‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 293 sur 553 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

traçant à chacun la tâche la mieux appropriée à ses aptitudes spéciales. Justus van Egmont, Wildens, Snyders, peut-être aussi Lucas van Uden et Théodore van Thulden ont participé à l’exécution des peintures de VHistoire de Constantin, dont Rubens ne fit que les esquisses. Il y avait donc du travail assuré pour tous, et, comme une ruche, l’atelier allait fonctionner en pleine activité.

Le maître se réservait non seulement de donner un peu partout les retouches qui lui sembleraient utiles, mais de peindre les morceaux les plus en vue, ou ceux qui l’intéresseraient davantage et surtout les figures des personnages royaux. Quand les renseignements dont il s’est muni à Paris ne lui suffisent pas, il réclame à ses correspondants des informations nouvelles. C’est ainsi qu’il demande à l’abbé de Saint-Ambroise s’il peut lui procurer « une ronde-bosse de la reine, » et celui-ci lui indique comme pouvant lui servir « une petite tête en bronze faite par Barthélemy Prieur qui était bon sculpteur» (i). Une autre fois, le peintre, pris de scrupules au sujet des attributs mythologiques qu’il veut grouper autour de Marie de Médicis, s’enquiert auprès de l’abbé si elle est née de jour ou de nuit « pour savoir le signe qui dominait à sa naissance ». Avec son obligeance habituelle, Peiresc sert souvent d’intermédiaire pour ces demandes. C’est lui qu’à la date du C'’ août 1622, l’abbé charge d’avertir Rubens que la reine accepte le projet d’ensemble qui lui a été soumis, sauf la suppression de deux des compositions projetées : Comme la Reine va pour éprouver la résolution des Dieux pour le Mariage, et Comme le Roi reçoit S071 épouse en présence de la reine mère. Le i5 septembre suivant, l’abbé, ayant appris que sept ou huit des tableaux sont assez avancés, presse Rubens pour qu’il vienne les mettre en place et qu’il apporte avec lui ses esquisses. Peiresc, à ce propos, soupçonnait fort Maugis de chercher par ces instances à s’approprier ces esquisses. L’événement lui a donné raison, car, sans doute pour reconnaître le prix de son intervention, Rubens les avait laissées entre ses mains, et c’est de sa collection qu’elles ont pour la plupart passé dans celle de l’Électeur de Bavière et de là à la Pinacothèque de Munich.

Avec une franchise amicale, Peiresc, ainsi qu’il s’y était engagé, com-

(i) En réalité, pour la reine, d’après laquelle, il avait d’ailleurs fait deux dessins, comme pour Henri IV, Rubens s’est conformé aux types que lui fournissaient les médailles de Guillaume Dupré.

muniquait à Rubens ses observations sur les compositions projetées. Dans une lettre datée du 25 septembre, il lui rappelle qu’il assistait à Florence (le 5 octobre i6oo) au mariage par procuration de Marie de Médicis avec

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