‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 109 sur 553 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

croire qu’il mena joyeuse vie. Il avait, en effet, retrouvé dans cette ville bien des compagnons de plaisir, et, sans parler du jeu, sa passion dominante, ses journées s’écoulaient en concerts, comédies, danses et autres

divertissements. Ce n’était pas là une existence qui pût convenir à Rubens. Vivement inquiet de la santé de sa mère, il n’avait qu’à regret renoncé à ce voyage de Flandre qui lui aurait permis de la revoir. Du moins, au milieu du tourbillon de fêtes et de distractions variées qui se succédaient pour son maître, l’artiste jouissait-il de quelque liberté pour se livrer à son travail. Les relations nouées par lui a^■ec plusieurs familles de l’aristocratie génoise lui avaient valu quelques

PORTRAIT n’UN HOMME METTANT SES GANTS.

(Galerie de Dresde.) commaudes, entre autres

celle du grand tableau

de la Circoncision qu’il peignit pour le marquis Nicolas Pallavicini et qui décore le maître-autel de l’église Saint-Ambroise, à laquelle celui-ci voulait l’offrir. C’est une composition en hauteur, un peu incohérente et déparée par les fautes de proportions et les duretés de coloris qu’on retrouve dans la plupart des œuvres de cette époque. Certaines figures, comme celles du grand-prêtre et de la femme debout à côté de lui, et plusieurs des anges qui volent dans le ciel, paraissent des réminiscences du Corrège. Les traits de la Vierge sont aussi assez vulgaires et sa pose maniérée, ainsi que l’affectation avec laquelle elle détourne la tête pour ne pas voir souffrir l’Enfant, ne sont guère

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