italie que des obligations très-vagues; leurs travaux l'influencèrent comme l'auraient fait ses propres méditations sur la nature et les ressources de l'art. Observait-il un effet remarquable? il cherchait par quels moyens on l'avait obtenu, puis, une fois maître du principe, il l'appliquait à sa manière. Il en tirait des conséquences analogues, mais portant l'empreinte de son talent spécial : parti de la même idée, il aboutissait à d'autres résultats.

Pour ce qui concerne Jules Romain, l'élève le plus impétueux de Raphaël, Rubens ne lui emprunta ni les violences de son style, ni les formes athlétiques de sa

peinture. La verve de F Italien est du calme auprès des emportements que Ton admire dans les tableaux de son rival. Ses fresques ont plus d'étendue que de fougue, elles envahissent tranquillement un large espace. On n'y trouve point, comme chez l'artiste septentrional, la grandeur de la manière associée à la grandeur géométrique. Elles semblent comparativement timides et froides. Ce ne sont pas les gigantesques mêlées de Rubens, où les proportions étonnent encore plus que les dimensions. Le peintre flamand se développa donc tout seul et ne tira que de son génie le peuple héroïque assemblé sur ses toiles .

Un fait important le prouve : c'est que parmi les nombreux amateurs qui se rendent chaque année en Italie, pas un seul ne distingue les œuvres faites par Rubens, pendant son premier séjour dans la péninsule, des œuvres qu'il fît plus tard, soit sur les lieux mêmes, soit à Anvers, d'où elles furent transportées au-delà des Alpes. Si elles n'offraient une grande, une complète similitude, les voyageurs pourraient-ils ne pas se préoccuper de leurs différences et ne point en chercher les causes? Mais il y règne une manière identique ; le vigoureux talent du peintre déjoua toutes les influences ; elles glissaient sur cette nature imperméable, comme l'eau du ciel sur une statue de bronze ^ .

1 Pour faciliter le travail des personnes qui voudraient examiner cette question intéressante, nous allons énumérer les œuvres que Rubens mit au jour en Italie de 23 à 31 ans. Elles sont encore presque toutes dans les mêmes édifices.

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