LE DOCTEUR VAN THULDEN
Rubens. Théodore van Thulden, né à Bois-le-duc, avait étudié le droit à Louvain sous Erycius Puteanus, avait été promu au doctorat en 1615, et était revenu dans sa ville natale. Peu après, il devint professeur de droit à Louvain, et publia en 1620 son premier livre, intitulé Disserta tiones Socraticœ et traitant de morale et de politique. De cette année jusqu’en 1633, il publia encore de nombreux ouvrages de droit. En 1645, il fut appelé à Malines en qualité de membre du Conseil suprême ; mais il n’exerça ces fonctions que pendant quatre mois, et mourut le 19 novembre de la même année. Rubens le peignit comme Peckius, la main droite reposant sur le bras de son fauteuil et tenant un livre de la main gauche. Il a les cheveux bruns, les
moustaches et la royale blondes, les joues resplendissantes de santé, le nez un peu rouge ; l’expression révèle un esprit serein, et un caractère ferme. Il porte une robe noire à reflets grisâtres, un col d’une blancheur éclatante, et s’enveloppe dans les plis de son manteau professoral à collet droit. La solidité avec laquelle est assis et posé le modèle, le naturel de son attitude, la largeur et le moelleux de la peinture, sont admirables ; la chair est transparente de fraîcheur et de santé ; des ombres d’un gris froid sont étendues sur le visage ; les creux de l’œil et des narines sont rehaussés de rouge afin d’accentuer l’impression de vitalité juvénile et puissante ; il est tout imprégné d’une lumière qui paraît jaillir du dedans plutôt qu’être réflétée par les traits extérieurs.
Ce tableau doit avoir été peint vers 1620, au début de la résidence de van Thulden à Louvain. Il diffère notablement de celui que peignit van Dijck et qu’il fit graver dans son Iconographie. Dans ce dernier, van Thulden nous apparaît avec des traits tirés, des yeux dilatés, un regard fixe, la chevelure inculte, un nez large et plat. Sur plus d’un point, le visage de cet homme inquiet au regard fiévreux, est l’antithèse du visage calme et resplendissant de santé, qu’éclairent des yeux au regard ferme et serein, du van Thulden de Munich. Nous savons que van Dijck mettait de la fantaisie dans ses portraits et probablement il peignit le docteur quelques aimées plus tard ; mais le doute est permis sur l’identité du modèle.
Mentionnons à ce propos que l’ancienne église Saint-Georges, à Anvers possédait un portrait peint par Rubens et représentant Henri van Thulden, curé de la dite église, né à Bois-le-duc et mort à Anvers en 1617, à l’âge de 37 ans (Œuvre. N° 1072). D’après Mois, c’était le frère du peintre Théodore van Thulden. Ce portrait décorait le tombeau du curé et disparut à l’époque de la révolution française sans laisser de traces.
Parmi les portraits exécutés à cette époque, il faut compter encore celui du célèbre médecin
La femme aux cheveux bouclés i Musée, Dresde).