CHAPITRE XI
leur simplicité apparente, elles renferment de talent. Dans l’art, comme dans la littérature, les grands esprits seuls sont capables de parler ainsi à tous. Au lieu des fadeurs et des banalités puériles qui d’ordinaire sont proposées aux masses et qui ne tendent pas plus à élever le niveau de leur goût que celui de leur intelligence, de pareils ouvrages, tout en satisfaisant les plus difficiles, auraient pour effet d’amener une éducation progressive du public pris dans son ensemble. A force de clarté, ces simplifications voulues par un homme de génie frappent vivement les moins cultivés et mettent à leur portée des œuvres accomplies. On est heureux, même dans ces voies, de retrouver Rubens conséquent avec lui-même; de voir ce grand esprit mettre sa marque à ces petites choses où d’autres croiraient déroger et comprendre nettement le parti qu’on peut tirer des mo}-ens d’expression les plus humbles. Loin de les dédaigner, il s’en empare, il les transforme et manifeste les merveilleuses ressources qu’elles offrent à son génie. Sévère pour lui-même, il a le droit d’être exigeant pour les autres, et grâce à l’exemple qu’il leur donne d’un labeur infatigable et d’un effort constant vers la perfection, il impose sa volonté à ses interprètes. En les élevant jusqu’à lui, en même temps qu’il assure les progrès de leur talent, il étend au loin et à travers le§ âges la propagation de ses œuvres et la gloire de son nom.
Tl£Tli DE VIEILLARD.
(Fac-similé d’un Dessin de la Collection du Louvre.)
LE SALON DE RUBENS
(Tableau du Musée de SlocUholm.)