‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 196 sur 553 · A C H A T DES COLLECTIONS DE SIR DEDLEV · texte numérisé non relu

A C H A T DES COLLECTIONS DE SIR DEDLEV

ques-uns des tableaux qui lui sont proposés, « les croyant raisonnables pour des compositions qui ne sont ni des copies, ni des travaux d’élèves, mais bien l’ouvrage du maître ». Cependant les dimensions du Christ en croix lui paraissant trop grandes pour les appartements où il devait être placé, il y renonce et préfère prendre le Saint Sébastien. Ne voulant pas être en reste avec Rubens, il lui vante aussi, de son côté, ses collections, « ses marbres et autres objets précieux étant les choses les plus rares et les plus précieuses en ce genre qu’aucun prince ou amateur possède de ce côté des monts. Mais, exposé, comme tous les diplomates, à de continuels déplacements, il trouve incommode d’avoir à transporter des objets d’un si grand poids... ; de plus, pour tout dire, les goûts sont sujets à changer et aux sculptures qu’il aimait surtout autrefois, il préfère maintenant les peintures et en particulier celles de maître Rubens ». Le mieux serait que ce dernier vînt lui-même voir la collection à La Haye, où l’ambassadeur serait heureux de lui offrir l’hospitalité, « afin de ne pas acheter, comme on dit. Chat en poche ». Si cependant l’artiste ne peut faire ce petit voyage, afin d’abréger les débats et comme sir Dudley désire surtout avoir les tableaux qui sont entièrement de la main de Rubens, — c’est-à-dire le Prométhée, Daniel, la Léda, le Crucifix, les Léopards, le Saint Pierre et le Saint Sébastien, — ces tableaux n’atteignant qu’une somme de 3 5oo fl., il a proposé à de Grebber, en laissant de côté le Christ en croix, de prendre en échange de sa collection une moitié en tableaux et l’autre moitié en tapisseries de Bruxelles, et il écrit à un négociant anglais fixé à Anvers pour être renseigné au sujet des tapisseries qu’on pourrait trouver à acheter dans des dimensions qui lui conviendraient.

Ce n’était point là l’affaire de Rubens, et dès le 12 mai il répond que sir Dudley s’est, sans doute, mépris sur la valeur des tableaux qu’il a tort de considérer comme de simples copies ; en réalité, ils ont été si bien retouchés qu’on les prendrait pour de véritables originaux, et cependant ils ont été estimés à un prix beaucoup moins élevé. « La raison pour laquelle je préférerais faire l’échange complètement en tableaux est assez claire, dit Rubens, bien que je les aie taxés au plus juste prix; cependant ils ne me coûtent rien, et comme chacun est plus porté à faire des libéralités avec les fruits de son propre jardin qu’avec ceux qui s’achètent au marché, ayant dépensé cette année quelques milliers de

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