‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 187 sur 553 · CHAPITRE VI] I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI] I

gelels. Avec quelle vivacité, avec quelle ardeur, tout ce petit monde s’empresse autour de la Madone pour lui porter des palmes ou des couronnes, pour arri\ er à saisir un pan de sa robe, pour obtenir un de ses regards ! Avec quel art accompli la lumière se joue parmi ces groupes, établit entre eux des contrastes, met chacun d’eux à son plan et fait valoir par des demi-teintes tranquilles, des éclats discrètement répartis ! Avec quel art, supérieur encore, le grand coloriste a su diversifier à l’infini les nuances prochaines des carnations, les rendre plus savoureuses par les gris ou les bleus du ciel et donner toute sa poétique signification à cette aimable \olée d’étres innocents qui tourbillonnent en plein azur !

Si, dans les tableaux de cette époque, nous avons dû plus d’une fois rele\ er des duretés, des raideurs, des exagérations, ici c’est la maturité, c’est l’entière originalité d’un talent très personnel qu’il nous faut admirer, maturité tardive, car, en dépit de sa vocation précoce, Rubens, quand il V arrive, touche à la quarantaine. Grâce à l’expérience acquise par un travail incessant, la timidité ou la rudesse des œuvres primitives -s ont faire place à cette aisance suprême et à cette puissante simplicité qui, de plus en plus, caractériseront son génie. Mais quelles que soient déjà sa' maîtrise et sa fécondité, il ne cessera pas de progresser, parce qu’il conservera jusqu’au bout le meme amour et la même ardeur pour son art.

1) L V N 1. M A N I S S ' 1. -M lî K A S S A N T . (Musée de Weimar.)

CIlfhé Neupdein freoeo

l'LiNM'ANT JÉSUS K T SAINT JUAN.

(Musée de Vienne.)

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