CHAPITRE XIII
paraître pour ce peintre, au désavantage même de plusieurs autres des plus excellents, le rend désormais suspect sur les choses qui regardent la peinture ». Si sincères que fussent les deux écrivains, ils mettaient, ainsi que d’ordinaire, quelque vivacité à défendre leurs opinions. Mais il faut bien reconnaître de la part de tous deux un si juste discernement des qualités et des défauts de Rubens qu’on ne s’attendrait guère à le rencontrer en France dès cette époque.
Rappelons, du reste, qu’en ce qui touche le goût immodéré que Rubens, ainsi que la plupart de ses contemporains, professait pour l’allégorie, les conditions qui lui étaient imposées ont singulièrement contribué à l’abus qu’il en a fait dans la galerie de Médicis. Abandonné à lui-même et libre de traiter à sa guise un sujet moins ingrat, il n’y eût pas si largement recouru. Son désir extrême de peindre la galerie d’Henri IV, dont la matière lui semblait « généreuse et abondante », montre assez sur quels dédommagements il comptait en s’inspirant d’une vie bien autrement riche en événements. Malheureusement, nous le verrons, le projet primitivement arrêté ne devait pas aboutir, et, après avoir éprouvé bien des retards et subi bien des ennuis, Rubens était forcé d’y renoncer.