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VIII. LA GALERIE MÉDICIS

La brouille survenue en 1614 entre Louis XIll et sa mère, Marie de Médicis, ayant pris fin en 1620, et la reine mère étant rentrée dans son palais du Luxembourg, elle décida d'orner la grande galerie de sa demeure d'une série de tableaux évoquant les phases de sa vie agitée. Elle confia son projet au baron de Vicq, ambassadeur des Pays-Ras, qui la détermina à s'adresser à Rubens.

Celui-ci vint à Paris en 1622. L'accord se fit. Le peintre obtint d'exécuter les tableaux chez lui, à Anvers, oîi il rentra le 4 mars. Il composa les esquisses et, dès le mois

(le septembre, vint les soumettre h la veuve de Henri IV, qui les accepta, à l'exception d'une seule qui rappelait son emprisonnement à Blois. La somme de 20000 écus fut offerte à Rubens et acceptée par lui.

Grâce à la méthode expéditive et régulière employée h l'atelier de Rubens, dix-neuf sujets étaient achevés lorsque le peintre fut invité à se trouver à Paris au commencement de février 1625. Il emporta les toiles, qui furent beaucoup admirées, et consentit à exécuter les autres sur place, avec l'aide de son élève Van Egmont.

Marie de Médicis allait souvent visiter le peintre, s'asseyait auprès de lui, l'interrogeait sur différents sujets, prenait plaisir à sa conversation. Elle le fit venir h ses réceptions, lui demanda son avis sur la beauté des dames de la cour. Rubens donna le prix à la duchesse de Guéménée-Rohan, et, dit-on, la reine de cinquante-sept ans ne sut pas trop bon gré au Flamand de sa franchise admirative.

L'inauguration de la nouvelle galerie eut lieu le 8 mai 1625, à l'occasion des fiançailles d'Henriette de France, sœur de Louis XIII, avec le prince de Galles. « Peintures admirablement réussies », telle fut la formule prononcée par Marie de Médicis et répétée par la foule des courtisans.

Malgré cette opinion favorable, Tartiste n'a pas encore reçu, le 13 mai, le moindre acompte sur le prix de son travail. Il sait que les dépenses occasionnées par le mariage d'Henriette peuvent justifier ce retard, mais il

connaît la négligence des grands, ne cache pas son mécontentement, en fait part au conseiller Peiresc, et termine : « Je suis fatigué de cette cour, et si l'on ne met pas à me satisfaire la même promptitude que j'ai montrée pour le service de la reine, il pourrait arriver que je n'y revinsse pas facilement... »

Rubens ne montra donc pas grand empressement à disputer à un confrère italien la décoration d'une seconde galerie que voulait édifier Marie de Médicis. La commande lui échut néanmoins, mais elle resta dans ses cartons à l'état d'esquisses, qui furent trouvées à sa mort.

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