LE DOCTEUR VAN THULDEN
Comme l’ouvrage de Rubens devait être gravé, à titre d’hommage au général, il donna plus d’importance à la composition de l’encadrement qu'à l’exécution du portrait. Cet encadrement allégorique est d’une grande richesse, et nous offre un spécimen remarquable de ce que Rubens pouvait faire en ce genre. Le comte, tête nue, couvert de son armure, la main appuyée sur le bâton de commandement est entouré d’une guirlande de feuilles de chêne et de laurier. Autour de cette guirlande, on voit à droite Hercule appuyé sur sa massue, écrasant l’Envie et foulant aux pieds la Discorde. Au-dessus, s’élève la Concorde et^Bellone, qui offrent un globe terrestre et une palme à l’aigle impériale. La Sécurité, debout à côté du portrait, porte un trophée d’armes ; l’aigle qui surmonte le portrait, les ailes déployées, est couronnée par l’Église et la Religion. Au bas, on voit des figures enchaînées de villes et de fleuves. L’inscription, qui mentionne le nom et les titres du défunt, se trouve sur une plaque soutenue par des lions accroupis qui portent un feston de fruits dans la gueule et ont entre eux des torches enflammées et renversées. Nous pourrions citer encore d’autres détails, sans être certain d’avoir saisi toutes les allégories mises par Rubens dans ces accessoires innombrables. 11 est vraiment admirable dans ces jeux d’esprit, ou il déploie une invention inépuisable et une prodigieuse entente de la composition, pour arriver à en former un ensemble décoratif et harmonieux.
Comme pendant à ce portrait et à son riche encadrement, on peut citer celui d’OIivarez, qui est beaucoup plus sobre et celui de l’archiduchesse Isabelle, encore moins orné. Ces grandes planches, de même que les gravures en taille-douce plus simplement encadrées, représentant Philippe II et Elisabeth de Bourbon, n’étaient pas destinées seulement aux collectionneurs d’estampes, mais aussi à être encadrées et à décorer les appartements de la bourgeoisie.
Le Docteur van Thulden. Le portrait de Théodore vau Thulden, à la Pinacothèque, occupe le premier rang parmi les portraits de cette époque et même parmi tous les portraits de
Docteur Théodore van Thulden (Pinacothèque, Munich).