CHAPITRE VIL
qui, durant le cours de sa vie terrestre, avaient porté le Christ. C’est ainsi que, sans trop se préoccuper d’établir un lien plus ou moins direct entre ses différentes compositions, il y introduisit la Vierge, pendant sa grossesse, visitant sainte Élisabeth ; le vieillard Siméon recevant l’Enfant
Jésus dans ses bras ; saint Christophe luimême le portant sur ses épaules, et enfin, comme épisode central, le Christ mort descendu de la croix et soutenu par des mains pieuses. Le projet ayant été agréé avec ces modifications, un accord avait été conclu, le 7 septembre 161 1 , en présence de Rockox, des commissaires de la corporation des Arquebusiers et de Rubens lui-même à qui une somme totale de 2 800 florins fut allouée pour son œuvre.
Les comptes de la Gilde permettent de sui- \ re les phases diverses de l’exécution du triptyque de Notre-Dame et nous \ alent en même temps de curieuses indications sur les mœurs naïves de cette époque. En gens avisés, un peu méfiants, les doyens vinrent par trois fois visiter le peintre dans son atelier, afin non seulement de constater les progrès de son travail, mais pour vérifier la qualité des panneaux employés, voir si le bois était bien « sain et exempt d’aubier». A chaque fois, selon l’usage, on but un verre de vin et une gratification fut accordée aux serxiteurs. Le 12 septembre 1612, le grand pan neau delà Descen te de Croix ayant été descendu de l’atelier, fut exposé au-dessus de l’autel, dans le transept de droite de la Cathédrale, non loin de la place qu’il occupe aujourd’hui, et en 1614 on apporta successivement les deux volets, l’un le